PREMIÈRE PARTIE
La vie. La santé. L’action particulière de chaque partie. Les terapéramens. L^organisme résultant des diverses actions des parties. La tête. Les régions épigastrique et précordiaîe , trois centres notaLÎes et le vrai trépied de la vie. Le tissu cellulaire. Les niouvemens essentiels à chaque fonction. Les maladies. L’inflammation. Les effets du corps muqueux dans le sang. Les causes générales d’incommodité et de maladie. La marche des maladies la même dans les aiguës et dans les chroniques. Leurs divers temps ou périodes. Leur irritation, leur coction , leur excrétion , tous phénomènes aussi apparens dans les chroniques que dans les aiguës. La fièvre. L’influence des entrailles comme cause d’incommodité et de maladie. Des poisons et des corps étrangers , comme causes de maladie. L’objet principal du traitement est de simplifier une maladie compliquée et de faire qu’une chronique devienne aiguë. Le travail de la guérison comparable à celui d’une excrétion naturelle. L’expectation dans les maladies chroniques.
Ce n’est qu’à la faveur de l’observation que nous allons tâcher de dévoiler l’histoire de nos eaux. Nous avons à les louer; mais nous avons aussi à modérer les éloges que la renommée en publie. Commençons par une exposition des causes et des phénomènes de la santé et des maladies.
'Fhéoreme premier. Le corps vivant est un assemblagç de plusieurs organes qui vivent chacun à leur manière , qui sentent plus ou moins , et qui se meuvent , agissent ou se reposent dans des temps marqués; car, suivant Hippocrate, toutes les parties des animaux sont animées.
II. Les parties qui composent cet assemblage sont liées entre elles par une substance spongieuse , muqueuse , cellulaire , au sein de laquelle les organes , qui sont autant d’expansions des nerfs , sont logés et implantés , comme les fleurs et les fruits le sont dans leurs boutons.
ni. La vie générale , qui est la somme de toutes les vies particulières , consiste dans un flux de moiiveinent réglé et mesuré ,
qui se fait successivement dans chaque partie , détermine l’exercice de ses fonctions, et forme ia trame entière de notre vie (/est ainsi que toutes les parties sont causes , principes , et causes finales.
lY. ïl est une série de raouvemens et de fonctions ])ropre à chaque âge et à chaque sexe. Ces diverses séries, et d’autres causes ([ui seront rapportées plus bas , forment la vie particulière de chaque individu ; elles produisent aussi la santé , lorsqu’elles sont secondées par une distribution louable du suc alimentaire* car la santé est une modification de la vie sujette à varier même dans un sujet déterminé.
\ . Mais comme la santé n’est pas constante et uniforme , il n’en est pas non plus de parfaite , c’est-à-dire qu’il n’existe pas’ un état parfait des parties et de leurs mouvemens. Cet état se conçoit seulement comme l’on conçoit le mouvement perpétuel , ou la matière première en physique , la privation absolue de frottement en mécanique, le changement à volonté des mixtes en chimie et le point sans étendue en mathématiques ; d’où vient qu’on peut le regarder comme l’objet idéal de la médecine.
YI. La vie ou la santé particulière dont chaque homme jouit , laquelle s’éloigne ou s’approche de la santé parfaite, selon l’acl tion plus ou moins énergique de certains organes , établit les divers tempéramens ou les divers ordres des fonctions.
\n. Ces tempéramens divers forment les diverses santés particulières ; ils ont tous des rapports mutuels , et les différencL qui s’y rencontrent ne les empêchent pas de subsister chacun dans leur espèce.
\I1I. Il est des fonctions générales ou des fonctions communes à tous les tempéramens * savoir, l’action du cerveau et des nerfs Faction du cœur, la respiration et la digestion. Ces fonctions, par leur concert mutuel , favorisent l’exercice de la vie et la conservent , et elles sont la source des changemens notables que le corps éprouve. ^
IX. L’estomac, organe principal de la digestion, réveille et attire à lui Faction des autres organes et de toutes les parties , pour qu’ils l’aident dans sa fonction. Cette fonction de l’estomac consiste à extraire le suc muqueux des alimens , suc qui est ensuite séparé des matières grossières , et mêlé au sang 23ar les puissances digestives, en suivant la direction de leurs mouvemens, qui se portent de l’estomac aux intestins et au mésentère.
X. Par la force du cœur et de la respiration , les mouvemens sont déterminés de toutes les parties du corps vers sa circonférence. Dans ce cours circulaire des mouvemens , le chyle est converti en sang • la matière muqueuse , albumineuse ou nourricière, est séparée et appliquée en manière de petites lames à la substance^ cellulaire , d’où les parties , ou plutôt le tissu cellulaire, lui-meme , tire sa force et,son accroissement.
Al. Les nerfs dont le dépôt commun est au cerveau , sont les
organes les mieux pourvus cîe vilalite*. Leurs fibrilles, qui sc distribuent à tout le corps , et dont l’arrangement varie suivant Fusage qu’elles doivent produire , constituent Faction difï'erenîe de chaque partie, ou la différence de sentiment qui règle leurs fonctions. Le système nerveux peut , eu égard à ses propriétés essentielles , être comparé à un polype , dont les racines ou les bouches s’étendent aux organes des sens et à toutes les parties , donnant à chacune l’espèce de sensibililé et d’activité , ou de mouvement vital dont elles sont pourvues, et que le sentiment gouverne ^ car la vie n’est que sentiment et mouvement.
XII. Le cerveau, le cœur et le ventricule sont donc le triumvirat , le trépied de la vie : par leur union et leur concert merveilleux , ils pourvo’cnt à la vie de chaque partie, et à chaque fonction • ils sont enfin les trois princqDaux centres d’oîi partent le sentiment et le mouvement , et oh ils reviennent après avoir circulé ^ car la santé se soutient par cette circulation constante.
XIIL Les fonctions particulières , comme les sécrétions et les excrétions, le mouvement musculaire, le sommeil et la veille, Fusage des sens internes et externes , sont subordonnées et doivent leur conservation aux trois causes générales précédentes. Toute fonction a de plus une manière de s’exécuter déterminée et symétrique. Dans chacjue excrétion , par exemple , il y a une force qui apprête, une autre qui travaille, et une troisième qui évacue; après quoi l’organe reprend son premier état. Mais comme cet ordre symétrique est sujet à être dérangé par les affections de l’âme, il faut toujours bien prendre garde à ces affections.
XîV. Quoiqu’il existe des fonctions générales communes à tous les individus ; quoique les nerfs soient dans tous les modérateurs des parties ; quoique l’ouvrage de la digestion , la sanguification et la nutrition reconnoissent universellement le même mode et la même matière ; tout cela est pourtant marqué dans chaque sujet d’un caractère propre et distinct résultant de Fâge , du sexe et du tempérament. Ce caractère, qu’on a nommé idiosjncrasie j se rencontre dans les animaux et les végétaux de toute espèce.
XV. Il règne dans les lois de l’économie animale un art merveilleux qu’on n’imitera jamais. Le chimiste et le mécanicien ont beau le rechercher ou se flatter de le reconnoître , jamais ils ne ]>arviendront , l’un à faire du sang , et l’autre une machine semblable au cœur, au cerveau ou à l’estomac; à plus forte raison ne connoîtront - ils jamais les rapports qui font l’harmonie des organes : la nature est plus profonde que le plus sublime mathématicien , physicien ou chimiste.
