‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 537 sur 672 · A S. E. M. GRIMANI · texte numérisé non relu

A S. E. M. GRIMANI

AMBASSADEUR DE VENISE A LA COl'R DE VIENNE,

SUB LE DÉPART DES TROUPES IMPERIALES POUR LA CAMPAGNE DE 1716, EN HONGRIE.

Ils partent , ces cœurs magnanimes , Ces guerriers, dont les noms chéris Vont être pour jamais écrits Entre les noms les plus sublimes :

Ils vont en de nouveaux climats Chercher de nouvelles victimes Au terrible dieu des combats.

A leurs légions indomptables Bellone inspire sa fureur; Le bruit, l'épouvante et l'horreur Devancent leurs flots redoutables; Et la mort remet dans leurs mains Ces tonnerres épouvantables Dont elle écrase les humains.

Un héros tout brillant de gloire 2 Les conduit vers ces mêmes bords Où jadis ses premiers efforts Ont éternisé sa mémoire.

Sous ses pas naît la Liberté; Devant lui vole la Victoire , Et Pallas marche à son côté.

O dieux ! quel favorable augure Pour ces généreux fils de Mars!

J'entends déjà de toutes parts L'air frémir de leur doux murmure ; Je vois , sous leur chef applaudi , Le Nord venger avec usure Toutes les pertes du Midi.

Quel triomphe pour ta patrie, Et pour toi quel illustre honneur, Ministre né pour le bonheur De cette mère si chérie , Toi de qui l'amour généreux, Toi de qui la sage industrie Ménagea ces secours heureux!

1 C'est le même qui se trouva doge de Venise à l'époque où la guerre pour la succession d'Autriche élait allumée contre Marie-Thérèse, dans la moitié de l'Europe. Venise persista seule dans une .stricte neutralité, et n'éprouva d'autres calamités , que quelques désordres , ine\ [tables au milieu des lrcu« pes dont elle était entourée.

• Le prince Eugène.

ŒUVRES POÉTIQUES DE J. R. ROUSSEAU

Cent fois nous avons vu ton zèle Porter les pleurs de ses enfants Jusque sous les yeux triomphants Du prince qui s'arme pour elle , Et qui , plein d'estime pour toi , Attire encor dans ta querelle Cent princes soumis à sa loi.

C'est ainsi que du jeune Atride On vit l'éloquente douleur Intéresser dans son malheur Les Grecs assemblés en Aulide; Et d'une noble ambition Armer leur colère intrépide Pour la conquête d'ilion.

En vain l'inflexible Neptune Leur oppose un calme odieux ; En vain l'interprète des dieux Fait parler sa crainte importune :

Leur invincible fermeté Lasse enfin l'injuste fortune, Les vents , et Neptune irrité.

La constance est le seul remède Aux obstacles du sort jaloux ; Tôt ou tard , attendris pour nous, Les dieux nous accordent leur aide; Mais ils veulent être implorés, Et leur résistance ne cède Qu'à nos efforts réitérés.

Ce ne fat qu'après dix années »

D'épreuve et de travaux constants, Que ces glorieux combattants Triomphèrent des destinées; Et que, loin des bords phrygiens, Ils emmenèrent enchaînées Les veuves des héros troyens.

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