XLV. Les thyroïdes de quelques animaux
Il étoit naturel de penser qu’on pouvoit éclaircir quelques doutes sur les thyroïdes des animaux • nous avons éprouvé , après que4ques anatomistes , que celles des bœufs , des brebis et des cUiens , sont beaucoup plus petites que celles de l’homme, et si grêles quelquefois , qu’il est fort difficile de les distinguer : ainsi , l’anatomie comparée n’a rien enseigné sur cette partie.
Nous avons cherché d’oii vient la prodigieuse différence des thyroïdes des animaux à celles des hommes 3 il y a long-temps qu’on a proposé ce problème, sur lequel il n’y a rien de satisfaisant 3 les animaux ïie faisant que des inspirations et des expirations égales et réglées , n’avoient peut-être pas besoin d’une aussi grande quantité de liqueur pour humecter la trachée que l’homme, qui est exposé à y faire entrer l’air plus souvent, plus irrégulièrement, et avec beaucoup de rapidité.
Il faut remarquer, à l’occasion des thyroïdes des animaux, qui, comme on l’a avoué, paroissent évidemment doubles, que si on vouloit s’arrêter à de petites disputes, on pourroit soutenir, contre la plupart des modernes , que les thyroïdes sont dans l’homme , comme dans les brutes , deux glandes , qt non point une seule.
En effet , Haller a dit avoir vu deux glandes thyroïdes 3 on les trouve quelquefois fort distinctes , et elles ne se joignent que par un prolongement qui va de l’ime à l’autre 3 et si on fait attention aux trous du premier cerceau , on en trouve deux ordinairement, un pour chaque glande ou pour ses conduits.
Si on trouvoit les deux sublinguales unies dans quelque sujet , en feroit-on moins deux glandes? Les amygdales ne paroissent-elles pas se joindre én passant sur la base de la langue? Nous avons vu deux reins s’être collés l’un à l’autre en passant par-dessus l’épine , et avoir conservé leurs vaisseaux et leurs conduits excrétoires 3 Bartholin avoit fait la même observation 3 on la trouve dans l’ouvrage d’un chirurgien espagnol qui paroît depuis quelques années , et qui semble l’avoir cru nouvelle 3 un chirurgien de Montpellier l’ avoit faite il y a long-temps , etc. : auroit-on pu avancer que tous ces sujets n’avoient qu’un rein chacun?
Mais enfin, que la thyroïde soit une glande à deux lobes, ou que les deux thyroïdes se joignent , n’importe, cela revient ptesqu’au même 3 on peut mettre cette question au rang de celles qui sont parfaitement indifférentes.
§. XLVL Si la thyroïde peut être comprimée.
Cftte glande est comprimée latéralement , disent les Commentateurs de Boerhaave , non-seulement par le pannicide charnu , mais parles muscles stei'no-hyoïdiens et les sterno-thyroïdiens ^ tt même par un autre qui vient de Vos hyoïde.
Le pannieule charnu , qui est ici une portion, du peaucier , ne
ANATOMIQUES. loi
paroît pas devoir comprimer la glande , puisqu’il est rare qu’il la couvre ’ car lés deux peauciers sont se'parés l’un de l’autre vers leurs parties inférieures , et ils ne se joignent qu’auprès du menton.
D’ailleurs ce muscle est si mince et si foible , que son effort ne doit pas être compté , pour ne pas dire que lorsqu’il se contracte il tend à se redresser entre la clavicule et la base de la mâchoire. Il s’écarte de la glande , comme on peut le conclure de ce que nous avons dit ailleurs. (§. xix. )
Les muscles sterno et thjro-byoïdiens qui sont aplatis et minces , ne peuvent que tirer l’os hyoïde et le larynx en bas, ou les empêcher de remonter. Daris les deux temps , c’est-à-dire , lorsque le larynx monte ou qu’il descend , les muscles glissent sur une portion de la thyroïde , et pour la comprimer il faudroit qu’ils pussent se porter en dedans ou du côté de la glande j au lieu que dans l’état ordinaire , ils sont toujours dans la même position.
