POUR SA BIENVENUE E> FRANCE
Peuples, qu'on mette sur la tête Tout ce que la terre a de fleurs 5 ; Peuples , que cette belle fête A jamais tarisse nos pleurs :
Qu'aux deux bouts du monde se voie Luire le feu de notre joie ; Et soient dans les coupes noyés Les soucis de tous ces orages Que, pour nos rebelles courages, Les dieux nous avaient envoyés.
1 Cette strophe s'est trouvée incomplète dans les papiers de Malherbe.
- Charles Doria, Génois, qui commandait les galères d'Espagne que Cazaux devait introduire dans le port de Marseille.
(MÉN.)
3 A la réserve de deux ou trois mots qui ont vieilli , il n'y a rien dans cette ode qui ne soit encore aujourd'hui à la mode , et dans toute la justesse de nos règles. Tous les autres vers de ce temps-là sont plutôt gothiques que français. (Mén.) — C'est le premier ouvrage où Malherbe se montre véritablement poète. Il y brille par la richesse de l'invention , par l'abondance des pensées et des images , et par la hardiesse des ligures. La versification en est noble, grande et soutenue; l'éloculion brillante, élevée et quelquefois sublime. ( St-Mabc. ) — C'est de cette ode, présentée à Sa Majesté a Aix, l'an 1600, que date l'estime que le cardinal du Perron conçut pour Malherbe, et qu'il conserva pour lui jusqu'à la lin de sa vie.
4 Marie de Medicis venait partager le lit et la couronne de Henri IV.
5 La reine arriva en France dans une saison où il n'y avait point de fleurs sur la terre, car elle y arriva au commencement du mois de novembre. Mais il est permis aux poètes de changer ces sortes de circonstances, pourvu qu'en les changeant ils soient d'accord avec eux-mêmes, et qu'ils ne se contredisent point. Ainsi notre poète, dans cette même ode, fait tuer d'une épée Achille, qui fut tué d'une flèche. (Mén.)