‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 629 sur 672 · EPITHALAME · texte numérisé non relu

EPITHALAME

De votre fête, Hymen, voici le jour :

IVoubliez pas d'en avertir l'Amour.

Quand Jupiter, pour complaire à Cybèle , Eut pris congé du joyeux célibat, Il épousa, malgré la parentelle, Sa sœur Junon , par maximes d'État.

Noces jamais ne firent tel éclat :

Jamais Hymen ne se fit tant de fête.

Mais au milieu du céleste apparat, Vénus , dit-on , criait à pleine tête :

De votre fête, Hymen, voici le jour :

IS'oubliez pas d'en avertir l'Amour.

Vénus parlait en déesse sensée.

Hymen agit en dieu très-imprudent :

L'enfant ailé sortit de sa pensée ; Dont contre lui l'Amour eut une dent.

Et de là vint que, de colère ardent, Le petit dieu toujours lui fit la guerre, L'angariant1, le vexant, l'excédant En cent façons , et cbassant sur sa terre.

De votre fête, Hymen, voici le jour :

IVoubliez pas d'en avertir l'Amour.

Malbeur, dit-on , est bon à quelque cbose. Le blond Hymen maudissait son destin :

Et même Amour, qui jamais ne repose, Lui déroba sa torcbe un beau matin.

Le pauvre dieu pleura, fit le lutin.

Amour est tendre , et n'a point de rancune Tiens , lui dit-il , ne sois plus si mutin ; Voila mon arc : va-t'en chercher fortune

De votre fête Hymen, voici le jour :

N'oubliez pas d'en avertir l'Amour.

Hymen d'abord se met en sentinelle, Ajuste l'arc , et bientôt aperçoit

1 L'angariant, le contrariant.

Venir à lui jeune et trente pucelle, Et bachelier propre à galant exploit.

Hymen tira, mais si juste et si droit . Que Cupidon même ne s'en put taire.

Ho ! ho ! dit-il , le compère est adroit ; C'est bien visé! je n'eusse pu mieux faire.

Amour, Hymen , vous voilà bien remis :

Mais, s'il se peut, soyez longtemps amis.

Or, voilà donc, par les mains d'Hymen.. • . D'un trait d'Amour deux jeunes cœurs blessés. J'ai vu ce dieu , de fleurs la tête ornée, Les brodequins de perles rehaussés , Le front modeste , et les regards bai - En robe blanche il marchait à la fêle, Et conduisant ces amants empressés , Il étendait son voile sur leur tête.

Amour, Hymen, vous voila bien remis :

Mais , s'il se peut , soyez longtemps amis.

Que faisaient lors les enfants de Cythèré ? Ils soulageaient l'Hymen en ses emplois. L'un de flambeaux éclairait le mystère, L'autre du dieu dictait les chastes lois. Ceux-ci faisaient résonner le hautbois, Ceux-là dansaient pavane « façonnée :

Et tous chant, unit en chœur à haute voix : Hymen, Amour! Amour, ô Byménée!

Amour, Hymen , vous voilà bien remis : Mais, s'il se peut, soyez longtemps amis.

Enfin final.', après maintes or.

Au benoît lit le couple fut conduit.

Le bon Hymen . i teignanl les bougies, Leur dit : Enfanta . bon soir et bonne nuit : Lors Cupidon s'empara du reluit.

Puis maints Amours (le rire et de s'ébattre, Se rigolant . menant joyeux déduit", Et jusqu'au jour faisant le diable a quatre

■ Pavane, .->~>rt.' d'ancienne dame nr.ivr rt iMenti

iolant,àa.y\ on rigomler, s'en donner à

cœur joie, outre mesure. Genio imhdoen. — l>"luit, ijull . ai (alla • crire • \ \

ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU

Amour, Hymen, vous voilà bien remis :

Mais , s'il se peut , soyez longtemps amis.

Par tel moyen, entre ces deux illustres L'accord fut fait, et le traité conclu. Jeunes époux , faites que de vingt lustres Traité si doux point ne soit résolu ; Et puissiez-vous , devant l'an révolu , Tant opérer, (Rie d'une aimable mère Naisse un beau jour quelque petit joufflu , Digne des vœux de l'aïeul et du père !

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