‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 498 sur 672 · TIRÉE DU PSAUME XC · texte numérisé non relu

TIRÉE DU PSAUME XC

QUE RIEN NE PEUT TROUBLER LA TRANQUILLITE DE CEUX QUI S'ASSURENT EN DIEU.

Celui qui mettra sa vie Sous la garde du Très-Haut Repoussera de l'envie Le plus dangereux assaut 3.

Il dira : Dieu redoutable, C'est dans ta force indomptable Que mon espoir est remis :

Mes jours sont ta propre cause;

' Reges Tharsis, et insultB munera offerent: reges Arabum et Saba dona adducent. Ps. i.xxi.

2 5e multiplieront comme l'herbe , etc. Littéralement traduit du Psalmiste : Fïorebunt de civitatc sicutfamum terrw-

3 Qui habitat in adjutorio ultissimi, in prolectione cœli commorabitur . Ps. xc.

ODES, LIVRE I

Et c'est toi seul que j'oppose A mes jaloux ennemis.

Pour moi , dans ce seul asile , Par ses secours tout-puissants , Je brave l'orgueil stérile De mes rivaux frémissants. En vain leur fureur m'assiège:

Sajustice rompt le piège ' De ces chasseurs obstinés ; Elle confond leur adresse, Et garantit ma faiblesse De leurs dards empoisonnés.

O toi , que ces cœurs féroces Comblent de crainte et d'ennui.

Contre leurs complots atroces Ne cherche point d'autre appui.

Que sa vérité propice Soit contre leur artifice Ton plus invincible mur 3 :

Que son aile tutélaire Contre leur âpre colère Soit ton rempart le plus sdr.

Ainsi , méprisant l'atteinte De leurs traits les plus perçants , Du froid poison de la crainte s Tu verras tes jours exempts; Soit que le jour sur la terre Vienne éclairer de la guerre Les implacables fureurs; Ou soit que la nuit obscure Répande dans la nature Ses ténébreuses horreurs.

Mais que vois-je! quels abîmes S'entr'ouvrent autour de moi !

Quel déluge de victimes ■*

1 Quoniam ipse liberavit me de laqueo venantittm. Ibid. • Scuto rni uiii'iiiiiit te veritas ejus.

3 Le poète- mi cMliicu plus riche , bien plus abondant ici que ■onimitateur, pour L'ordinaire m heureux : a Pfon tirm bis a mnore nocturno; a sagitta volante in die, a negotio peramfulante in tenebris, ab incursu et dœmonio meridiano. < Ps. v ..

4 Cadent a latere tua mille, et decem millia n dextristuis. Ps. xc. Comparons avi c o Ite strophe le morceau suivant de Racine : la meilleure manière de juger de la .perfection du bt>ie i st de comparer entre eux les maîtres dans cet arl djfficile :

Quel carnage de toutes pai i* !

On égorge à la fols Les enfants, les vieillards

I I l;i sinir et Le In iv , l.l la tille el la mère .

i e Bis dans 1rs i>r;i-> de ■*<<» pèi e Que de corps entassés , que de membi es i pat

Priva de sépulture I Grand Dieu tes saints sont la pâture Des tigres el des léopards I

I s HIER, acte I, Si \

S'offre a mes yeux pleins d'effroi !

Quelle épouvantable image De morts, de sang, de carnage, Erappe mes regards tremblants!

Et quels glaives invisibles Percent de coups si terribles Ces corps pâles et sanglants !

Mon cœur, sois en assurance ; Dieu se souvient de ta foi ; Les fléaux de sa vengeance N'approcheront point de toi.

Le juste est invulnérable :

De son bonheur immuable Les anges sont les garants ; El toujours leurs mains propices A travers les précipices Conduisent ses pas errants '.

Dans les routes ambiguës Du bois le moins fréquenté, Parmi les ronces aiguës, Il chemine en liberté; ]Nul obstacle ne l'arrête :

Ses pieds écrasent la tétfi Du dragon et de l'aspic; Il affronte avec courage La dent du lion sauvagi Et les yeux du basilic.

Si quelques vaines faiblesses Troublent ses jours triomphants.

Il se souvient des promesses Que Dieu fait à ses enfants.

A celui qui m'est fidèle .

Dit la Sagesse éternelle, J'assurerai mes secours:

Je raffermirai sa voie.

Et dans des torrents de joie Je ferai couler ses jours.

Dans ses fortunes diverses Je viendrai toujours à lui; .1" serai dans ses traverses Son inséparable appui :

Je le comblerai d'années a Paisibles et fortin Je bénirai ses desseins :

Il vivra daus ma mémoire ,

1 Quoniam angeUt suis mandant de te , ut custooKant te in omnibus riis tuùs. Ps. \< .

- ./ /. comblerai d'années. Cela est bien laible, encompal> l'original : Longttudme dierum replebo eum.

ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU

Et partagera la gloire Que je réserve à mes saints.

ODE VII

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