A BROSSETTE
Parts, 28 mal noa.
J'arrive à Paris , d'Auteuil où je suis maintenant habitué,' et où j'ai laissé votre dernière lettre que j'y ai reçue. Ainsi je vous écris , monsieur, sans l'avoir devant les yeux. Je me souviens bien pourtant que vous y attaquez fortement ce que je dis, dans mon Lutrin, de la guêpe qui meurt du coup dont elle pique son ennemi. Vous prétendez que je lui donne ce qui n'appartient qu'aux abeilles, qui vitam in vulnere ponunt; mais je ne vois pas pourquoi vous voulez qu'il n'en soit pas de même de la guêpe , qui est une espèce d'abeille bâtarde, que de la véritable abeille, puisque personne sur cela n'a jamais dit le contraire, et que jamais on n'a fait à mon vers l'objectionxpue vous lui faites. Je ne vous cacherai point pourtant que je ne crois cette prétendue mort vraie ni de l'abeille ni de la guêpe, et que tout cela n'est , à mon avis , qu'un discours populaire dont il n'y a aucune certitude : mais il ne faut pas d'autre aut rite à un poète pour embellir son expression. Il eu faut croire le bruit public sur les abeilles et sur les guêpes , comme sur le chant mélodieux des cygnes en mourant, et sur l'unité etlarenaissancedu phénix.
Je ne vous écris que ce mot, parce que je suis pressé de sortir pour une affaire de conséquence, et que d'ailleurs je suis dans une extrême affliction de la mort de M. Félix, premier chirurgien du roi, qui était, comme vous savez, un de mes meilleurs et de mes plus anciens amis. Je vous prie de bien témoigner à M. Perrichon combien je l'estime, et je l'honore, et de me ménager dans son coeur, aussi bien que dans le Mitre le remplacement d'une perte aussi considérable que celle que je viens de faire. Je vous donne le bonjour, et je suis avec un trèsgrand respect . etc.
/'. S. Au nom de Dieu, ôtea de vos lettres oe
Monsieub, haut exhaussé, ou j'en mettrai dans les miennes un encore plus haut.