Il en est de ces muscles comme des droits du bas-ventre , que les anatomistes regardent comme incapables de comprimer les viscères. Il faudroit , en effet , qu’ils pussent faire bosse vers le dedans ; et lorsqu’ils sont pliés du côte de la cavité , ils ne sont point en contraction * de même pour que les sterno-hyoïdiens comprimassent la thyroïde , ils devroient se porter vers cette glande , la suivre et la rencoigner , pour ainsi dire^ et c’est ce qu’ils ne peuvent pas faire. Késistent-ils à la moindre grosseur qui survient à la glande?
La thyroïde n’élude-t-elle pas aussi l’action des muscles? Elle peut se porter en arrière et vers les côtés : le larynx n’est jamais fixe , d’ une certaine façon • d’ailleurs les muscles ne touchent la glande qu’en partie , ils n’en comprimeroient donc qu’une partie , et l’autre resteroit libre ^ or la partie exposée à l’action des muscles est évidemment la moindre^ elle ne contient pas la sixième partie du suc contenu dans le corps glanduleux.
On doit observer encore , que la glande est placée dans un angle fo nné par les muscles dont il est question , et par la trachée. Si les muscles se contractent, et que le larynx s’abaisse , cet angle ^agrandit , et la glande est portée plus bas vers le sternum, oh il y a une assez bonne distance entre les muscles et la trachée.
Enfin la glande devient plus apparente , elle s’arrondit , pour ainsi dire , dans bien des gens lorsqu’ils parlent ^ au lieu d’être plus affaissée que dans l’état naturel , comme cela devroit être si les muscles la comprimoient , elle devient plus libre , ou plus visible.
Quant à ce petit muscle qui va quelquefois de l’os hyoïde à la glande , muscle représenté dans les tables d’Eustache , et dont Ifeister avoit dit quelque chose , avant que M. Winslow en eût fait le muscle adéno-pharyngîen ; il suffit de remarquer qu’il ne f aroît pas toujours , qu’il est très-mince , et qu’il ne tient qu’à une des extrémités de la glande • de façon qu’il paroîtroit , tout au plus , pouvoir la soutenir ou l’empêcher d’être trop flottante.
On trouvera toujours des membranes et des muscles , qui modéreront la pente qu’ont les glandes à se gonfler , comme toutes les autres parties du corps ^ mais ce n’est pas à dire qu’il doive en
résulter une compression ou une expression , comme on Tentenâ communément.
Ces remarques suffisent pour faire sentir que l’on a avancé, sur un très-léger fondement , que la thyroïde est exprimée , parce qu’elle est portée en haut et en bas en suivant les mouvemens du larynx.
Le lecteur doit se rappeler ici toutes les raisons générales qu’on a détaillées ailleurs ; de fréquentes répétitions deviendroient sans doute ennuyeuses : il faut prendre et examiner un système en gros , sans trop attendre d’une seule raison , qui n’est souvent qu’une présomption , mais qui , jointe à bien d’autres dont on ne doit pas la séparer , fait une démonstration.
§. XLVII. Le thymus.
Il seroit fort difficile de donner une description exacte du thymus J il varie dans la plupart des sujets. On peut rappeler simplement ce que tous les anatomistes en ont déjà dit ) c’est qu’il est situé derrière la partie supérieure du sternum , dans un espace rempli de tissu cellulaire et formé par les deux plèvres.
Le thymus ainsi logé est appuyé sur les gros vaisseaux qui se trouvent dans cette partie , il s’étend quelquefois plusjiaut que le sternum. Heister l’a trouvé prolongé jusqu’à la glande thyroïde. Il est toujours beaucoup plus gros dans le fœtus que dans les adultes j il diminue à proportion qu’on avance en âge , et il devient quelquefois imperceptible dans les vieillards , ou du moins il n’est pas aisé de le distinguer du corps graisseux ) il est divisé en plusieurs lobes irrégulièrement • il est plus ou moins pâle ou cendré , etc.
