‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 442 sur 672 · A VERSAILLES · texte numérisé non relu

A VERSAILLES

Paris, 13 mars 1703.

Je vous renvoie , mon très-cher neveu, votre papier avec les changements bons ou mauvais que j'y i ai faits. Vous n'avez qu'à vous en servir comme vous jugerez à propos. Il me semble surtout qu'il faut prendre garde à l'article de Vigo , qui est déli- ! cat à traiter. J'y ai mis ce qui m'est venu sur-lechamp. Le neveu de M. de Château-Renaud, qui m'a apporté votre lettre, me paraît un très-galant homme, et je vous prie de lui témoigner combien je suis plein de lui. C'est lui qui a mis à la marge les petits anachronismes de l'histoire de M. son oncle. Je ne sais si ce que j'ai changé les rectilie assez bien, parce que je ne suis pas fort dressé au style des lettres ou des ordonnances royales , ou plutôt royaux; car tel est le plaisir de ces lettres et de ces ordonnances, de vouloir être viasculinst dérogeant en cela à toutes les règles de la grammaire. Que si, en travaillant sur un sujet si peu de mon genre, je vous ai fait un petit plaisir, je vous supplie en récompense de m'en faire un fort grand ; c'est de vouloir bien témoigner de ma part à monseigneur de Pontchartrain la part que je prends aux

LETTRES DE JBOILEAIL

intérêts du fils de M. Cartlgny , nouvel acquéreur d'une charge de commissaire de la marine. Je le prie de se ressouvenir que c'est le père de ce commissaire qui m'a donné le premier la connaissance de monseigneur de Pontchartrain ; et que c'est lui qui a accompagné à Auteuil cet illustre ministre d'État, la première t'ois qu'il me fit l'honneur de m'y venir voir, et que je lui donnai ce fameux repas qui me coûta huit livres dix sous. Je vous conjure, mon très-cher neveu, de lui vouloir bien représenter tout cela , et que la sollicitation que je lui fais n'est point de ces sollicitations mendiées auxquelles il suffit de répondre Je verrai. Du reste, soyez bien persuadé que c'est du fond du cœur que je suis, etc.

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