‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 631 sur 672 · ÉGLOGUE HÉROÏQUE · texte numérisé non relu

ÉGLOGUE HÉROÏQUE

rora l'impératrice,

A SON BETOUB DES i: vins de I UILSBAD BU BOHÊME.

Faites trêve, bergers, au chant de vos musettes : Pour les tons élevés elles ne sont point faites. Si vos seuls chalumeaux doivent régner ici . Remettez-les aux dieux; ils l'ordonnent ainsi. Et pourquoi refuser aux déités champêtres

Un présent que leurs mains ont f i:t a vus ancêl "

Les plaines, les coteaux , les foré Sont les séjours des dieux ainsi que di - Commençons. Si nus bois chanti ni une immorti Rendons au moins ii"s în.is , t dos i bants dignes >Y> De.

Par l'ordre d'Égérie en mortel transformé, Fidèle sans espoir, content sans être aimé, Quand .sous les traits d'Élise une nouvelle \- \ iut des peuples ,1e l'Elbe éclairer 11 COntr Pan, le dieu (les furets .que ne peut point I' \ni"'ir . SOUS l'habit d'un chasseur avait suivi sa COUT.

i Rabltanmt 01 qaoqae sjrtaa.

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NuncobllUmlhUotcannlna

Ed. n.T. si.

ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU

Il revint : mais , à peine ébranlés dans la nue , Les chênes d'Hercynie annoncent sa venue, Que la nymphe , brûlant d'un désir curieux : « Eh bien ! l'auguste Élise approche de ces lieux : Dieu des bois , dites-nous , dites , que doit-on croire De tout ce qu'on entend publier à sa gloire? Parlez : l'onde se tait , les airs sont en repos.» Elle dit ; et le dieu lui répond en ces mots : [me , « 0 nymphe, qu'à jamais, pour augmenter ma flam- L'amour soit dans vos yeux , la vertu dans votre âme ! La déesse aux cent voix ne nous a point flattés : Tout ce que nous savons de nos félicités , [ture , Quand nos premiers sujets, sans travail, sanscul- Recevaient tout des mains de la seule nature; Tout ce qu'ont vu nos yeux , quand Cybèle et Cérès Faisaient , jeunes encore, admirer leurs attraits, N'approche point, non, non, n'en soyez point sur- Ni de notre bonheur, ni des charmes d'Élise. [prise, Depuis qu'elle a paru dans ces heureux climats, Sa vue a de nos champs écarté les frimas : Les forêts ont repris une beauté nouvelle; Les cieux sont plus sereins, et la terre plus belle. Ce que les clairs ruisseaux sont aux humides prés, La céleste rosée aux jardins altérés , Les vignes aux coteaux, les arbres aux montagnes , Les fruits mûrs aux vergers, les épis aux campagnes, De cet astre vivant les regards bien aimés Le sont , n'en doutez point , à ses peuples charmés. Leur bonheur semble naître et fleurir sur ses traces : Chaque mot de sa bouche est dicté par les Grâces. Noble affabilité, charme toujours vainqueur, Il n'appartient qu'à vous de triompher du cœur. La fière majesté vainement en murmure : Pour captiver les cœurs , il faut qu'on les rassure. Et quelle âme n'est point saisie à son aspect , D'étonnement , d'amour, de joie , et de respect ! Soit que du haut du trône, où cent peuples l'adorent, Elle verse sur eux les faveurs qu'ils implorent ; Soit qu'à travers les bois et les âpres buissons , Elle fasse la guerre aux tyrans des moissons ; J'ai vu, l'œil du dieu Pau n'est point un œil profane, Les nymphes de Paies , les nymphes de Diane, Et la troupe de Flore, et celle des Zéphyrs , De nos humbles pasteurs partager les plaisirs , Et former avec eux un précieux mélange De chansons d'allégresse et de cris de louanges. J'ai vu la nymphe Écho porter ces doux concerts Sur les monts chevelus, sur les rochers déserts. Non , cette majesté n'est point d'une mortelle : Nous la reconnaissons , c'est Diane , c'est elle ; Voilà ses yeux , ses traits , sa modeste fierté : Dans son air, dans son port, tout est divinité. Ah! vivez; ah! régnez, déité secourable!

