‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 565 sur 672 · RI · texte numérisé non relu

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Mais mon cœur vainementestrentrédanssesdroits; Je n'ai pu retrouver ma raison fugitive , Qu'en la perdant une seconde fois.

Amour, tu finis mes peines , Et mes yeux se sont ouverts :

Mais , pour soulager mes chaînes , Faut-il me donner des fers ?

Mon cœur sauvé de l'orage , N'en est que plus agité ; Et je sors de l'esclavage, Sans trouver la liberté.

Amour, tu finis mes peines, Et mes yeux se sont ouverts :

Mais, pour soulager mes chaînes, Faut-il me donner des fers?

Mais, que dis-je, insensé? Je m'abuse moi-même; Ce ne sont point des fers que je romps en ce jour : Non , jusqu'à ce moment je n'ai point eu d'amour; C'est la première fois que j'aime.

Un feu séditieux Brûle au fond de mon âme , Et d'une humide flamme Fait pétiller mes yeux.

D'un poison que j'ignore Mon sang est allumé, Et des feux du Centaure, Hercule consumé , Languissait moins encore Que mon cœur enflammé.

Toutefois , au milieu de ma douleur profonde, Je vous rends grâce , ô Dieux ! du trouble de mes sens ; Et quand votre colère , en cruauté féconde, M'accablerait de maux encore plus pressants, Vous ne sauriez m'ôter l'amour que je ressens; Et c'est sur cet amour que mon bonheur se fonde.

Aimable souffrance, Charmantes langueurs , Votre violence Fait la récompense Des sensibles cœurs.

La beauté nouvelle Dont je suis la loi, Me rendra fidèle :

Je vivrai pour elle Bien plus que pour moi.

Aimable souffrance ,

Charmantes langueurs, Votre violence Fait la récompense Des sensibles cœurs.

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