On ne sauroit encore déterminer bien exactement quelle est sa structure y la plupart des anatomistes veulent qu’il soit glanduleux , comme Heister qui dit qu’il est une vraie glande conglomérée. M. Winslow a aussi avancé qu’il est glanduleux. M. Lieutaud dit en propres termes cjini n a rien de glanduleux , et qu’il est spongieux et mollasse. Il paroît quelquefois semblable au poumon • on diroit qu’il est , comme lui, cellulaire. Comment concilier toutes ces opinions? Ce n’est pas ici le lieu de l’entreprendre. On voit qu’il est essentiel d’entrer dans des discussions qui ne nous regardent pas pour le présent.
Heister a trouvé le thymus squirrheux et fort gros dans un sujet de treize ans. Nous avons fait la meme observation en 1748 , sur un enfant de sept ou huit ans. Le thymus occupoit toute la partie supérieure de la poitrine^ les poumons eux-mêmes paroissoient avoir été gênés* et ce qu’il y avoit de plus particulier , c’est que ce corps squirreux étoit adossé contre un des troncs descendans de la huitième paire , qu’il avoit élargi et aplati , comme un ruban de près d’une ligne d’épaisseur et de deux de largeur ) le nerf étoit devenu comme calleux.
On trouvera dans Morgagni quelque chose de semblable , au sujet d’une tumeur qui avoit aplati les nerfs brachiaux , sans qu’il y eut rien de dérangé dans les fonctions du bras. Celles du cœur étoient-elles dérangées dans le sujet dont nous venons de parler?
ANATOMIQUES. io3
Qui en auroit soupçonné la cause , supposé qü^elles fussent dépendantes de la mauvaise disposition du nerf?
§. XLVIII. Des usages du thj'mus.
On ne sait pas bien encore le véritable usage du thymus; il y a * des auteurs qui le regardent comme une glande lymphatique , pour préparer une humeur propre à délayer le chyle dans le canal thorachique. D’autres ont cru qu’il séparoit quelque liqueur par-* ticulière , mais on n’a pas trouvé le conduit excrétoire ; on ne sait pas de quelle espèce étoit le vaisseau que Ruisch a conduit du thymus vers la mamelle dans un jeune animal.
M. Pestre , docteur de Montpellier , nous a dit , en i ^4^ , avoir trouvé un conduit qui partoit du thymus , et qui montoit vers la partie supérieure de la trachée. Il assura avoir montré ce conduit à M. Fizes , et il fit part de sa remarque à la Société royale. Il y a apparence que ce médecin poursuivra ses recherches sur cette partie , et il faudra voir si le conduit dont il a j)arlé se trouve constamment.
Il pourroit être un de ceux queMurault prétend avoir trouvés , et qui alloient au médiastin , au péricarde et vers les amygdales. L’observation de M. Pestre confirme , en quelque façon , celle de cet anatomiste , et il paroît qu’il n’est pas encore possible de se déterminer sur cette matière.
§. XLIX. S’il est vraisemblable que le thymus sépare quelque
liqueur.
Il y a quelques raisons qui font penser que le thymus ne sépare aucune humeur particulière. Il ne s’agit i^as de celles qu’on j)ourroit tirer de la structure singulière de cet organe , peut-être ne diffère-t-il des autres glandes que du plus au moins.
Mais pourquoi diminue-t-il à proportion qu’on avance en âge ? Pourquoi devient-il imperceptible dans les vieillards ? S’il séparoit quelque liqueur , ce ne pourroit être vraisemblablement que pour lubréjier la trachée-artère , pour augmenter la quantité de la salive , ou pour fournir l’humeur péricardine. Un vieillard a besoin d’avoir sa trachée et son œsophage humectés tout comme les jeunes gens , la liqueur péricardine lui est aussi nécessaire ; pourquoi donc en seroit-il privé?
