PARAPHRASE DU PSAUME CXLV
N'espérons plus, mon âme, auxpromesscs du monde; Sa lumière est un verre , et sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer 3 . Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre :
C'est Dieu qui nous fait vivre ,
C'est Dieu qu'il faut aimer.
En vain , pour satisfaire à nos lâches envies , •Vous passons près des rois tout le temps de nos vies A souffrir des mépris et ployer les genoux :
1 Malherbe a cru qu'A.chille, pendant lesiége de Troie, qui dura dix ans, en avait été neuf dans ses vabseaux; en quoi il s'est trompé. Achille ne se retira dans ses vaisseaux qu'après qu'on lui eût enlevé Briséis ; et quand on lui enleva Briséis, il y avait déjà plus de neuf ans que les princes grecs étaient devant Troie.
2 Ces quatre stances valent mieux que tout ce que Malherbe ajamais fait, et prouvent qu'on travaille plus heureusement sur de beaux sujets que sur des niaiseries. (Lancelot.)
3 Malherbe aime fort ces omissions de pronoms possessifs. Ajnsi il dit glisser, pour se glisser ; plaindre, pour se plaindre ; évanouir, pour s'évanouir; renfermer, pour se renfermer. Pétrarque a dit de même muover pour muoversi. (MÉN-)
Ce qu'ils peuvent n'est rien ; ils sont , comme nous Véritablement hommes , [sommes ,
Et meurent comme nous.
Ont-ils rendu l'esprit , ce n'est plus que poussière Que cette majesté si pompeuse et si lière Dont l'éclat orgueilleux étonne l'univers; Et,dansces grands tombeaux où leurs âmes hautaines
Font encore les vaines ,
Us sont mangés des vers.
Là se perdent ces noms de maîtres de la terre , D'arbitres de la paix , de foudres de la guerre; Comme ils n'ont plusde sceptre, ils n'ont plusdeflat- Et tombent avec eux d'une chute commune [teurs ;
Tous ceux que leur fortune
Faisait leurs serviteurs '.