‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 499 sur 672 · CONTRE LES CALOMNIATEURS · texte numérisé non relu

CONTRE LES CALOMNIATEURS

Dans ces jours destinés aux larmes , Où mes ennemis en fureur Aiguisaient contre moi les armes De l'imposture et de l'erreur, Lorsqu'une coupable licence Empoisonnait mon innocence, Le Seigneur fut mon seul recours « ; J'implorai sa toute-puissance, Et sa main vint à mon secours.

O Dieu , qui punis les outrages

Que reçoit Pbumble vérité ,

Venge-toi! détruis les ouvrages

De ces lèvres d'iniquité;

Et confonds cet homme parjure,

Dont la bouche non moins impure

Publie avec légèreté

Les mensonges que l'imposture

Invente avec malignité.

Quel rempart, quelle autre barrière Pourra défendre l'innocent Contre la fraude meurtrière De l'impie adroit et puissant ?

Sa langue aux feintes préparée 2 Ressemble à la flèche acérée Qui part et frappe en un moment :

C'est un feu léger dès l'entrée, Que suit un long embrasement.

Hélas! dans quel climat sauvage Ai-je si longtemps habité 3!

Quel exil ! quel affreux rivage!

Quels asiles d'impiété!

Cédar, où la fourbe et l'envie Contre ma vertu poursuivie Se déchaînèrent si longtemps , A quels maux ont livré ma vie Tes sacrilèges habitants!

1 Domine, libéra animant meam a labiis iniquis, a lingua dolosa. Ps. cxix.

- 2 Sagittœ potentis uculœ , cum carbonibus desolatoriis. Ps.

3 Heulmihi, quia incolatus meus prolong a tus est! habitavi cum habitantibus Cedar! Ihid.

J'ignorais la trame invisible De leurs pernicieux forfaits; Je vivais tranquille et paisible Chez les ennemis de la paix » :

Et lorsque exempt d'inquiétude Je faisais mon unique étude De ce qui pouvait les flatter, Leur détestable ingratitude S'armait pour me persécuter.

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