XVI. Il y a donc trop loin des lois de la chimie et de la mécanique à celles de la nature. Appliquons-nous par conséquent à observer les phénomènes qui se passent dans le corps vivant , à connoître le génie de tous les organes, leurs liaisons , l’ordre des fonctions, et les temps oh elles s’exécutent : toutes ces choses dépendent de certains mouvemens qu’on peut apercevoir , mouve-
mens qui sont les vrais fondemens , la base de notre art , et qui méritent de fixer à jamais notre attention.
XVÎL Par maladie on doit entendre iin dérangement dans les fonctions , dépendant de quelque vice organique, ou de Faction augmentée ou diminuée de quelque partie ^ car nous sommes malades , a-t-on dit, quand nos fonctions sont troublées, ou quand Fénergie'de nos parties, leur ton , est détruit. L’on trouve dans Arétée , et dans d’autres médecins , des vestiges de l’organisme , <[iii a été depuis peu mieux compris et mieux développé qu’il ne l’avoit été jusqu’ici. Comme c’est de cet organisme bien conçu que dépend la connoissance de la santé et des maladies , il sera par conséquent fort utile d’y lier les observations que nous rapporterons dans la suite : nous demandons donc , pour l’exercice de la santé , une suite dans les mouvemens organiques , réglée et déterminée : quand ils s’écartent de cette harmonie , il en naît ce que nous appelons indisjiosition ou maladie.
XVIIÎ. Le tempérament , l’âge, le sexe et l’idiosyncrasie constituent presque toujours un état de maladie, du moins en comparaison d’une meilleure santé dont nous pourrions jouir. Ainsi on a eu raison de dire que nous sommes malades tous tant que nous sommes , et que notre vie n’est qu’une chaîne de maux qui se succèdent sans interruption , n’y ayant personne dont les forces ne souffrent à chaque instant quelque déchet , ou , comme le dit Celse , qui n’ait quelque partie malade.
XIX. Le travail de la digestion , le sommeil , une profonde ou longue méditation, les fortes affections de l’esprit, et toutes les autres choses de cette nature , qui yiroduisent un changement universel dans le corps , pourroient être regardées comme de légères maladies, puisqu’elles gênent la liberté des mouvemens qui fait la
. bonne santé. L’ouvrage de la digestion , par exemple , offre l’image des premières traces des maladies. L’estomac , irrité par la présence des alimens, produit d’abord des secousses de tout le corps ^ il détermine ensuite du dehors au dedans, les mouvemens qui se reportent au dehors , d’où naît l’exercice constant et réglé des forces centripètes et centrifuges : or , tout cela a lieu à peu près de même dans les maladies bien caractérisées. Ainsi la digestion , et surtout une digestion laborieuse , ne diffère point d’un accès de fièvre ou du travail organique de la suppuration.
XX. Les maladies doivent être distinguées selon que leur caractère est plus ou moins marqué et indestructible , en opiniâtres , en régulières ou irrégulières , en évidentes ou occultes , en courtes ou longues , en graves ou légères , en bénignes ou mortelles. Les maladies sont bénignes quand elles remettent l’idiosviicrasie dans ses droits : elles sont mortelles , ou essentiellement , quand elles éludent tous les efforts de l’art , et qu’elles s’augmenlent de jour en jour • ou accidentellement , quand on commet des ffiutes dans le traitement, ou qu’on les abandonne à la nature, déjà trop foible pour les surniouter. H y a aussi des maladies incu-*
raLles qui ne sont point mortelles , parce que la vie peut subsister avec elles. De là naissent des espèces de tempéramens factices , immuables , qui ont fréquemment lieu dans les longues affections.
XXI. Chaque maladie a sa marche et sa révolution , ou un espace de temps qu’elle parcourt ; elle a ses temps d’accès et de durée qu’il est , pour ainsi dire , impossible de changer. Un observateur attentif peut y remarquer dans toutes, comme dans l’excrétion d’une glande , ou dans l’ouvrage de la digestion : r. certain changement du corps , qui annonce les approches de la maladie ou sa préparation ; 2^^. les phénomènes qui indiquent sa présente ou sa formation; S"*, l’elfort combiné de tous les organes , qui termine la maladie , soit en la déracinant tout-à-fait , et ramenant la santé soit en la changeant en une autre , ou bien cet effort cède luiîiiême à la violence du mal , et s’éteint avec la vie du malade. Cet ordre des changemens , qui est commun à toutes les maladies , paroît établir entre elles la ressemblance de forme qu’Hipj^ocrate a dit leur appartenir, et que leur véhémence ou leur petitesse, leur lenteur ou leur célérité , etc. ne sauroient leur ôter.
XXn. Maintenant qu’on regarde la maladie comme un effort salutaire que fait la nature pour se mettre en liberté , ou comme un désordre dans les mouvemens , qui tend à la destruction de notre machine , c’est une question que nous renvoyons à l’École à l’exemple des vrais médecins cliniques , qui ne s’occupent point de ces sortes de discussions métaphysiques , d’autant que l’une et l’autre opinion peuvent être renversées de fond en comble , et sont également à craindre , à cause des doutes qu’elles font naître sur le pouvoir qu’a la nature dans les maladies , la fin qu’elle s’y propose , et sur la retenue que le médecin doit y garder , ou l’activité qu’il doit y apporter. Qu’on vante donc tant qu’on voudra ces opinions le devoir du médecin est de se préserver de tout esprit de système * de s’appliquer à connoître les cas où il doit agir , et ceux où il doit être simple spectateur , et d’éviter surtout l’excès dans lequel tombent ceux qui violentent la nature , ou ne lui prêtent pas assez de secours , parce qu ils n’ont pas une connoissance exacte ou sulhsante du caractère des maladies , de leurs temps , de leur marche de leurs symptômes , et en un mot , de l’art de guérir. ^
XXin. Pour nous garantir sûrement de ces erreurs, citons pour exemple une maladie simple , que l’on peut assez bien comparer à une fonction excrétoire , ainsi que nous l’avons insinué plus haut. Il est effectivement des signes qui indiquent les approches de la maladie ou sa formation ; il en est d’autres qui marquent son état et sa terminaison heureuse et malheureuse. De même dans une maladie d’irritation , la partie affectée reçoit d’abord une somme de forces plus grande que de coutume ; ellç est simplement plus animée ; c’est là le premier temps , ou temps d’irritation , lequel répond assez bien à celui de l’érection d’une glande qui se dispose au travail de 1 excietion : quand le mouvement de la partie affectée s est en tiei ement accru , et ne peut plus s’accroître , ce temps est le second de la maladie , celui de sa maturité , qu’accompagnent
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des pliénomènes semblables à ceux de rérection ou l’orgâsme d’une glande ; eirrm , lorscpie la maladie est terminée , et que la jîartie , ainsi que la glande après son travail , a repris son repos , ou est sur le point de le reprendre , c’est là le troisième ou dernier temps J celui de l’excrction achevée. Tout cela sera éclairci dans la suite.
