‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 438 sur 672 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Paris, 29 décembre I70L

Voici la première lettre où je ne vous ferai point d'excuses, monsieur, puisque je réponds a celle que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire deux jours après que je l'ai reçue. Je ne vois pas sur quoi votre

savant peut fonder l'explication forcée qu'il donne au vers d'Homère, puisque Phérécyde vivait près de deux cents ans après Homère, et qu'il n'y a pas d'apparence qu'Homère ait parlé d'un cadran qui n'était pas de son temps. Je n'ai jamais rien lu de Bochart; et s'il est vrai qu'il soutienne une explication si extravagante, cela ne me donne pas une grande envie de le lire. Je ne fais pas grande estime de tous ces savantasses qui croient se distinguer des autres interprètes en donnant un sens nouveau et recherché aux endroits les plus clairs et les plus faciles; et c'est d'eux qu'on peut dire :

Faciunt n;e inlelligendo ut nihil intelligant '.

Pour ce qui est des chiens qui ont vécu plus de vingt-deux ans , je vous en citerai un garant dont je doute que M. Perrault lui-même ose contester le témoignage : c'est Louis le Grand , roi de France et de Navarre, qui en a eu un qui a vécu jusqu'à vingttrois ans. Tout ce que M. Perrault peut dire, c'est que ce prince est accoutumé aux miracles et à des événements qui n'arrivent qu'à lui seul , et qu'ainsi ce qui lui est arrivé ne peut pas être tiré à conséquence pour les autres hommes ; mais je n'aurai pas de peine à lui prouver que, dans notre famille même, j'ai eu un oncle, qui n'était pas un homme fort miraculeux , lequel a nourri vingt-quatre années une espèce de bichon qu'il avait.

Je ne vous parle point de ce que c'est que la place que j'occupe dans l'Académie des inscriptions. Il y a tant de choses à dire là-dessus , que j'aime mieux sur cela silere, qiiam pauca dicere. J'ai été fort fâché de la mort de M. Chanut. Je vous prie de bien faire ma cour à M. Bronod2, que, sur votre récit, je brûle déjà de connaître. Je suis....

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