Le thymus auroit-il quelque usage particulier seulement pour un temps, comme les mamelles, par exemple , qui sont fort inutiles dans les jeunes filles , et qui se flétrissent dans les vieilles ?
§. L. De l’usage du thymus le plus communément reçu.
La grosseur constante du thymus dans le fœtus , semble déterminer qu’il ne sert en effet que dans les jeunes sujets.
Sépareroit-il quelque liqueur pour la nutrition de l’enfant dans la matrice ? On l’a bien avancé , mais on n’â fourni aucune preuve.
On s’en tient ordinairement à dire qu’il tient dans le fœtus la place du poumon , qui est fort petit et replié sur lui-même ; mais ^ le poumon venant à grossir dè^ quç Lenfant l'espire ^ et s’étendant
îo4 RECHERCHES
de plus en plus , il resserre Je tliymus et le rapetisse à son tour ^ c’est là le sentiment le plus généralement reçu.
On aiiroit pu dire , en faveur de cette opinion , que la capacité de la poitrine étant entourée de pièces osseuses , il avoit fallu, qu’elles se trouvassent assez étendues à la naissance de l’enfant , puisqu’elles n’auroient jamais pu céder , et s’étendre aussi aisément que des parties charnues.
îl étoit donc nécessaire qu’elles se moulassent , pour ainsi dire, sur un corps un peu étendu ^ de «ette façon , le poumon n’a pas autant de peine à vaincre la résistance que lui opposent des parties mollasses et faciles à affaisser.
îl s’étend en peu de temps avec aisance 5 il trouve sa cavité toute faite ÿ il n’a qu’à se dilater , et tout va lui céder ÿ il est surtout nécessaire que le thymus , la plus molle des parties , soit celle qui se ressente le plus de cette compression du poumon.
§. LI. Si ce sentiment , quoique le plus commun , est plus
'vraisemblable que le précédent.
Quoique cette dernière opinion soit , comme on l’a dit , la plus généralement reçue, et quoiqu’il y ait des anatomistes qui la croient bien sure , il semble qu’il y a quelques raisons qui paroissent la combattre , et voici ces raisons.
1°. On suppose que le thymus , qui est fort gros dans les jeunes sujets , ne devient si petit que parce qu’il est comprimé par le poumon • une réflexion bien simple suffit pour faire sentir le foible de cette assertion : le thymus diminue-t-il en tout temps parce qu’il est comprimé , comme on dit ? Si l’on répond que cela est ainsi , demandons pourquoi on trouve dans les sujets avancés en âge un espace vide qui est beaucoup plus grand que le thymus qui l’occupe , et qui est rempli de tissu cellulaire qui entoure le thymus?
Cet espace est comme vide entre les parties supérieures des deux plèvres et le sterpum ^ jamais le poumon ne se gonfle autant qu’il le faudroit pour le remplir exactement y cependant il étoit occupé par le thymus , qui a abandonné sa place sans en être chassé par le poumon qui n’a pas la force de contenir le tissu cellulaire, tandis qu’on lui donne celle de vaincre le thymus.
Si on répond qu’il est un temps oh le thymus se flétrit ou se sèche de lui-même , pourquoi' a-t-il fallu que le poumon s’en mêlât au commencement ?
oP. Pourquoi le thymus , s’il est comprimé et chasse par le poumon , ne s’échappe-^t-il pas en s’étendant vers la partie supérieure de la trachée, oh rien ne le gêneroit? On l’a en effet trouvé quelquefois dans ces parties.
3°. Les cas oh l’on trouve le thymus gonflé et squjrreux, prouvent que , pour peu qu’il résiste , il n’est pas vaincu par le poumon y pourquoi ne pas chercher dans le thymus lui-meme la cause de son rapetissement?
