‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 516 sur 672 · A M. DE CAUMARTIN · texte numérisé non relu

A M. DE CAUMARTIN

conseiller d'état, et intendant des finances4. Digne et noble héritier des premières vertus

1 «Ce rapprochement n'est pas tolérante. Que peut-il y avoir de commun entre Brulus et les curés de Saint-Barthélémy et

de Saint-André des Arcs, prédicateurs de la Ligue? Il y a une logique secrète , dont il ne faut jamais s'écarter, dans quelque sujet que ce soit, à plus forte raison dans les stances morales. » (L\ Hakpe. )

2 Et par Sonning rappelé, etc. C'est le même auquel ['abbé Courtin disait en vers, si Ton en croit Voltaire, épitre à la Harpe :

i Adieu :

Faites mes compliments à l'abbé de Chuulicii.

Mais Voltaire ajoutait en jirose :

Enfant de l'harmonie , Présente mon hommage a Vénus l'ranie.

C'est-à-dire à madame la duchesse de Choiseul.

8 Urbin-Louis Lefèvrede Caumartin, mort sous-doyen da conseil le 2 septembre 1720, Agé de soixante-sept ans. C'esl le respectable vieillard auquel les Français sont redevables peutêtre du seul poème épique dont leur littérature puisse s'honorer jusqu'ici, rtein des grands souvenirs du siècle de Louis XIV, et pénétré d'un attachement aussi > if que profond pour la mémoire de Henri iv et de Sully, M. de Caumartin ne cessait de les reproduire dans ses conversations. L'enthousiasme qui l'animait , en parlant de ces grands hommes, échauffa l'imagination du jeune Arouet : l'idée de lu Henriade fui conçue, et l'exécution commencée, sous les yeux mêmes de M. de Caumartin, dans son château de Saint- Aignan , prés de Fontainebleau.

4 Dans l'édition de Soleare, 1712, celle ode es! adressée à M. Rouillé duCoudray, conseiller d'État, ci-devant directeur des finances, el l'un des premiers bienfaiteurs de Rousseau. Dans celle de Londres , publiée iiii/e ans après el toujours par Rousseau lui-même, on lit à M. D. C. ce qui laissai! du moins hésiter le lecteur entre du Caudrayelck Caumartin. Mats plus de doute, plus d'équivoque, en 1743 ; et ce dernier nom a pour jamais remplacé le premier, comme Mornay a exile SiHlu de la Henriade.

Qu'on adora jadis sous l'empire do Khée ; Vous qui dans le palais de l'aveugle Plutus Osâtes introduire Astrée;

Fils d'un père fameux, qui , mêmeà nos frondeurs \ Par sa dextérité fit respecter son zèle ; Et , nouvel Atticus, sut captiver les cœurs En demeurant sujet fidèle;

Renoncez pour un temps aux travaux de Thémis Venez voir ces coteaux enrichis de verdure, Et ces bois paternels où l'art, humble et soumis . Laisse encor régner la nature.

Les Hyades , Vertumne , et l'humide Orion , Sur la terre embrasée ont versé leurs largesses; Et Racchus, échappé des fureurs du Lion, Songe à vous tenir ses promesses.

O rivages chéris , vallons aimés des cieux , D'où jamais n'approcha la tristesse importune, Et dont le possesseur tranquille et glorieux Ne rougit point de sa fortune !

Trop heureux qui , du champ par ses pères laissé , Peut parcourir au loin les limites antiques, Sans redouter les cris de l'orphelin chassé Du sein de ses dieux domestiques 2 !

Sous des lambris dorés l'injuste ravisseur Entretient le vautour dont il est la victime. Combien peu de mortels connaissent la douceur D'un bonheur pur et légitime!

Jouissez en repos de ce lieu fortuné ; Le calme et l'innocence y tiennent leur empire, Et des soucis affreux le souffle empoisonné N'y corrompt point l'air qu'on respire.

Pan , Diane , Apollon , les Faunes , les Sylvains , Peuplent ici vos bois, vos vergers, vos montagnes. La ville est le séjour des profanes humains : Les dieux régnent dans les campagnes.

C'est là que l'homme apprend leurs mystères secrets. Et que, contre le sort munissant sa faiblesse Il jouit de lui-même, et s'abreuve à longs traits Dans les sources de la sagesse

' il s'agit de Louis-François Lefévre de Caumartin, qui fui l'ami du cardinal de ReU . son conseil . son agent même pendant la guerre de la Fronde, où 11 Joua un poleasseï Important.

" On sait, mais il n'est pas inuoie de rappeler avec quel char Horace avait rendu ces même., \,\, , - dans sa deuxième

(■[lotie :

Beatm M»* , qui procul nrsolLU ,

1 1 i>riM .i gens DorUllmn .

Pati ma rnra bobos exerce! suis , cic.

C'est là que ce romain, dont l'éloquente voix D'un joug presque certain sauva sa république FortiGait son cœur dans l'étude des lois Et du Lycée et du Portique.

OEUVRES POETIQUES DE J. B. ROUSSEAU

Sont affreuses à soutenir; Mais leur charge est moins importune , Lorsqu'on gémit d'une infortune Qu'on espère de voir finir.

Libre des soins publics qui le faisaient rêver, Sa main du consulat laissait aller les rênes; Et , courant à Tuscule 2 , il allait cultiver Les fruits de l'école d'Athènes.

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