LIVRE II, STANCES
fi'j
Les plus rares trésors et les plus grands plaisirs
Dont sa richesse abonde ,
Que saurais-je espérer A quoi votre présence , ô merveille du inonde,
Ne soit à préférer!
On parle de l'enfer et des maux éternels Baillés pour châtiment à ces grands criminels
Dont les fables sont pleines :
Mais ce qu'ils souffrent tous, Le souffré-je pas seul en la moindre des peines
D'être éloigné de vous?
J'ai beau par la raison exhorter mon amour De vouloir réserver à l'aise du retour
Quelque reste de larmes;
Misérable qu'il est!
Contenter sa douleur et lui donner des armes ,
C'est tout ce qui lui plait.
Non, non; laissons-nous vaincre après tant de com- Allons épouvanter les ombres de là-bas [bats;
De mon visage blême ;
Kl , sans nous consoler, Mettons fin u des jours que la Parque elle-même
A pitié de hier.
Je connais Charigène , et n'ose désirer Qu'elle ait un sentiment qui la fasse pleurer
Dessus ma sépulture;
Mais, cela m'arrivant, Quelle serait ma gloire ! et pour quelle aventure
Voudrais-je être vivant » ?