ÉPURES, J
Voilà les saints que vous devez aimer, Craindre, servir, applaudir, réclamer.
Si vous voulez, sans trouble et sans scandale , Jouir des droits acquis à leur cabale.
Quoi ! direz-vous, pour ces hommes de fer, Abandonner ce qu'on a de plus cher?
A l'intérêt immoler la justice , Et renier la vertu pour le vice?
Non : je ne puis aux démons odieux Offrir l'encens que je ne dois qu'aux dieux. — Vous ne pouvez? Faites donc votre compte De devenir bientôt , pour votre honte, L'unique objet de toutes leurs noirceurs. Préparez-vous à voir ces oppresseurs , Dans les accès de leur rage ennemie , Vous barbouiller de leur propre infamie; Et contre vous , par ce chemin tortu , Intéresser le vice et la vertu.
Heureux encor, si leur complot funeste, Vous dépouillant du seul bien qui vous reste, Ne force un jour vos asiles cachés !
Et si vos dieux , par l'enfer débauchés, Pleins des vapeurs dont l'erreur les enivre , [vre ! Ne prennent point leurs traits pour vouspoursui- Car le motif d'une aveugle équité Jamais ne manque à l'infidélité; Et l'on sait trop jusqu'où va l'assurance D'un zèle faux conduit par l'ignorance!
Mais je ne sais si les plus durs revers Qui d'un mortel puissent être soufferts , Si des destins la rigueur inflexible, Si la mort même a rien de plus sensible, Que la douleur de se voir opprimé D'un ennemi que nous avons aimé.
iVKH II.