‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 457 sur 672 · AUTRE A M. LE VERRIER · texte numérisé non relu

AUTRE A M. LE VERRIER

SUB LES VERS DE SA FAÇON Ql'lL A FAIT MF.TTRE AU BAS DE MON PORTRAIT, GRAVE PAR DREVET.

Oui , le Verrier, c'est la mon fidèle portrait ,

Et l'on y voit a chaque liait L'ennemi des Colins tracé sur mon vis - . Mais dans les vers altters qu'au las de cet ow rage,

Trop enclin à me rehausser, Sur un ton si pompeux tu me Gais prononcer, Qui de L'amj du \ rai reconnaîtra l'image?

Voila, monsieur, deux diamants du temple que je vous envoie pour un livre plein de solidité et de richesses. Vous en ferez tel usage que \ous jugerez à

sa

propos, et même, si vous voulez, un très-indigne usage. Cependant je vous prie de croire que c'est du fond du cœur que je suis à outrance, etc.

AU MÊME

Puris, 12 janvier 1705.

Je vous envoie , monsieur, le portrait dont il est question. M. le Verrier, qui vous en fait présent, voulait l'accompagner d"une lettre de compliment de sa main; mais dans le temps qu'il l'écrivait, on l'a envoyé chercher de la part de M. Desmarets ■ , et je me suis chargé de l'excuser envers vous. Il m'a assuré pourtant qu'il vous écrirait au premier jour par la poste. Ainsi sa lettre arrivera peut-être avant celle-ci , que je vous envoie par la voie que vous m'avez marquée. Il y a des gens qui trouvent que le portrait me ressemble beaucoup ; mais il y en a bien aussi qui n'y trouvent point de ressemblance. Pour moi , je ne saurais qu'en dire ; car je ne me connais pas trop bien, et je ne consulte pas trop souvent mon miroir. Il y a encore un autre portrait de moi, gravé par un ouvrier dont je ne sais pas le nom , et qui me ressemble moins qu'au grand Mogol. Il me fait extrêmement rechigneux 2 ; et comme il n'y a pas devers au bas, j'ai fait ceux-ci pour y mettre:

Du célèbre Boileau tu vois ici l'image. Quoi ! c'est là , diras-tu , ce critique achevé ? D'où vient le noir chagrin qu'on lit sur son visage? C'est de se voir si mal gravé.

Je ne sais si le graveur sera content de ces vers ; mais je sais qu'il ne saurait en être plus mécontent que je le suis de sa gravure. Je vous donne le bonjour, et suis très-parfaitement , etc.

Témoignez bien à M. Perrichon à quel point je suis glorieux de son souvenir.

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