‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 435 sur 672 · A BROSSETTE · texte numérisé non relu

A BROSSETTE

Paris, 13 septembre 1701.

J'ai remis, monsieur, entre les mains de M. Robustel3 les trois pistoles dont il est question entre nous, et il m'en a donné une quittance par laquelle il se charge de les faire tenir au sieur Boudet, libraire à Lyon. Il me reste un scrupule , c'est que je ne sais point si les trois pistoles que vous avez mises pour moi ne sont point trois pistoles d'or. Faitesmoi la faveur de me le mander, parce que, si cela est, j'aurai soin de vous envoyer le supplément 4. Je voudrais bien pouvoir vous envoyer aussi les vers

1 Premier gentilhomme de la chambre du roi , et ambassadeur extraordinaire en Angleterre.

* Boileau commençait à entendre difficilement. 3 Ami de Brossettel

* C'est-à-dire sept livres dix sous , la pistole d'or valant autant que le vieux louis, porté depuis quelques années à douze livres dix sous, au lieu de dix livres tournois.

français que M. le comte d'Ériceyra a faits à ma louange; mais je les ai égarés dans la multitude infinie de mes paperasses, et il faudra que le hasard me les fasse retrouver.

Je dois bien savoir que M. de Vittemant1 porte mon livre au roi d'Espagne, puisque c'est moi qui le lui ai fait remettre entre les mains, pour le présenter à Sa Majesté Catholique de ma part. On m'a dit que madame la duchesse de Bourgogne le lui a envoyé aussi en grand, et magnifiquement relié. Vous ne me parlez plus de votre académie de Lyon. On en a fait ici une nouvelle des inscriptions, dont on veut que je sois , et que je touche pension , quoique cela ne soit point véritable. Mais c'est un mystère qui serait bien long à vous expliquer, et qui ne peut pas être compris dans une petite lettre d'affaire, laquelle commençant par une quittance, devrait finir par : autre chose n'ai à vous mander, sinon que je suis, etc.

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