‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 451 sur 672 · A M. LE VERRIER · texte numérisé non relu

A M. LE VERRIER

Ps'êtes-vous plus fâché, monsieur, du peu de complaisance quej'eus hier pour vous? Non sans doute ,

1 Le même qui acheta la maison de Boileau à Auteuil. « Vous s serez toujours chez vous, lui disait le Verrier; et j'exige ri que vous y conserviez une chambre, il que vous veniez souci vent l'habiter, w Quelques jours après la vente , Boileau y re-

vous ne l'êtes plus; et je suis persuadé qu'à l'heure qu'il est vous goûtez toutes mes raisons. Supposé pourtant que votre colère dure encore, je m'offre d'aller aujourd'hui chez vous à midi et demi vous prouver, le verre à la main, par plus d'un argument en forme , qu'un homme comme moi n'est point obligé de préférer son plaisir à sa santé, ni de demeurer à souper, même avec la meilleure compagnie du monde, quand il sent que cela le pourrait incommoder, et quand il a pours'en excuser soixante et six raisons aussi bonnes et aussi valables que celles que la vieillesse avec ses doigts pesants m'a jetées sur la tête. Et, pour commencer ma preuve, je vous dirai ces vers d'Horace à Mécénas :

Quam milii das a>gro , dabis aîgrotarc timenti , Maecenas, veniam '.

En cas donc que vous vouliez que j'achève ma démonstration , mandez-moi

Si validus , si la?tus cris , si deniqne posées *.

Autrement, ordonnez qu'on ne m'ouvre point chez vous. J'aime encore mieux n'y point entrer que d'y être mal reçu. Au reste, j'ai soigneusement relu votre plainte contre les Tuileries, et j'y ai trouvé des vers si bien tournés , que , franchement , en les lisant je n'ai pu me défendre d'un moment de jalousie poétique contre vous; de sorte qu'en la remaniant j'ai plutôt songé à vous surpasser qu'à vous réformer. C'est cette jalousie qui m'a fait mettre la pièce en l'état où vous l'allez voir. Prenez la peine de la lire.

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