SUR UN DÉPART
Le dernier de mes jours est dessus l'horizon : Celle dont mes ennuis avaient leur guérison S'en va porter ailleurs ses appas et ses charmes. Je fais ce que je puis , l'en pensant divertir ; Mais tout m'est inutile , et sembleque mes larmes Excitent sa rigueur à la faire partir.
Beaux yeux à qui le ciel et mon consentement , Pour me combler de gloire , ont donné justement Dessus mes volontés un empire suprême, Que ce coup m'est sensible! et que tout à loisir Je vais bien éprouver qu'un déplaisir extrême Kst toujours à la fin d'un extrême plaisir !
Quel tragique succès ne dois-je redouter
Du funeste voyage où vous m'allez ôter
Pour un terme si long tant d'aimables délices ,
Puisque, votre présence étant mon élément,
Je pense être aux enfers et souffrir leurs supplices.
Lorsque je m'en sépare une heure seulement!
Au moins si je voyais cette fière beauté, Préparant son départ , cacher sa cruauté Dessous quelque tristesse ou feinte ou véritable , L'espoir qui volontiers accompagne l'amour Soulageant ma langueur, la rendrait supportable , Et me consolerait jusques à son retour.
Mais quel aveuglement me le fait désirer?
A\ee quelle raison me puis-je figurer
Que cette àme de roche une grâce m'octroie,
' Malherbe se reprochait de n'avoir pas arrêté le Bens au quatrième vers de ceUestance, comme aux précédentes. (Rà< w
1 M. de Racao croit que ces stances on été faites par Malherbe pour la vicomtesse d'Auchy; mais madame la marquise de Rambouillet m'a assuré qu'il les avait fait - pour madame la comtesse de la Roche, a qui Théophile a adressé une de
ses Ici In s Mis