‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 74 sur 672 · PARAPHRASE DU PSAUME CXLV · texte numérisé non relu

PARAPHRASE DU PSAUME CXLV

N'espérons plus, mon âme, auxpromesscs du monde; Sa lumière est un verre , et sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer 3 . Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre :

C'est Dieu qui nous fait vivre ,

C'est Dieu qu'il faut aimer.

En vain , pour satisfaire à nos lâches envies , •Vous passons près des rois tout le temps de nos vies A souffrir des mépris et ployer les genoux :

1 Malherbe a cru qu'A.chille, pendant lesiége de Troie, qui dura dix ans, en avait été neuf dans ses vabseaux; en quoi il s'est trompé. Achille ne se retira dans ses vaisseaux qu'après qu'on lui eût enlevé Briséis ; et quand on lui enleva Briséis, il y avait déjà plus de neuf ans que les princes grecs étaient devant Troie.

2 Ces quatre stances valent mieux que tout ce que Malherbe ajamais fait, et prouvent qu'on travaille plus heureusement sur de beaux sujets que sur des niaiseries. (Lancelot.)

3 Malherbe aime fort ces omissions de pronoms possessifs. Ajnsi il dit glisser, pour se glisser ; plaindre, pour se plaindre ; évanouir, pour s'évanouir; renfermer, pour se renfermer. Pétrarque a dit de même muover pour muoversi. (MÉN-)

Ce qu'ils peuvent n'est rien ; ils sont , comme nous Véritablement hommes , [sommes ,

Et meurent comme nous.

Ont-ils rendu l'esprit , ce n'est plus que poussière Que cette majesté si pompeuse et si lière Dont l'éclat orgueilleux étonne l'univers; Et,dansces grands tombeaux où leurs âmes hautaines

Font encore les vaines ,

Us sont mangés des vers.

Là se perdent ces noms de maîtres de la terre , D'arbitres de la paix , de foudres de la guerre; Comme ils n'ont plusde sceptre, ils n'ont plusdeflat- Et tombent avec eux d'une chute commune [teurs ;

Tous ceux que leur fortune

Faisait leurs serviteurs '.

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