‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 398 sur 672 · RACINE A BOILEAU · texte numérisé non relu

RACINE A BOILEAU

Compiègne , 4 mai 1695.

Monsieur Desgranges « m'a dit qu'il avait fait signer hier nos ordonnances, et qu'on les ferait viser par le roi après-demain; qu'ensuite il les enverrait à M. Dongois, de qui vous les pourrez retirer. Je vous prie de me garder la mienne jusqu'à mon retour. Il n'y a point ici de nouvelles. Quelques gens veulent que le siège de Casai soit levé ; mais la chose est fort douteuse, et on n'en sait rien de certain \

Six armateurs de Saint-Malo ont pris dix-sept vaisseaux d'une flotte marchande des ennemis, et un vaisseau de guerre de soixante pièces de canon. Le roi est en parfaite santé , et ses troupes merveilleuses 3.

Quelque horreur que vous ayez pour les méchants vers, je vous exhorte à lire Judith, et surtout la préface, dont je vous prie de me mander votre sentiment. Jamais je n'ai rien vu de si méprisé que tout cela l'est en ce pays-ci ; et toutes vos prédictions sont accomplies •*. Adieu, monsieur; je suis

1 Premier commis au ministère des finances, et maitre des cérémonies.

J Casai fut rendu le II Juillet au duc de Savoie , par M. de Crenan.

3 Duguay-Trouin faisait alors respecter le pavillon français.

4 Boileau disait à son ami Heissein , partisan de la tragédie de Judith : « Je l'attends sur le papier. » En effet, dès que Boyer l'eut fait imprimer, elle perdit toute la réputaUon qu'elle devait ou jeu de la célèbre Champmeslé.

entièrement à vous. Je crains de m'étre trompé en vous disant qu'on enverrait nos ordonnances à M. Dongois, et je crois que c'est à M. de Bie, chez qui M. Desgranges m'a dit que M. Dongois n'aurait qu'a envoyer samedi prochain.

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