XXIV. Pendant que ces changemens se passent dans un corps malade , il s’y fait une commotion , les forces y agissent inégalement, l’ordre des mouvemens naturels se déconcerte, se trouble. Telle est l’origine de la fièvre, dont les symptômes sont un sentiment de froid et de chaud contre nature, qui se succèdent dans un ordre régulier ou irrégulier, la fréc|uence du pouls, sa foiblesse ou sa force , puis durent plus que dans aucune fonction naturelle. On peut par-là concilier les divers auteurs , les anciens avec les modernes , les théoriciens avec les cliniques , sur le mécanisme de la fièvre. Cette maladie provenant d’une distribution inégale des forces, il arrive que certaines parties , comme est surtout le cœur , éprouvent une action vive et tumultueuse. Ce qu’on vient de dire ne regarde seulement que quelques phénomènes de la fièvre ; car il est aussi difficile de dire au juste ce qu’est sa nature , qu’il l’est de dire ce qu’est la nature du mouvement, celle de la chaleur et d’autres choses semblables. D’ailleurs , comme une expérience bien suivie sulfit , ou apprend plus que toute la subtilité du raisonnement, nous renvoyons aux lits des malades ceux qui voudront acquérir une connoissance de la fièvre. Ce parti , que tout le monde peut prendre , si on y eut bien pris garde auroit du faire renoncer à bien des détails ennuyeux qu’on nous a donnés sur la nature de cette maladie , que l’on peut même regarder en général sur le pied de toutes les autres alfections , étant comme elles plus ou moins sensible ou insensible, générale ou particulière , et toujours leur compagne , si elle n’en fait la partie essentielle.
XXy. Toute fièvre a trois temps principaux , ou trois divisions. Quand , par exemple , elle prend sa source dans l’estomac , c’est à ce viscère que son premier temps appartient ÿ le second temps est lorsqu’elle se communique à quelque partie sympathiquement , et le troisième est lorsqu’elle se termine. On peut , suivant l’ordre de ces trois temps , distinguer chaque fièvre ou chaque maladie prise en total en trois espèces particulières ; le désordre que cause dans un viscère l’irritation qu’il éprouve , constituera la première fièvre ou fièvre d’irritation ; la seconde sera la fièvre de coction , laquelle est due à une action vive et énergique de la partie affectée; et la troisième , celle où la partie fait le dernier elfort pour se rétablir , sera la fièvre d’évacuation, qui est la voie assez ordinaire par laquelle les maladies se terminent. Quelquefois ces trois temps , ou ces trois fièvres, gardent entre elles des intervalles assez égaux et assez longs pour pouvoir être distinguées; souvent aussi leur marche est inégale et confuse. De là naît une division des maladies en simples , en compliquées et en intermittentes; il en est aussi d’ori-
ginaires, d’accidentelles et de composées. Le? trois temps dont nous venons de parler existent de même dans les afieclions clironiques , et ils y sont plus ou moins séparés et sensibles , selon la nature de la
f)artie affectée, l’âge et le tempérament du malade; c’est ce ’observation démontre. Les anciens ont eu raison de distinguer dans les maladies , leur commencement, leur accroissement, leur état et leur terminaison. Cependant comme il arrive cjuelcpiefois c[ue les symptômes sont dans l’état ou à la fin tels qu’au commencement, ou plus légers dans l’état que dans l’augment , il ne faut pas trop s’en rapporter à ces divisions des anciens ; celle que nous venons de proposer paroît ^îlus claire et plus sure , et ne sera peutêtre pas sans utilité.
XXVI. Il faiidroit , pour bien connoître la fièvre , être bien instruit de rinflammation et de ses effets^ car l’inflammation aecompagne et est la cause ou l’effet de bien des maladies ; cependant il ne faut pas croire ou s’imaginer qu’elle se rencontre dans toutes’. Cet excès , auquel se sout livrés quelques modernes , pourroit justement faire douter s’ils n’ont pas été moins sages et moins heureux que les anciens sur le fait de l’inflammation elle-inême , dont ils ont poussé trop loin la théorie comme le traitement , et soüvent aussi confondu les vraies indications curatives, se laissant ainsi surprendre par le faux éclat de leur savoir. IjOS maux qu’a causés de nos jours la. doctrine dont nous parlons , sont assez connus. Afin d’éteindre la source de ces maux, notre première attention sera de ne point relever une foule de questions minutieuses , c|ui n’ont que trop grossi les écrits de Vieussens et de Chirac , maîtres fameux en cette matière, sur laquelle on pourroit dire que les philosophes se sont joués.
XXVir. On doit entendre par inflammation , en médecine , un amas de sang , de feu ou de chaleur et de forces dans une partie , lequel s’est fait par le moyen des nerfs et des vaisseaux qui la composent ; ces vaisseaux , dont les liqueurs peuvent se porter en avant ou en arrière , fluer ou refluer suivant la détermination des oscillations ou de la force qui les meut , sont comme autant de puissances en érection dont l’effort est dirigé vers un centre particulier ; le lieu où réside ce centre est ordinairement le tissu cellulaire , dont quelques lames , entortillées entre elles , font le même effet qu’une i épine enfoncée dans les chairs ; de manière qu’on a eu assez de I raison d’appeler une partie enflammée , /i/re/z.y ^ furieuse, puis— qu’étant devenue l’aboutissant de l’efl'ort des autres parties, elle a une action considérable qui lui fait attirer ou repousser vivemen t
1 les humeurs. \
i XXVIII. Il y a dans toute inflammation vraie , un Uu plusieurs \ centres ou noyaux formés par la compression des lamés du tissu i cellulaire , et par leur collement. C’est la facilité qu’ont ces lames j à se coller entre elles lorsqu’elles restent quelque temps sans I action , qui empêche qu’une partie enflammée ne se guérisse ou ne se résolve jamais parfaitement , comme le prouvent les callo- ^ sites qu’on remarque toujours à la suite des inflammations vraies ^
du moins est-il bien vrai qu’une résolution parfaite dans ce cas , est un cas très-rare.
XXIX. Enfin , le simple gonflement des veines et des artères, ou de leurs ramifications, tels que dans les varices et les anévrismes, ne doit pas plus être rapporté à l’infiammation , que les œdèmes , les taclies et les ecbymoses , qu’on trouve souvent dans les cadavres qu’on ouvre. Pour ne pas se méprendre dans ces sortes d’ouvertures, il faut soigneusement laver les jsarties dans de l’eau ; si après cela il reste des callosités , il n’j aura point à douter que l’inflammation, n’ait existé , pourvu que les signes qui la caractérisent , savoir , la douleur , la célérité dans la maladie , la fièvre , et un véritable état de spasme, aient été observés dans le vivant; mais si on ne découvre point de callosité*, surtout dans les organes qui ne sont pas membraneux , l’on pourra croire que les engorgemens , s’il y en a , doivent leur existence au relâchement , et non à l’inflammation , ou à un surcroît d’action des parties affectées ; ce qui doit être bien distingué , à cause de l’importante utilité qu’on peut en retirer tous les jours dans la pratique.
