‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 560 sur 672 · POUR S. A. S. MADAME LA DUCHESSE DOUAIRIÈRE · texte numérisé non relu

POUR S. A. S. MADAME LA DUCHESSE DOUAIRIÈRE

Quel spectacle pompeux orne ce bord tranquille!

Diane, avec toute sa cour,

Vient-elle y chercher un asile

Contre les feux du dieu du jour?

Pour voir ces déités nouvelles , Le Soleil tient encor ses coursiers arrêtés : La Nymphe qui préside à ces bords enchantés

Épuise ses regards sur elles, Et rassemble , en ces mots , ses compagnes fidèles ,

Pour rendre hommage à leurs beautés :

\ enez voir votre souveraine, Nymphes, sortez de vos roseaux :

C'est Thétis qui vient sur la Seine Goûter la fraîcheur de mes eaux.

Coulez, coulez, eaux fugitives; El vous , oiseaux , quittez les bois ; Chantez, sur ces aimables rives, Chantez l'honneur que je rerois.

Venez voir voire souveraine.

Nymphes, sortez de vos roseaux :

C'est Thétis qui vient sur la Seine Goûter la fraîcheur de mes eaux.

Nouvelles déités qui Mettez sur mes ondes,

■ Village sot la Seine. ;i deux lieues «le Fontainebleau.

Que d'attraits inconnus vous offrez à mes veux !

Jamais dans ses grottes profondes Amphitrite n'a vu rien de si précieux.

Mais n'en rougissez pas: dans cette cour charmante

La déesse qui vous conduit Brille , comme au milieu des astres de la nuit , Du jeune Endymion on voit briller l'amante. Quel cœur résisterait à des attraits si doux? Naïades, approchez : Tritons, éloignez-vous.

Vous qui rendez Flore immortelle, Rassemblez-vous , tendres Zéphyrs :

Une divinité plus belle Est réservée à vos soupirs.

Venez sur mes humides plaines Caresser ces jeunes beautés; Venez de vos douces haleines Échauffer mes flots argentés.

Vous qui rendez Flore immortelle, Rassemblez-vous , tendres Zéphyrs :

Une divinité plus belle Est réservée à vos soupirs.

Et vous , dont le pouvoir s'étend sur tout le monde , Amours , si les attraits de la fille des mers

Ont pu vous attirer sur l'onde, Accourez sur ma rive, et traversez les airs : Une Vénus nouvelle exige Votre hommage ; Et bientôt vous verrez que celle de Paphos

Lui cède autant que mon rivage Le cède aux vastes bords de l'empire des flots.

Tendres Amours , accourez tous ; Venez , volez , troupe immortelle :

La beauté languirait sans vous , Et vous expireriez sans elle.

S'il est vrai que le dieu d'amour A la beauté doit sa naissance , La beauté, par un doux retour, Doit à l'Amour seul sa puissance.

Tendres Amours , accourez tous ; Venez, volez, troupe immortelle :

La beauté languirait sans vous, Et vous expireriez sans elle.

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