Jetez sur votre peuple un regard favorable ; Recevez nos tributs ; exaucez nos souhaits ; Faites régner sur nous l'abondance et la paix. Tant que le cerf vivra dans les forêts profondes, L'abeille dans les airs , le poisson dans les ondes , Votre nom , vos bienfaits , source de nos ardeurs , Vivront, toujours chéris, dans le fond de nos cœurs. Voilà quel est de tous le sincère langage. Je vous en dis beaucoup : j'en ai vu davantage. »

Ainsi parla le dieu des pasteurs et des bois. La nymphe à ce discours joignit ainsi sa voix : [tre , « Votre récit charmant est pour moi , dieu champê- Ce qu'est au voyageur l'aurore qu'il voit naître , Ou ce qu'aux animaux, de la soif tourmentés, Est la douce fraîcheur des ruisseaux argentés. Élise est dans mon cœur dès sa plus tendre enfance ; J'étais moi-même aux cieux le jour de sa naissance, Quand les dieux immortels, au milieu des festins, Par la joie assemblés réglèrent ses destins. De l'Olympe éternel les barrières s'ouvrirent, Des nuages errants les voiles s'éclaircirent; Et Jupiter, assis sur le trône des airs, Ce dieu qui d'un clin d'œil ébranle l'univers , Et dont les autres dieux ne sont que l'humble escorte, Leur imposa silence , et parla de la sorte : [plis : « Écoutez , dieux du ciel ! Les temps sont accom- « Élise vient de naître , et nos vœux sont remplis. « Voici le jour heureux marqué des destinées « Pour un ordre nouveau de siècles et d'années, « Où Thémis et Vesta, relevant leurs autels, « Doivent ressusciter le bonheur des mortels. « Chez eux vont expirer la Discorde et la Guerre. « Un printemps éternel régnera sur la terre : « Les arbres émaillés des plus riches couleurs « Porteront en tout temps et des fruits et des fleurs ; « Les blés naîtront au sein des stériles arènes, « Et le miel coulera de l'écorce des chênes. « Ces temps , sous Jupiter non encore éprouvés , « Aux heureux jours d'Élise ont été réservés. « Faites donc à sa gloire éclater votre zèle. [le. » « Elle est digne de vous , montrez- vous dignes d'el- « Il dit; et tous les dieux , l'un de l'autre jaloux •, Lui firent à l'envi leurs présents les plus doux. Cybèle lui donna cette bonté féconde, Qui cherche son bonheur dans le bonheur du monde. Minerve dans ses yeux mit sa noble pudeur, Versa dans son esprit l'équitable candeur, La prudence discrète , éclairée , et sincère , Et le discernement, aux rois si nécessaire. La mère des Amours , des Grâces , et des Ris ,

1 Imitation éloignée d'Hésiode. Voyez le poëme des Travaux et des Jours, v. 63 et suiv.

POÉSIES DIVERSES

À ces divins présents donna le dernier prix , [ble , Et dans ses moindres traits mit un charme invinci- Qui seul à ses vertus peut rendre tout possible. Que vous dirai-je enfin ? Chaque divinité Voulut de ses tributs enrichir sa beauté. Junon seule restait. « Quoi! pour cette princesse, « Dit-elle, tout l'Olympe à mes yeux s'intéresse; " Lesdonspleuventsurelle : et, parmi tantdebiens, « Je n'ai pu faire, ô ciel! compter encor les miens ! » Moi , l'épouse et la sœur du maître du tonnerre, « Moi , la reine des dieux , du ciel et de la terre ! « Ah ! périsse ma gloire ! ou faisons voir à tous « Quecesdieuxsi puissants ne sont rien prèsdenous. « Qu'ils viennent à mes dons comparer leurs largesses. « Je veux lui prodiguer mes grandeurs , mes richesses : « Je veux que son pouvoir dans les terrestres lieux « Soit égal au pouvoir de Junon dans les deux. « C'est par moi que l'Hymen , dès ses jeunes années, « Unira ses destins aux grandes destinées « D'un Alcide nouveau ■ , dont le bras fortuné « De monstres purgera l'univers étonné; < Il verra les deux mers flotter sous son empire ; « Et, malgré cent rivaux que la Discorde inspire, « Pacifique vainqueur, il étendra ses lois « Sur cent peuples fameux, soumis par ses exploits. Ainsi parla Junon ; et ses divins présages Furent dès lors écrits dans le livre des âges. » C'est ainsi qu'Éirérie, encourageant sa voix , S'entretenait d'Élise avec le dieu des bois. Les oiseaux attentifs cessèrent leurs ramages; Le zéphyr oublia d'agiter les feuillages; Et les troupeaux , épris de leurs concerts touchants , Négligeant la pâture, écoutèrent leurs chants.

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