XXX. L’organe cellulaire , ou tissu muqueux , est donc le siège de l’inflammation et la cause du gonflement qui l’accompagne ; car il est rare qu’il se forme des tumeurs dans les parties simplement membraneuses , dans lesquelles il n’y a pas de tissu cellulaire ; l’organe cellulaire fiDurnit d’ailleurs une matière muqueuse ou gélatineuse propre à former des callosités et à les faire croître. Cette matière (originairement partie mucilagineuse des alimens) est le suc nourricier qui ne s’est pas encore converti en lames , et qui , dans beaucoup de maladies, abonde dans le sang, ne pouvant pas être reçu dans le tissu cellulaire, comme la bile y abonde, quand elle ne se sépare pas dans le foie. Nous observons à ce sujet , que comme l’inflammation du foie ne produit pas toujours l’ictère , de même toute affection de la peau ou de son tissu cellulaire n’engendre pas toujours une pléthore du suc nourricier , parce qu’il n’en reflue pas assez dans le sang. Le suc gélatineux ou nourricier , pour raison de sa surabondance et de la facilité qu’il a de concrètre, est encore la cause de ces couennes ou pellicules qui surnagent dans le sang tiré des veines , pellicules qui sont plus ou moins épaisses et dures , selon la durée du temps que le sang repose dans les palettes. On attribue donc mal à propos ces pellicules à la chaleur de la fièvre, qui n’est jamais assez forte pour jDOuvoir j>roduire une concrétion. On n’a pas plus de raison de les attribuer à une humeur morbifique qui souvent n’existe pas , comme , par exemple , dans une inflammation occasionnée par une ligature faite dans un corps sain. Il y a donc dans presque toutes les maladies , pléthore du suc nourricier ; et les concrétions qui se forment sur la surface du sang dans les affections aiguës et chroniques, ne sont autre chose que ce même suc , qui n’a pas pu se loger dans le tissu cellulaire. Le suc nourricier est encore la cause de la blancheur du sang qu’ontire aux nourrices , blancheur qui en impose à certains médecins qui la prennent , surtout s’il y a fièvre , pour le produit d’une
Immeiir corrompue. Enfin , comme le lait relliie quelquefois des mamelles dans le sang, le suc nourricier j reflue de même; voilà pourquoi le sang de certaines femmes grosses a été trouve de la couleur du lait.
XXXI. De la mauvaise application du suc nourricier proviennent les noyaux des inflammations , les callosités , les cicatrices , nombre de tumeurs squirrheuses , les concrétions polypeuses , même celles des vaisseaux sanguins , qui arrivent surtout lorsque leur ton a été affoibli par l’excès des saignées. Ce même suc, par son mélange avec le sang, fournit la matière, tant des humeurs hétérogènes qui s’engendrent dans les maladies et s’évacuent par les urines , les crachats et les sueurs , que des abcès et des métastases ; il fournit aussi la matière critique de l’inflammation , matière que Galien a prise mal à propos pour du pus } car le vrai pus , dit Hippocrate , se forme de la chair et non du sang et des autres humeurs ; d’ailleurs , cette matière se mêle avec les urines, au lieu que le vrai pus ne s’y mêle point. Le suc muqueux est encore souvent la matière des crises louables des diverses maladies. Enfin , quand il s’engage dans le tissu spongieux , il devient la cause matérielle de la gangrène et du sphacèle , mais par un mécanisme différent de celui de la putréfaction cadavéreuse ; car l’odeur qu’exhale une partie gangrenée , n’a pas plus de rapport avec l’odeur de la pourriture , que n’en a celle des matières fécales ; ainsi la prétendue vertu spécifique des antiseptiques, tant vantée contre la gangrène , est fort ébranlée par l’observation. La résolution , la suppuration , les œdématiés , la pléthore particulière des vaisseaux , ou leur inanition , tous ces phénomènes par lesquels se terminent , tant les maladies aiguës que les chroniques , dépendent toujours de la différence de lésion des parties organiques.
XXXII. Quant aux miasmes et corpuscules délétères , poisons et virus de toute espèce , qu’on sait être la cause matérielle de bien des maux , et contre lesquels on vante bien des spécifiques , il est très-certain qu’il existe de ces miasmes ; mais i°. leur nature est encore absolument inconnue , et peut-être le sera-t-elle toujours j 2.°. il est d’expérience certaine que ces miasmes n’affectent les corps que selon les dispositions qu’ils y trouvent j de sorte que (et ceciméj rite d’être bien remarqué) ce qui nuit à une partie est souvent saî lutaire à une autre ; 3*^. la guérison d’un corps infecté de ces mias- I mes , qu’elle s’obtienne par des spécifiques ou autrement , est tou- ! jours subordonnée , de même que les phénomènes qui l’accompagnent , aux lois de la vie ou au mouvement et à la sensibilité des j parties et à l’ordre de leurs fonctions ; d’où il suit , i°. que la na- , ture des miasmes nous étant entièrement inconnue , les moyens de I les combattre surpassent nos forces , la raison ne pouvant pas nous la foin nir ; 2°. que l’objet du médecin , à l’égard de ces substances I pernicieuses , est de s’attacher à bien connoître les tempéramens ' ou les idiosyncrasies qu’elles peuvent affecter j 3"^. qu’il seroit important sip'tout de connoître par quels mouvemens l’art ou la nature parviennent à détruire les miasmes , afin de pouvoir régler
ces moiivemens, (ïe les calmer ou de les exciter, suivant l’exigeance des cas.
XXXIÎI. Soit , pour exemple , le virus variolique. L’on dit que dans certains temps il se transporte d’un pays dans un autre , je l’accorde : mais pourquoi reste-t-il ordinairement sans effet dans ceux qui ont déjà eu la petite-vérole ? car il est indubitable qu’il s’insinue dans le sang de ces personnes, en se mêlant avec l’air de la respiration , avec la salive et les alimens ? Qui plus est , pourquoi n’agit-il point sur ceux qui sont encore dans le troisième temps de la maladie? On né peut pas dire que cela vient de ce qu’il trouve des entraves , puisque quand on le communique par insertion , il donne la petite-vérole à ceux qui ne l’ont pas encore eue. il faut donc croire que s’il n’agit pas, c’est qu’il ne trouve pas le corps dans une disposition favorable, disposition qui a été détruite dans ceux qui ont eu la petite-vérole. Cette même disposition est donc en partie la cause principale de cette maladie : par conséquent l’aptitude à recevoir l’impression des miasmes varioliques, et les divers phénomènes ou effets qu’ils produisent, sont les véritables objets qui méritent l’application du médecin. Tout le reste n’est qu’accessoire et trop éloigné de sa portée.
