QUE LA JUSTICE DIVINE EST PRÉSENTE A TOUTES NOS ACTIONS
Paraissez, roi des rois; venez, juge suprême .
Faire éclater votre courroux
Contre l'orgueil et le blasphème
De l'impie armé contre vous.
Le Dieu de l'univers est le Dieu des vengeant s : Le pouvoir et le droit de punir les offenses
N'appartient qu'à ce Dieu jaloux.
Jusques aquand, Seigneur, souffrirez-vous l'ivresse •
De ces superbes criminels ,
De qui la malice transgresse
Vos ordres les plus solennels , Et dont l'impiété barbare et tyrannique Au crime ajoute encor le mépris ironique
De vos préceptes éternels?
Ils ont sur votre peuple exerce leur furie :
Ils n'ont pense qu'à l'affliger :
Ils ont seine dans leur pairie
L'horreur, le trouble et le danger :
Ils ont de l'orphelin envahi l'héritage ; Et leur main sanguinaire a déployé sa •
Sur la veuve et sur l'étranger.
Nesongeons, ont-ils dit , quelque prix qu'il en coûte, Qu'a nous ménager d'heureux jours :
Du haut de la céleste voûte
1 Quia ecci -<i te a te peribwU.Ps. ixxii
• il > .i plus de mouvement encore < i île ehaleoi dans l'original : Vsquequo peccatoree, Donthn , utqucquo peccaloret gioriabuittur. I'.-. m iii
ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU
Dieu n entendra pas nos discours :
]Nos offenses par lui ne seront point punies; Il ne les verra point , et de nos tyrannies
Il n'arrêtera pas le cours *.
Quel charme vous séduit , quel démon vous conseille,
Hommes imbéciles et fous?
Celui qui forma votre oreille
Sera sans oreilles pour vous !
Celui qui fit vos yeux ne verra point vos crimes 2 ! Et celui qui punit les rois les plus sublimes
Pour vous seuls retiendra ses coups !
Il voit , n'en doutez plus , il entend toute chose ;
Il lit jusqu'au fond de vos cœurs.
L'artifice en vain se propose
D'éluder ses arrêts vengeurs; Rien n'échappe aux regards de ce juge sévère : Le repentir lui seul peut calmer sa colère,
Et fléchir ses justes rigueurs.
Ouvrez, ouvrez les yeux, et laissez-vous conduire
Aux divins rayons de sa foi.
Heureux celui qu'il daigne instruire
Dans la science de sa loi!
C'est l'asile du juste ; et la simple innocence Y trouve son repos , tandis que la licence
N'y trouve qu'un sujet d'effroi.
Qui me garantira des assauts de l'envie?
Sa fureur n'a pu s'attendrir.
Si vous n'aviez sauvé ma vie ,
Grand Dieu, j'étais près de périr3.
Je vous ai dit : Seigneur, ma mort est infaillible , Je succombe! Aussitôt votre bras invincible
S'est armé pour me secourir.
Non , non , c'est vainement qu'une main sacrilège
Contre moi décoche ses traits ;
Votre trône n'est point un siège
Souillé par d'injustes décrets :
Vous ne ressemblez point à ces rois implacables Qui ne font exercer leurs lois impraticables
Que pour accabler leurs sujets.
Toujours à vos élus l'envieuse malice Tendra ses filets captieux :
Mais toujours votre loi propice
1 Et dixerunt : Non videbit Domînus, rue intellegit Deus Jacob. Ps. xcn.
2 Qui plantavit aurem non audict? aut quifinxit oculum non considérai? Ibid.
3 I\isi quia Dominus adjuvit me,paulo minus habitasse! in injerno anima mea. Ibid.
Confondra les audacieux.
Vous anéantirez ceux qui nous font la guerre ; Et si l'impiété nous juge sur la terre ,
Vous la jugerez dans les cieux.
ODE XIV