‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 429 sur 672 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Paris, 18 janvier 1701.

Un nombre infini de chagrins , des restes de maladies, beaucoup d'affaires, et ma nouvelle édition, sont cause quej'ai tardé si longtemps à faire réponse à votre dernière lettre. Je vous assure pourtant , monsieur, que ce n'est pas faute de l'avoir lue avec beaucoup de plaisir. J'admire la solidité que vous jetez dans vos conférences académiques, et je vois bien qu'il s'y agit d'autre chose que de savoir s'il faut dire : Il a extrêmement d'esprit, ou il a extrêmement de l'esprit. Il n'y a rien de plus joli que votre remarque sur le dieuCneph, et je ne saurais assez vous remercier de cette autorité que vous me donnez pour la métamorphose de la plume du roi en astre.

Je me doute bien que votre loterie est tirée à l'heure qu'il est , et je ne doute point qu'elle n'ait été pour moi la même que toutes celles où j'ai mis jusqu'à cetteheure , c'est-à-dire très-dénuée de bons billets, dont je ne me souviens point d'avoir jamais vu aucun. Ainsi , vous pouvez bien juger que je n'aurai pas grand'peine à me consoler d'une chose dont je me suis déjà consolé tant de fois. Prenez donc la peine de m'envoyer quérir les quatre pistoles perdues , et que je regarde pourtant comme mises à profit, puisqu'elles m'ont procuré l'honneur de recevoir de vos nouvelles. Je suis avec toute la reconnaissance que je dois , etc.

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