LIVRE II, STANCES
A ces mots, tombant sur la place , Transi d'une mortelle glace, Alcandre cessa de parler; La nuit assiégea ses prunelles; Et son âme , étendant les ailes , Fut toute prête à s'envoler.
Que fais-tu, monarque adorable?
Lui dit un démon favorable ; En quels termes te réduis-tu?
Veux-tu succomber à l'orage, Et laisser perdre à ton courage Le nom qu'il a pour sa vertu?
N'en doute point, quoi qu'il avienne, La belle Orantbe sera tienne ; C'est chose qui ne peut faillir.
Le temps adoucira les choses, Et tous deux vous aurez des roses Plus que vous n'en saurez cueillir.