‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 426 sur 672 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Paris, 29 juillet 1700.

Vous permettrez, monsieur, qu'à mon ordinaire j'abuse de votre bonté , et que je me contente de répondre en Lacédémonien à vos longues, mais pourtant très-courtes ettrès-agréables lettres. Je suis bien aise que vous m'ayez associé à votre charitable et pécunieuse loterie; mais vous me ferez plaisir d'envoyer quérir au plus tôt les cinq pistoles que vous y avez mises en mon nom , parce qu'au moment que je les aurai payées, j'oublierai même que je les ai eues dans ma bourse , et je dirai avec Catulle : Et quod vides periisse, perditum ducas 3 ;

1 Catulle, Carm. xrv, v. 12.

2 Tout ce qui suit, jusqu'à ia tin de l'alinéa, manque dans les éditions de Despréaux. Nous Pavons extrait des Recréations littéraires , par M. C. R. ( Cizeron-Rival ) , 1765, p. 189.

5 Catulle , Carm. vm , v. a.

si l'on peut appeler perdu ce que l'on donne à Dieu. Je suis charmé du récit que vous me faites de votre assemblée académique, et j'attends avec grande impatience le poëme sur la Musique « , qui ne saurait être que merveilleux , s'il est de la force des deux que j'ai déjà lus a. Faites bien mes compliments à tous vos illustres confrères , et dites-leur que c'est à des lecteurs comme eux que j'offre mes écrits,

Doliturus, si place;mt spe

Deterius nostra 3

On travaille actuellement à une nouvelle édition de mes ouvrages; je ne manquerai pas de vous l'envoyer sitôt qu'elle sera faite. Adieu ,mon cher monsieur; pardonnez mon laconisme à la multitude d'affaires dont je suis chargé, et croyez que c'est du meilleur de mon cœur que je suis....

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