LIVRE U, STANCES. 5â
1 Et qu'ayant fait dessein de ruiner ma foi , Son humeur se dispose à vouloir que je croie Qu'elle a compassion de s'éloigner de moi ?
Puis , étant son mérite infini comme il est , Dois-je pas me résoudre à tout ce qui lui plaît , Quelques lois qu'elle fasse, et quoi qu'il m'en avienne, Sans faire cette injure à mon affection , D'appeler sa douleur au secours de la mienne, Et chercher mon repos en son affliction ''
Non , non : qu'elle s'en aille à son contentement . Ou dure , ou pitoyable , il n'importe comment ; Je n'ai point d'autre vœu que ce qu'elle souhaite : Et quand de mes souhaits je n'aurais jamais rien , Le sort en est jeté, l'entreprise en est faite. Je ne saurais brûler d'autre feu que le sien.
Je ne ressemble point à ces faibles esprits Qui , bientôt délivrés comme ils sont bientôt pris , En leur fidélité n'ont rien que du langage : Toute sorte d'objets les touche également ; Quant à moi, je dispute avant que je m'engage ; Mais quand je l'ai promis , j'aime éternellement.