XXXIV. Comme la disposition du corps est la cause de la stérilité ou de la fécondité des femmes, elle l’est aussi de l’impression des miasmes varioliques. L’on ne compareroit pas mal les accidens qu’on éprouve an commencement d’une maladie, avec les phénomènes de la génération ; car dans l’un et l’autre cas , on sent une je ne sais quelle secousse subite , l’ordre des mouvemens est changé, et celui qui s’établit ne disparoît que quand il s’est fait une excrétion. S’il est des tempéraraens qui fécondent aisément le germe des maladies ; s’il en est même qui les convertissent toutes cri celles qui leur sont propres , comme on le voit par l’exemple des asthmatiques, des goutteux, et de bien d’autres sujets infirmes qui , dans une épidémie , sont atteints de l’asthme , de la goutte , etc. , soit que la pleurésie, l’angine, etc. , régnent. Il se trouve aussi des tempéramens si bien constitués , qu’ils résistent à l’action de la plupart des miasmes , et se familiarisent même avec les poisons. Le tempérament etl’idiosyncrasie sont donc le vrai champ des maladies qu’ensemencent l’air , les eaux, et les autres choses non naturelles : les soins du médecin qui en est le cultivateur, consistent à en écarter habilement tout ce qui est nuisible , ou à Oter aux semences (qui sont immuables) l’aliment qui peut les féconder , en changeant la disposition du corps. C’est encore la constitution naturelle qui rend , par exemple , les Turcs sujets à la ]>este , les Anglois à la suette , etc. Il faut donc que le médecin s’applique à bien connoître les tempéramens qui sont la source de bien des affections ; et il doit ne pas se livrer tout entier, comme le font certains, à l’étude des épidémies et des maladies de certains pays , dont ils nous donnent d’amples et de riches descriptions , qui sont à peu près toujours les mêmes , tandis qu’ils négligent l’histoire dn corps vivant : en un mot , il importe moins au
îîiécleciii Je savoir quelles constitutions de Tair causent les epide'mies , que de connoître les tempéramens qui peuvent en être alïectés. Que tout médecin , dit Hippocrate, s’applique à connoître l’homme , non pas seulement par rapport à ce qu’il mange ou boit , car ce seroit peu de chose , par exemple , de savoir que le fromage lui est contraire : l’homme est sujet à bien d’autres causes de maladies. D’ailleurs le fromage n’est pas un aliment mauvais de sa nature ; s’il étoit tel , il incommoderoit tout le monde : or pourquoi cela n’arrive- t-il pas ? quelle est la disposition du corps capable de résister à ses mauvais effets? Voilà ce qu’il faut principalement savoir.
XXXV. Occupons-nous des causes prochaines et immédiates des maladies , et des lésions réciproques entre les organes. De tout temps les médecins cliniques sont convenus que l’estomac et les viscères circonvoisins , sont les organes les plus féconds en maladies. Il y en a peu en effet oh l’estomac ne joue au moins le second rôle , et dans lesquelles il ne devienne bientôt principal acteur , à cause de la correspondance qu’il a avec toutes les parties ; correspondance prouvée par une foule de faits , dont nous avons rapporté une partie ailleurs , et dont l’autre partie est assez connue. C’est pourquoi les médecins , dans le traitement des maladies, s’appliquent surtout à bien connoître l’état de l’estomac, et ne comptent sur la convalescence que lorsque ce viscère est bien rétabli. C’est d’aiDrès ces vérités connues , qu’Horace a dit que Prométhée avoit pourvu l’estomac d’une faculté merveilleuse ; que Galien a regardé cet organe comme l’entrej)ôt de l’action des autres parties ; et que Van-Helmont l’a considéré , non point , dit-il , à la façon de Galien , comme un sac ou un vaisseau destiné à cuire les alimens, mais comme un organe vivant qui, de même qu’un animal , goûte , flaire , et a divers appétits ainsi que ses dégoûts , qui sont quelquefois tels , qu’un homme aimeroit mieux mourir que d’avaler une seule bouchée d’un aliment que son estomac abhorre. Voyons maintenant comment les affections de l’estomac en peuvent causer dans les autres organes , et comment ces dernières deviennent idiopatiques , de sympathiques qu’elles sont d’abord. Il est surtout bien nécessaire de remarquer la durée de ces maladies sympathiques , afin de les connoître quand elles sont devenues idiopatiques.
XXXVI. Lorsque quelqu’un prend ou fait prendre des alimens en trop grande quantité , ou d’une nature opposée , il s’élève un conflit dans le ventre, qui se ferme inférieurement, et les esprits se portant dans toutes les parties, ils les refroidissent. Tel étoit le langage d’Hippocrate; langage trop généralisé , qui fait bien voir qu’il étoit homme , comme il le dit lui-même. On auroit à lui demander par quelles voies les esprits iroient de l’estomac dans les autres parties, leur imprimerie caractère de ses maux ? Ceux qui ont attribué cet effet à des nuées de vapeurs, qu’ils ont supposées s elever des entrailles , ont aussi trop généralisé leur opinion. Je ri en excepte point Van-Helmont , qui a imaginé son
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Archée , être métaphysique , sujet au caprice , â la colère et à renjouement ; ni les anatomistes et les chimistes , qui ont mis en avant leurs fermons , auxquels on peut rapporter la saburre , ou les humeurs épaisses de l’estomac , source prétendue d’obstructions , qui ne dilfèrent des fermens que par le nom. Toutes ces opinions , qui appartiennent à des hommes célèbres , sont sujettes à bien des difficultés. Je ne pense pourtant pas qu’on dut entièrement les condamner et les rejeter. L’hypothèse des esprits , ou V impetum faciens d’Hippocrate , vient de nous être retracée depuis peu avec beaucoup d’habileté par un auteur très-distingué , devenu l’ornement de son école , par son zèle et par le soin qu’il prend de l’épurer et d’y faire germer la doctrine que son docte collègue Van-Swieten a recueillie. Cette hypothèse refleurira indubitablement , quand elle aura été touchée par une main aussi habile. Qui peut ne pas admirer la fécondité et la profonde sagacité de Van-Heimont ? Toutes ces productions méritent donc d’être transmises à la postérité.
