‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 486 sur 672 · L'ABBE BOILEAU AL MÊME · texte numérisé non relu

L'ABBE BOILEAU AL MÊME

Mars I7II.

Je ne suis nullement en état , monsieur, de faire une réponse aussi ample que je devrais à l'obligeante lettre qui vient de m'ètre rendue de votre part, du 24 de ce mois. L'affliction que j'ai dans le cœur de la perte que j'ai faite de mon frère, dont j'étais l'aîné de presque deux ans , ne me laisse pas la tête assez libre pour satisfaire, comme je voudrais , à ce devoir.

Permettez-moi donc , monsieur, de vous dire seulement que sa mort a été très-chrétienne, et qu'il a donné la plus grande partie de ses biens aux pauvres. Il est passé en l'autre vie à dix heures du soir, le 11 de ce mois, âgé de soixante-quatorze ans et quatre mois, étant né le premier de novembre 1636. Il avait été baptisé dans la Sainte-Chapelle royale du Palais, où il est enterré avec ses parents, dans le tombeau de notre famille; plusieurs desquels ont été chanoines et trésoriers de la Sainte-Chapelle.

Je vous en écrirai davantage, quand Dieu voudra que je sois plus en état de vous entretenir que je ne suis présentement. Je ferai tout ce qui dépendra de moi pour vous donner satisfaction sur les papiers que vous me faites l'honneur de me marquer que vous désirez; je ne crois pas que rien m'échappe, la volonté de mon frère ayant été de me faire l'exécuteur de son testament. Je mettrai à part tout ce qui pourra vous convenir, comme lettres et autres ouvrages que j'aurai soin de vous envoyer. Trouvez bon, monsieur, qu'en son nom et nu mien je vous embrasse de tout mon cœur, étant avec toute la reconnaissance que je dois , et l'attachement possible, etc.

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