‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 593 sur 672 · HORAT · texte numérisé non relu

HORAT

3 Voyez Hérodote, liv. I, chap. xxvi et suiv. i dltercas, la même chose qtfaltercation ; mais il n'est plus usité que dans le stj le badin ou vuirolique.

OEUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU

Ah, safranière ! ah , vieille lourpidoa » !

De ma franchise est-ce là le guerdon 2 !

Mais d'autre part , sur ses ergots haussée,

Cybèle crie et hurle en insensée,

Tant et si bien , que l'époux déplaisant

Demeura court. Cupidon là présent

A leur requête en arbitre s'érige ,

Peu sagement; car, en fait de litige

Et de procès entre femme et mari ,

Perrin Dandin perd toujours le pari.

Un tiers ne doit entrer dans leurs sornettes :

Tirésias en perdit ses lunettes.

Le bon Amour, comme il est quelquefois

Impertinent , et sans égard aux lois

De chasteté ni de foi d'hyménée,

Sans hésiter donna cause gagnée

A la déesse, et le dieu suranné

Se vit encore aux dépens condamné.

Pauvres maris! tel est votre salaire.

Le bon vieillard fut fâché : mais qu'y faire? En appeler? Il eut perdu l'appel.

Il lit bien mieux , et son bonheur fut tel , Qu'en peu de mois, par le seul privilège De dieu du Temps , sans autre sortilège , Il se vengea très-magnifiquement De tous les trois ; et fit premièrement , Qu'Atys, lassé de sa sempiternelle, Un beau matin fut prendre congé d'elle , La régalant, pour dernier paroli, D'un beau sermon defuga sxculi 3 :

Dont il advint que la vieille lamproie D'un fer tranchant le priva de sa joie 4, Et le rendit , au défaut du pourpoint , Un Origène 5 accompli de tout point.

— « Je suis déjà vengé de mes parties , Dit le vieillard, et les voilà loties A mon souhait; le juge aura son tour. »

Et dit et fait : le maupiteux f> Amour Depuis alors, sans espoir d'allégeance, Du dieu chroniquea senti la vengeance,

1 Vieille débauchée. Voilà qui gâte tout! le poète avait si heureusement débuté ! mais que ne déligureraient pas de pareilles expressions, empruntées du dictionnaire de la canaille?

2 La récompense : nous l'avons déjà vu.

3 Sur la fuite du temps.

4 Voyez le beau poème de Catulle sur Atys et Cybèle , Carm. lxiii.

5 Origène , célèbre écrivain ecclésiastique , né à Alexandrie, en Egypte. Le désir de prévenir les calomnies répandues contre ses moeurs , et un passage , dit-on , de l'Écriture mal interprété , lui firent exercer sur lui-même une coupable mutilation. Il souffrit pour la foi dans la persécution de Dèce, et mourut à Tyr, dans sa soixante-neu\ ième année. Deux savants bénédictins, D. Vincent, oncle et neveu, ont recueilli les œuvres d'Origène en quatre volumes in-folio.

6 Maupiteux , impitoyable.

Toujours vexé sans trêve ni demi :

En quelque lieu qu'il se trouve affermi ,

Pour bien qu'il soit, il faut changer de gîte,

Et sans tarder : car, s'il ne part bien vite,

Le Temps le suce , et le rend si chétif ,

Que fort souvent, pour tout confortatif,

On vous le met dehors à l'improviste,

Nu comme un ver, et gueux comme un chimiste.

Vingt fois Amour a demandé repos;

Toujours le Temps a dit : Nescio vos.

Il est écrit qu'au cieux, comme sur terre,

Qu'Amour et Temps seront toujours en guerre,

Et ne verront, de trente jubilés,

Par bon accord finir leurs démêlés.

Mais tous ces tours ne sont que bagatelle, Près de celui qu'il a joué chez celle Que j'aimais tant. Oncques ne vit séjour Où tant se plut le joli dieu d'Amour.

Las! rien ne sert que je le dissimule : Ce beau soleil n'est plus qu'un crépuscule. Ses yeux charnus ont perdu leur clarté; Son sein flétri prêche l'humilité :

Bref, ce n'est plus qu'un corps de demi-toise , Ratatiné dans sa taille chinoise :

Et le faux dieu du Temps s'en est saisi , Pour l'enlaidir en diable cramoisi.

Le pauvre Amour, quelque temps par morale, A tenu bon ; mais en somme finale , Il s'est enfui, pied chaussé, l'autre nu : Et Dieu sait, las ! ce qu'il est devenu.

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