XXXVn. Notre siècle est assez éclairé et assez ami du vrai, pour faire bientôt disparoître les hypothèses mal assurées. Il y a long-temps que nos maîtres se sont occupés sérieusement d’opinions très-rebattues. Hecquet soutenoit que les matières épaisses et visqueuses ne pouvoient pas passer de l’estomac dans le sang , par les orifices des vaisseaux lactés. Andry , convenant tacitement de cette vérité par rapport aux matières grossières , usa d’un subterfuge , en disant que celles qui étoient très-fluides et ténues pouvoient s’insinuer dans les vaisseaux lactés , et aller épaissir les humeurs ou les dissoudre par leur acrimonie ; mais il n’est pas vraisemblable que des matières aussi ténues puissent épaissir. Par ces âcres , il faut entendre des corps hérissés de pointes ; c’est là l’idée de l’acrimonie mécanique , ou de l’acrimonie produite par le broiement des globules du chyle. Or , pourquoi ces pointes ne s’accrochent-elles pas, dès leur entrée, dans les tnyaux lactés, qui ont un plus petit diamètre que les vaisseaux dans lesquels elles s’arrêtent et causent des inflammations? Quelle cause encore peut déterminer ces corps hétérogènes confondus dans la masse des humeurs , sèulement vers une partie enflammée et doulon- Teuse ? De plus, on ne peut guère se persuader que, dans les fièvres aiguës, où la peau et la langue sont arides, les intestins dans un serrement convulsif , et presque toutes les sécrétions supprimées , les redoublemens soient causés par une humeur croupissante dans les intestins et absorbée dans le sang. Lors, dit-on , que la matière fébrille , devenue assez épaisse , passe sans interruption des premières voies dans le lit de la circulation , la fièvre est continue ; quand elle n’y passe que par intervalles , ou qu’elle est plus abondante ou plus viciée dans certains temps que dans d’autres, elle produit des redoublemens. Mais seroit-il possible que dans le temps que toutes les parties sont dans un état de serrement convulsif, les vaisseaux du chyle seuls s’acquittassent de leurs fonctions , et donnassent passage à des matières visqueuses
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► 011 âcres , tandis que robservalion fait voir que dans certaines [ maladies aiguës , de l’eau simple même dont on use , est ou re- \ tenue dans les intestins , ou aussi promptement évacuée par les ^ selles , qu’elle l’est dans la lien terie ? On a beau prétendre et vou- [ loir j)ersuader à certaines gens, accoutumés à se repaître de chî» I: mères , qu’une matière corrompue , nichée dans les premières [ voies , devient , en passant dans le sang , la cause la plus ordinaire I des maladies ; cependant on ne peut pas douter que dans les ma- [ ladies aiguës, il ne se trouve quelquefois dans l’estomac et les in»
[ testins bien des matières accumulées qu’il faut évacuer , et que I le sang n’y en dépose beaucoup d’autres , pendant la durée de ces maladies. On ne peut pas non plus nier qu’il ne se mêle quelquefois au sang, même en santé, des matières hétérogènes, soit qu’elles y parviennent par les voies du chyle , ou par d’autres : mais il est i aussi peu croyable que des humeurs épaisses, âcres, irritantes et caustiques, puissent être reçues dans les vaisseaux lactés, principalement dans les fièvres aiguës , qu’il l’est que de l’eau , ou toute autre chose que de l’air , entre dans la glotte , de la bile dans les j parotides , etc. Ces accidens sont très-rares , et ne peuvent par conséquent pas faire une règle générale ou ordinaire par rapport aux causes des maladies.
XXXVIIî. L’économie animale, si nous la consultons, nous apprendra bien mieux à connoître la cause que nous cherchons. Les nerfs de l’estomac et des intestins fournissent cette cause. Ces nerfs, appelés nerfs gastriques, se distribuent à toutes les parties du corps ; ils peuvent par conséquent porter les plus grands désordres dans celles qui sont les plus éloignées de l’abdomen. Telle est l’origine vraie de presque toutes les maladies , l’action lésée des nerfs gastriques , origine qu’on peut reconnoître par l’inspection des maladies, et en méditant sur les observations des praticiens. Quelle que soit donc la cause qui agace et irrite les membranes des intestins , ou tout autre viscère de l’abdomen , soit un œdème ou une érisypèle, soit une matière muqueuse et épaisse qui tapisse leurs cavités et les obstrue , elle change l’ordre de leurs rnouvemens et celui des humeurs qui y circulent. Les nerfs de ces parties, dont Tanatomie n’a encore démêlé qu’imparfaitement l’enchaînement merveilleux, étant irrités par les causes mentionnées, il ne peut se faire que le désordre que ces parties éprouvent , n’entraîne celui de tous les organes de l’abdomen , et de tous les autres organes avec lesquels elles sympathisent. C’est ainsi qu’un jeune arbrisseau, qui est couvert de neige, se sent pressé jusqu’à la moindre de ses parties, et que quand on détruit quelqu’une de ses racines les feuilles correspondantes se flétrissent.
XXXIX. Il est une autre cause des maladies fort fréquente , et qui tient de fort près à la cause précédente, à l’irritation. Hijipocrate a connu et désigné cette cause, en parlant de l’espèce de suffocation qu’éprouvent certains malades à l’occasion de l’irruption que font les viscères de l’abdomen contre le diaphragme. Quelquefois c’est l’estomac qui se gonfle et se dresse le premier, comme pour
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s opposer aux secousses que lui cause le diapliragnae ; souvent cVst rmtestin colon que sa structure , sa situation et sa sensibilité rendent très-mobile et la source de bien des maladies, comme la pratique le fait voir. Quand le colon est affecté , dit Arétée , tantôt la douleur se fait sentir vers les côtes supérieures , imitant quelquefois le point de côté, tantôt elle se fixe dans les fausses côtes, à droite ou à gauche, et donne à croire que le foie ou la rate sont affectés. Souvent aussi ce sont les intestins grêles qui se soulèvent les premiers ; ils s’agitent comme le pourroit faire un animal , comrne une couleuvre qui auroit été blessée. Ici c’est le foie tuméfié , selon Hippocrate , ou plutôt la rate qui est plus flexible et plus mobile , qui presse le diaphragme ; tantôt c’est la matrice , source de bien des maux , qui exerce sa fureur et sa tyrannie.
1 0Lis les viscères dont on vient de parler se dressent ensemble ou séparément; 1 état de spasme oii ils sont alors et qu’augmentent ou entretiennent les ventosités contenues dans les intestins , et les contractions irrégulières qu’elles leur causent , les rend fort sensibles aux reactions du diaphragme , qui , de son côté , se trouvant ^ pressé et gêné dans ses mouvemens , devient un obstacle à la res- i piration , cause le gonflement des vaisseaux de l’abdomen , et fait ; aborder le sang en plus grande quantité au cerveau. Ces phénomènes qui se passent presque insensiblement dans les maladies chroniques , sont plus prompts et plus marqués dans les aiguës. Soit donc que le diaphragme se trouve comprimé sur ses côtés, i soit antérieurement , il est ou immobile , ou élevé vers le thorax. ' Dans ce dernier cas , l’angle qu’il formera par son élévation gênera | plus ou moins la portion du poumon qui s’v trouvera logée. Cette partie du poumon ne pouvant plus s’étendre comme de coutume , ou céder à l’effort de l’air , les humeurs y circuleront nécessairement plus lentement , et le tissu cellulaire , également engorgé , contractera des adhérences qui produiront des inflammations , des œdèmes, des convulsions , ou toute autre affection de poitrine résultante originairement de la compression du diaphragme. En cou ! séquence de cette même compression, les prolongemens de la plèvre i et du péritoine qui s’unissent au diaphragme , se trouvant disten- ' dus , il peut en résulter un grand nombre d’accidens ou de maladies dans les viscères de l’abdomen , qui seront plus ou moins importantes , selon le degré de l’étranglement qu’ils éprouveront. Enfin la tete et les extrémités se ressentiront de tous ces désordres , soit par la voie des nerfs , soit par celle des compressions successives du tissu cellulaire ; et comme le foie , la rate , le mésentère et les rems y causent des tumeurs, des douleurs ou des convulsions, cnacun suivant la nature de leur département , le désordre des autres parties de l’abdomen peut aussi y produire de semblables affections. La correspondance du diaphragme avec les organes du ventre , dit Baillou , et son adhérence avec la plèvre , et celle de la plèvre avec les côtes , rendent raison des fausses affections de poitrine que la cacochimie produit , et des douleurs que sentent vers les mamelles , le sternum ou les côtes , les personnes sujettes
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i aux ventosités, enfin des oppressions de poitrine qui ont lieu au j commencement des paroxysmes , dans Tincube et dans les em~ ( barras d’entrailles. Si Ton examine bien Faction qu’ont les jîoclies I; du tissu cellulaire , respectivement les unes sur les autres , il sera j facile de concevoir cette chaîne de compressions morbifiques dbnt j nous parlons, qui se font du dedans au dehors, et du péritoine ^ et de la plèvre vers la tête , la surface du corps et ses extrémités , i surtout si on se rappelle la distribution des nerfs et les sympathies I qui en naissent. C’est donc ainsi que la i^lus petite partie du I corps peut , comme l’observe Hippocrate , rapporter ou transmettre à ses proches le bien ou le mal qu’elle éprouve.
