TIRÉE DU PSAUME XC
QUE RIEN NE PEUT TROUBLER LA TRANQUILLITE DE CEUX QUI S'ASSURENT EN DIEU.
Celui qui mettra sa vie Sous la garde du Très-Haut Repoussera de l'envie Le plus dangereux assaut 3.
Il dira : Dieu redoutable, C'est dans ta force indomptable Que mon espoir est remis :
Mes jours sont ta propre cause;
' Reges Tharsis, et insultB munera offerent: reges Arabum et Saba dona adducent. Ps. i.xxi.
2 5e multiplieront comme l'herbe , etc. Littéralement traduit du Psalmiste : Fïorebunt de civitatc sicutfamum terrw-
3 Qui habitat in adjutorio ultissimi, in prolectione cœli commorabitur . Ps. xc.
ODES, LIVRE I
Et c'est toi seul que j'oppose A mes jaloux ennemis.
Pour moi , dans ce seul asile , Par ses secours tout-puissants , Je brave l'orgueil stérile De mes rivaux frémissants. En vain leur fureur m'assiège:
Sajustice rompt le piège ' De ces chasseurs obstinés ; Elle confond leur adresse, Et garantit ma faiblesse De leurs dards empoisonnés.
O toi , que ces cœurs féroces Comblent de crainte et d'ennui.
Contre leurs complots atroces Ne cherche point d'autre appui.
Que sa vérité propice Soit contre leur artifice Ton plus invincible mur 3 :
Que son aile tutélaire Contre leur âpre colère Soit ton rempart le plus sdr.
Ainsi , méprisant l'atteinte De leurs traits les plus perçants , Du froid poison de la crainte s Tu verras tes jours exempts; Soit que le jour sur la terre Vienne éclairer de la guerre Les implacables fureurs; Ou soit que la nuit obscure Répande dans la nature Ses ténébreuses horreurs.
Mais que vois-je! quels abîmes S'entr'ouvrent autour de moi !
Quel déluge de victimes ■*
1 Quoniam ipse liberavit me de laqueo venantittm. Ibid. • Scuto rni uiii'iiiiiit te veritas ejus.
3 Le poète- mi cMliicu plus riche , bien plus abondant ici que ■onimitateur, pour L'ordinaire m heureux : a Pfon tirm bis a mnore nocturno; a sagitta volante in die, a negotio peramfulante in tenebris, ab incursu et dœmonio meridiano. < Ps. v ..
4 Cadent a latere tua mille, et decem millia n dextristuis. Ps. xc. Comparons avi c o Ite strophe le morceau suivant de Racine : la meilleure manière de juger de la .perfection du bt>ie i st de comparer entre eux les maîtres dans cet arl djfficile :
Quel carnage de toutes pai i* !
On égorge à la fols Les enfants, les vieillards
I I l;i sinir et Le In iv , l.l la tille el la mère .
i e Bis dans 1rs i>r;i-> de ■*<<» pèi e Que de corps entassés , que de membi es i pat
Priva de sépulture I Grand Dieu tes saints sont la pâture Des tigres el des léopards I
I s HIER, acte I, Si \
S'offre a mes yeux pleins d'effroi !
Quelle épouvantable image De morts, de sang, de carnage, Erappe mes regards tremblants!
Et quels glaives invisibles Percent de coups si terribles Ces corps pâles et sanglants !
Mon cœur, sois en assurance ; Dieu se souvient de ta foi ; Les fléaux de sa vengeance N'approcheront point de toi.
Le juste est invulnérable :
De son bonheur immuable Les anges sont les garants ; El toujours leurs mains propices A travers les précipices Conduisent ses pas errants '.
Dans les routes ambiguës Du bois le moins fréquenté, Parmi les ronces aiguës, Il chemine en liberté; ]Nul obstacle ne l'arrête :
Ses pieds écrasent la tétfi Du dragon et de l'aspic; Il affronte avec courage La dent du lion sauvagi Et les yeux du basilic.
Si quelques vaines faiblesses Troublent ses jours triomphants.
Il se souvient des promesses Que Dieu fait à ses enfants.
A celui qui m'est fidèle .
Dit la Sagesse éternelle, J'assurerai mes secours:
Je raffermirai sa voie.
Et dans des torrents de joie Je ferai couler ses jours.
Dans ses fortunes diverses Je viendrai toujours à lui; .1" serai dans ses traverses Son inséparable appui :
Je le comblerai d'années a Paisibles et fortin Je bénirai ses desseins :
Il vivra daus ma mémoire ,
1 Quoniam angeUt suis mandant de te , ut custooKant te in omnibus riis tuùs. Ps. \< .
- ./ /. comblerai d'années. Cela est bien laible, encompal> l'original : Longttudme dierum replebo eum.
ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU
Et partagera la gloire Que je réserve à mes saints.
ODE VII