‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 9 sur 672 · I.iv. I , hymne ix · texte numérisé non relu

I.iv. I , hymne ix

* Les poètes usaient fréquemment, autrefois, du mot f/ent. Aujourd'hui ou ne s'en sert plus guère au singulier ( i! rst tOU- ] nirs en usage au pluriel), si ce n'< st en vprs burlesques, comme a fait M. Scarron, qui a dit, en parlant des pages, la f/enl à (/rctji/e retroussée. Je crois qu'on a cessé de dire la r/ent , à cause de l'équivoque de l'agt ni. (MÉN.)

4 Malherbe affectait ces rimes neuves, je veux direcesrimes de mots extraordinaires, comme turban, Liban, Mempbis, Escurial, Malée, Pléiades, Atride, Cbiron, Pise, Éridan, liion, Tyr, Palestine, Pbrygie, Egée, et autres semblables. Et

En pleurant , diront la vaillance De son courage et de sa lance1 , Aux funérailles de leurs fils !

Cependant notre grand Alcide,

Amolli par vos doux appas,

Perdra la fureur qui , sans bride ,

L'emporte à chercher le trépas :

Et cette valeur indomptée,

De qui l'honneur est l'Eurysthée 2 ,

Puisque rien n'a su l'obliger

A ne nous donner plus d'alarmes ,

Au moins , pour épargner vos larmes ,

Aura peur de nous affliger.

Si l'espoir qu'aux bouches des hommes

Nos beaux faits seront récités

Est l'aiguillon par qui nous sommes

Dans les hasards précipités;

Lui , de qui la gloire semée

Par les voix de la renommée

En tant de parts s'est fait ouïr,

Quetout le siècle en est un livre ,

N'est-il pas indigne de vivre,

S'il ne vit pour se réjouir?

Qu'il lui suffise que l'Espagne , Réduite par tant de combats A ne l'oser voir en campagne , A mis l'ire et les armes bas :

Qu'il ne provoque point l'envie Du mauvais sort contre sa vie ; Et puisque , selon son dessein ,

en effet, elles plaisent par leur nouveauté. Je remarquerai ici au sujet de turban , de Liban et de Memphis, que Théophile se moque assez plaisamment en quelque endroit de ses poésies, de certains poètes de son lempsqui croyaient avoir bien imité Malherbe, quand ils l'avaient imité par ces rimes. (MÉN.)

1 On ne dit point la vaillance d'un courage, et on ne dit guère la vaillance d'une lance, quoique le peuple dise vaillant comme son épée et vaillant comme l'épée. M. Patru *, qui est un des hommes de France qui sait le mieux le français , a corrigé de la sorte cet endroit de Malherbe :

En pleurant diront sa vaillance, Et les coups mortels de sa lance.

(MÉN.)

aEurysthée était un roi de My cènes, qui, voulant faire périr Hercule, pour complaire à Junon, l'engagea dans plusieurs actions périlli uses. (Mén.)

Cette comparaison peut être regardée comme une des plus nobles et des plus heureuses hardiesses qui soient en notre langue ; cependant elle manque de justesse en un point : Euej sthee, servant la haine de Junon , n'exposait Hercule aux plus grands dangers qu'a dessein de l'y faire p'rir. L'honneur n'exposait la valeur d'Henri [Vàtous les dangers de la guerre, que pour augmenter la gloire et la puissance de ce monarque. (St-MarC.)

* Célèbre avocat , plein de science et de probité.

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