XL. Ces causes de maladies , ces compressions que font les viscères sur le diaphragme , ne sont pas de pures possibilités ; elles sont fondées sur des faits certains , non rares , et qu’on peut reconnoître moyennant un peu d’attention. Ainsi j’ai souvent eu la satisfaction de voir dans des ouvertures de corps, des taches, des échymoses , des gangrènes dans les intestins , le diaphragme , le poumon et même la peau, qui n’étoient dues qu’aux compressions dont je parle. Il ne sera pas inutile d’avertir ici qu’il faut apporter bien des précautions dans les inspections des cadavres , et que rien ne paroît plus difficile que d’y découvrir ce qu’on cherche , quand on est en garde contre les opinions communes. Il y a en effet bien de ces sortes d’inspections que l’impéritie , l’ennui et la précipitation rendent inutiles et absolument infructueuses ; de sorte que plusieurs de ceux qui s’applaudissent de leurs découvertes en ce genre, deviennent la risée des personnes instruites , qui savent qu’il n’est rien de plus délicat en anatomie , et je ne crains pas de dire , fondé sur ma propre expérience, qu’il est plus aisé de faire une opération sur le vivant , que de porter un jugement solide d’après l’inspection d’un cadavre. Dans le premier cas , l’usage a déterminé certaines règles que l’on suit ; mais dans le second, ces règles restent encore à tracer.
XLI. Une des principales causes prochaines des maladies, et que l’on peut apercevoir , est le vice des organes de l’abdomen qui se communique à toutes les parties du corps et à sa circonférence , par le moyen de leurs correspondances réciproques, et soit qu’il y ait augmentation ou diminution dans les mouvemens. Cette correspondance d’action qu’ont les viscères de l’abdomen avec les autres parties , fait concevoir pourquoi le dévoiement produit de bons effets dans les maladies des yeux. Attribuera-t-on ces effets à une évacuation de matières épaisses , âcres et inflammatoires , qui de l’estomac s’étoient portées aux yeux par les routes du chyle? C’est sur le même principe qu’est fondée l’utilité du vomissement dans la migraine. Ceux qui prétendroient que cetle maladie est toujours causée par les vapeurs qu’envoie au cerveau la niatière qu’on vomit , devroit également dire que dans une plaie ou une violente commotion du cerveau , le vomissement qui survient est l’effet de certaines matières morbifiques que cet organe dépêche vers l’estomac. C’est aussi la raison de la cor res-
poiidance dont il s’agit, que ceux qui ont la fièvre avec le 23omt de côté sont guéris par des selles abondantes de sérosités ou de bile. La meme cause fait que l’art comme la nature rémédient au crachement de sang , accompagné du point de côté , en excitant le vomissement ou la diarrhée , qui ramènent le calme dans les entrailles. C’est pour la meme raison aussi que les douleurs aux épaules , qui s’étendent jusqu’aux mains et y produisent de la stupeur , sont emportées par un vomissement de bile noire. La même cause encore donne lieu à la surdité à laquelle sont sujettes les personnes atteintes de la fièvre , et dont le ventre est resserré ; elle rend aussi raison des accidens quelquefois très-graves , et qui sont surtout très-remarquables dans la colique des peintres et autres spasmes, que les remèdes violens^ les poisons, les vers logés dans les intestins , produisent dans les parties les plus éloignées de ces organes. Enfin c’est pour la même cause , la raison de la correspondance des entrailles avec toutes les autres parties, que même les personnes qui jouissent de la meilleure santé éprouvent ordinairement , quand le ventre manque de s’acquitter de sa fonction , (les douleurs dans les membres , une pesanteur de tête , une gêne dans la respiration, et du malaise dans tout le corps. Les exemples que nous venons de citer, et beaucoup d’autres que nous pourrions leur associer, ne prouvent-ils pas qu’on doit chercher la source de presque toutes les maladies dans l’étendue du domaine de l’estomac ? Ils le prouvent sans doute, et la chose sera parfaitement bien confirmée dans la suite.
XLII. Il y a des maladies de l’abdomen qui s’y bornent entièrément, ou y sont circonscrites, ou bien qui n’affectent les autres parties que sympathiquement. De ce nombre sont les digestions laborieuses , les indigestions , vraies fièvres stomacales qui sont très-communes et forment une classe fort Yiorabreuse : ces maladies , dis-je, se terminent ou finissent dans l’abdomen même, et quelquefois aussi elles se jettent sur d’autres parties. On ne peut guere distinguer les trois temps dans les fièvres purement stomacales : le troisième temps , celui de l’évacuation, peut seulement y être bien aperçu, parce qu’alors l’effort est toujours général. Quand une de ces fièvres se change en une autre maladie , elle a fini son premier temps ; et devenue dès lors' idiopatique , ou propre à l’organe qu’elle affecte secondairement , soit qu’elle soit inflammatoire ou non inflammatoire, elle parcourt ses temps ordinaires avec plus ou moins de véhémence , suivant la nature de l’organe affecté et le degré d’affection. Ainsi la fièvre stomacale simple , la pectorale , la capitale , la cutanée, l’articnlaire , peuvent chacune en particulier émaner de la même source , ou d’une seule et meme affection. De cette théorie naît une division féconde des maladies , tant chroniques qu’aiguës, qu’une observation exacte fait connoître , et qui mérite de g. ands égards dans la pratique,
XLIII. Le médecin doit , dans le traitement de chaque maladie , s’appliquer à la simplifier autant qu’il est possible , à lui donner une marche et une terminaison seml3lables , par exemple , à celles
clf" la digeslion. Cette conversion des maladies compli€[nees en sulvpies , des malignes en bénignes , est sans contredit un objet des plus importans dans l’art de guérir. Le médecin doit encore , si les forces du malade , le degré et le caractère des maladies le permettent, changer les chroniques en aiguës, les invétérées en récentes , les particulières en générales. Quant à celles qui sont incLirables de leur nature , qui forment un tempérament ou une constitution immuable , ou qui sont décidément mortelles , il doit éviter de les entreprendre , et surtout de les combattre de front , puisque l’art n’y peut presque rien. Il faut donc qu’il sache bien distinguer les maladies guérissables des incurables, et qu’il counoisse aussi les signes diagnostics bien évidens de chacune en particulier, soit stomacale, pectorale, etc. , et ceux de leur progression. Mais existe-t-il de ces signes tellement démonstratifs ou évidens , qu’on puisse dire d’une fièvre pectorale , par exemple , qu’elle esîi^ dans le temps d’irritation , ou dans celui de coction , qu’elle parviendra dans peu , ou tard , à l’expecloration , et ainsi du reste ?
