‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 505 sur 672 · QUE LA JUSTICE DIVINE EST PRÉSENTE A TOUTES NOS ACTIONS · texte numérisé non relu

QUE LA JUSTICE DIVINE EST PRÉSENTE A TOUTES NOS ACTIONS

Paraissez, roi des rois; venez, juge suprême .

Faire éclater votre courroux

Contre l'orgueil et le blasphème

De l'impie armé contre vous.

Le Dieu de l'univers est le Dieu des vengeant s : Le pouvoir et le droit de punir les offenses

N'appartient qu'à ce Dieu jaloux.

Jusques aquand, Seigneur, souffrirez-vous l'ivresse •

De ces superbes criminels ,

De qui la malice transgresse

Vos ordres les plus solennels , Et dont l'impiété barbare et tyrannique Au crime ajoute encor le mépris ironique

De vos préceptes éternels?

Ils ont sur votre peuple exerce leur furie :

Ils n'ont pense qu'à l'affliger :

Ils ont seine dans leur pairie

L'horreur, le trouble et le danger :

Ils ont de l'orphelin envahi l'héritage ; Et leur main sanguinaire a déployé sa •

Sur la veuve et sur l'étranger.

Nesongeons, ont-ils dit , quelque prix qu'il en coûte, Qu'a nous ménager d'heureux jours :

Du haut de la céleste voûte

1 Quia ecci -<i te a te peribwU.Ps. ixxii

• il > .i plus de mouvement encore < i île ehaleoi dans l'original : Vsquequo peccatoree, Donthn , utqucquo peccaloret gioriabuittur. I'.-. m iii

ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU

Dieu n entendra pas nos discours :

]Nos offenses par lui ne seront point punies; Il ne les verra point , et de nos tyrannies

Il n'arrêtera pas le cours *.

Quel charme vous séduit , quel démon vous conseille,

Hommes imbéciles et fous?

Celui qui forma votre oreille

Sera sans oreilles pour vous !

Celui qui fit vos yeux ne verra point vos crimes 2 ! Et celui qui punit les rois les plus sublimes

Pour vous seuls retiendra ses coups !

Il voit , n'en doutez plus , il entend toute chose ;

Il lit jusqu'au fond de vos cœurs.

L'artifice en vain se propose

D'éluder ses arrêts vengeurs; Rien n'échappe aux regards de ce juge sévère : Le repentir lui seul peut calmer sa colère,

Et fléchir ses justes rigueurs.

Ouvrez, ouvrez les yeux, et laissez-vous conduire

Aux divins rayons de sa foi.

Heureux celui qu'il daigne instruire

Dans la science de sa loi!

C'est l'asile du juste ; et la simple innocence Y trouve son repos , tandis que la licence

N'y trouve qu'un sujet d'effroi.

Qui me garantira des assauts de l'envie?

Sa fureur n'a pu s'attendrir.

Si vous n'aviez sauvé ma vie ,

Grand Dieu, j'étais près de périr3.

Je vous ai dit : Seigneur, ma mort est infaillible , Je succombe! Aussitôt votre bras invincible

S'est armé pour me secourir.

Non , non , c'est vainement qu'une main sacrilège

Contre moi décoche ses traits ;

Votre trône n'est point un siège

Souillé par d'injustes décrets :

Vous ne ressemblez point à ces rois implacables Qui ne font exercer leurs lois impraticables

Que pour accabler leurs sujets.

Toujours à vos élus l'envieuse malice Tendra ses filets captieux :

Mais toujours votre loi propice

1 Et dixerunt : Non videbit Domînus, rue intellegit Deus Jacob. Ps. xcn.

2 Qui plantavit aurem non audict? aut quifinxit oculum non considérai? Ibid.

3 I\isi quia Dominus adjuvit me,paulo minus habitasse! in injerno anima mea. Ibid.

Confondra les audacieux.

Vous anéantirez ceux qui nous font la guerre ; Et si l'impiété nous juge sur la terre ,

Vous la jugerez dans les cieux.

ODE XIV

Page 1