XLIV. L’on peut raisonnablement comparer une maladie à la fonction d’une glande , et nommer son dernier temps, temps d’excrétion , puisqu’il est certain que toute affection , soit aiguë ou chronique, qui se guérit bien, ou selon les vœux de la nature, finit toujours par quelque évacuation. Les plus célèbres des anciens donnoient à cette évacuation le nom de crise ou de solution , et celui d’appareil critique à la fièvre qui la prépare , ou à la troisième fièvre dont nous avons parlé ailleurs. Dans toute maladie oii l’effort criti€[ue , c’est-à-dire la troisième fièvre, est assez considérable , la crise a lieu ou devient sensible , et elle est insensible quand l’effort est lent et peu vif. Nous remarquerons ici que le mot d’excrétion est moins ambigu que celui de crise , qui grossit trop l’idée figurée et systématique du combat quie la nature livre à la maladie. Poursuivons. Comme il se fait dans l’état de santé des évacuations qui loin d’être utiles, sont préjudiciables, telles qu’une sueur forcée et pareille excrétion de semence ou de lait, il se fait aussi des crises imparfaites ou nuisibles , dépendantes de la nature ou de l’art. De plus , comme certaines excrétions naturelles , par exemple celles de la semence , sont accompagnées de la convulsion du corps , laquelle répond à l’étendue du domaine de l’organe excrétoire , tandis que d’autres se font peu à peu et presque imperceptiblement , comme la séparation de la bile et celle du suc pancréatique ; il y a également des crises qui sont précédées de mouvemens très-apparens , et d’autres dont l’appareil est insensible. Toute crise encore, ainsi que toute excrétion , suppose une préparation des humeurs, laquelle est l’ouvrage de la vie dans les deux cas } et comme tout organe excrétoire , dans l’état naturel , s’érige et est aidé de l’action des autres organes , avant et pendant l’évacuation ^ de même dans les crises parfaites qui s’opèrent précisément dans les mêmes organes que les excrétions, toutes les parties du corps conspirent avec l’organe qui est en travail. La plupart des excrétions ou sécrétions s’a-^
chèvent dans l’espace de vingt-quatre heures ; les crises ont aussi leurs temps, et peut-être leurs jours et leurs heures marques : enfin , comme il j a grand sujet de croire que Tordre des excrétions répond à celui de la digestion , pareille conformité a lieu entre les progrès de la crise et les redouhlemens de la fièvre qui Taccompagne. C’est ainsi qu’en poussant plus loin la comparaison des crises avec les excrétions , on résoudroit bien des problèmes qu’on n’a pu expliquer jusqu’ici , et dont la solution répandroit un grand jour dans la médecine.
XLV. II faut noter que la crise se fait assez facilement dans certaines affections , et très-difficilement dans d’autres ; ce qui fournit une distinction des maladies très-importante , qui mérite d’être méditée sans cesse. La crise , pour être entière et parfaite , doit jS’accomplir comme l’excrétion dans un temps déterminé , avec ^aisance et avec tous les autres caractères louables qui lui appartiennent J de manière que le corps reste en état de bien faire ses fonctions ^ mais rien ne nuit tant au travail des excrétions , soit en santé , soit en maladie , que la trop grande sensibilité des nerfs ou leur agacement , qui est souvent causé par les affections de l’âme. Les maladies où cette redoutable disposition du genre nerveux se rencontre , sont nommées ne rivale s j et on nomme humorales celles où elle n’a pas lieu , et où la crise se conduit bien. Cette considération en général sur l’état des nerfs , ne doit jamais être perdue de vue dans la pratique y elle sert à distinguer les maladies bénignes des malignes, les longues des courtes , celles qu’on doit brusquer d’avec celles que le temps , la patience , le régime , et quelques autres légers secours , guérissent.
XLVL L’art guérit les maladies , en préparant et en excitant la crise , soit qu’il procure l’augmentation de la fièvre , ou d’autres symptômes qui en tiennent lieu , comme quand on fait vomir , qu’on purge fortement , ou qu’on provoque la sueur ( augmentation qu’on pourroit nommer appareil critique artificiel ) , soit qu’il détermine* quelque excrétion lente , que les anciens appe- \oient Jlu xi on , fut-elle occasionnée par la nature ou par Tart. Le grand art du médecin est d’accélérer ou retarder les crises à propos , et par conséquent de bien connoître les cas où il doit employer Tun ou l’autre moyen. De plus, Tart peut et entreprend quelquefois de changer une maladie qui menace de prendre une mauvaise tournure; il peut , dis-je , par certaines évacuations, ou par d’autres moyens, la suspendre, Tétrangler , et écarter des crises qui seroient funestes si la maladie étoit livrée à son cours. Il faut pourtant avouer que ces tentatives sont pleines de danger , et qu’il vaut souvent mieux , dans un cas douteux , se prêter anx mouvemens de la nature , qui vient heureusement à bout , à la longue , de ce que Tart sembleroit pouvoir faire en un seul coup. Un médecin par excellence , qui posséderoit véritablement les trésors de Tart , et dont les anciens auroienl pu dire , à bon droit , qu’il est comparable à un dieu , seroit celui qui pourroit bien prévoir les suites d’une maladie que Tart auroit changée de la
manière que je Fai dit , et qui sauroit déterminer tous les cas où ce moyen seroit praticable.
XLYÎL Ce qui a été dit fait comprendre la ressemblance qu’il y a entre une maladie aiguë et une maladie clironique puisque la diffé rence de leur forme et de leur marche ne change rien à leur essence , suivant laquelle elles font toutes un effort excrétoire terminable par une évacuation , si le malade ne meurt ^ elles ont aussi trois temps principaux. Toute affection qui se change difficilement en aiguë , ou dont la Coction a peine à se faire , est une affection chronique. Celle qui est aiguë devient chronique quaud on Fétouffe ou qu’on siq^prime le travail de la crise. On peut ainsi monter par degrés de la maladie la plus simple à la plus compliquée. Il faut espérer qu’on sera un jour assez heureux 2:)our connoître l’ordre et les révolutions des maladies chroniques , comme on connoît celles des aiguës , oh il reste pourtant encore des recherches à faire. Chaque changement d’âge ne seroit-il point une crise , ou ne la favoriseroit-il pas ? Si la chose étoit ainsi , on pourroit regarder la 23uberté , dans les personnes des detix sexes , comme la crise de l’enfance et de ses infirmités, Hippocrate remarque que le pachisme àwYOït au moins six ans ; qu’une esj3èce se guérissoit dans six mois , et une autre espèce dans deux ans. Bâillon demande s’il n’y auroit pas des maladies d’un an et de sept ans. Notre art sera bien plus beau et plus j^arfait quand on cormoîtra sûrement celles qui doivent durer des jours , des mois et des années, et la méthode de les traiter. Ce dernier point est vraiment important, et d’autant joins désirable , qu’aujourd’hui , comme autrefois, 011 voit trop souvent des traitemens discordans , confus et tumultueux , suivant les expressions de Cœlius Aureîianus , et de Baillou.