11 est privé de sang à proportion que le poumon vient à en Teceyoir davantage y l’aorte ne recevant presque plus de sang oe
ANATOMIQUES. io5
Fartère puîmortaire dans un enfant nouveau-né , les artères du thymus , qui sont des premières qui sortent de Taorte , doivent se ressentir de cette diminution.
Le sang est aussi forcé de se frayer de nouvelles routes dans les artères intercostales qui s’étendent de plus en ])lus , et qui reçoivent du sang aux dépens du thymus.
Ainsi cet organe ne doit pas être regardé précisément comme tenant la place du poumon dans la cavité de la poitrine , mais comme recevant dans le fœtus une certaine quantité de sang, dont il vient à être privé lorsque l’enfant respire ^ il se rapetisse ^ non point parce qu’il est comprimé , mais parce que ne recevant point la même quantité d’humeurs , il ne peut pas faire l’équilibre nécessaire* et résister aux parties du voisinage, etc.
4°. On dit que le thymus occupe la place du poumon dans le fœtus ) n’est-il pas certain que les côtes et leurs cartilages viennent à s’étendre ou à se redresser, et le sternum à se relever par les inspirations et les expirations réitérées que fait un enfant nouveau-né? Pourquoi a-t-il fallu que les côtes fussent précisément au point d’être moulées sur le thymus? Si elles eussent été plus petites , elles se seroient relevées ni plus ni moins.
D’ailleurs , s’il est vrai que le poumon ne se dilate qu’à proportion que les côtes cèdent , elles auroient toujours cédé autant qu’il l’auroit fallu pour permettre quelque petit agrandissement du poumon 5 pourquoi la présence du thymus étoit-elle nécessaire?
îl faudroit que l’air , en tombant dans les poumons libres par l’élévation des côtes , les remplît et repoussât le thymus y si cela étoit , les expirations seroient-elles bien proportionnées aux inspirations? Ne faudroit-il pas reconnoître dans le poumon une force bien différente de celle qu’on lui attribue? et alors on seroit conduit à penser que les idées ordinaires sur la respiration ne sont pas aussi vraies qu’on le croit, communément.
La question où cette dernière raison nous a conduit pourroit mener trop loin j c’est assez qu’on ait prouvé qu’il y a bien des choses à dire contre î’opi*ion de ceux qui croient que le thymus n’est fait que pour remplir la poitrine dans le fœtus , et pour y occuper la place que le poumon doit reprendre un jour.
11 pourroit être dangereux de donner ce sentiment pour Vrai ; on viendroit à le croire et à ne plus chercher au thymus un autre usage , qu’on parviendra peut-être à trouver un jour.
§. LU. Autres remarques sur la prétendue compression du
th J'omis.
Abandonnons pour un moment ce qu’on vient de dire contre la ; compression du thymus , et supjiosons qu’elle soit réelle ^ elle I nous conduit à quelques remarques qui ont du rapport à la ques- : tion principale.
On veut que le thymus soit comprimé et rétréci par Faction ' du poumon ^ mais peut-on dire , en suivant les idées ordinaires , que la compression du poumon doit nuire au thymus? Cette com- I pression n’est pas continue^ des relâchemens succèdent à de lé-
los Recherches
gëres compressions , et celles-ci sont faites pour que ïe thymus puisse se vider des humeurs que Ton peut supposer qu’il sépare ^ il se remplit dans l’affaissement du poumon , et il se vide lorsque ce viscère se remplit d’air.
Le thymus n’a rien qui puisse le faire vider que cette action du poumon • il n’y a aucun muscle placé dans le voisinage ^ il n’y a rien qui puisse faire les compressions qu’on croit nécessaires pour vider toutes les autres glandes 5 il ne sauroit pourtant se vider sans quelque effort de la j)art des parties extérieures ^ les gros vaisseaux ne peuvent que le secouer sans le comprimer il faut absolument avoir recours au poumon.
Il semble que nous raisonnons d’une manière très-conforme au système ordinaire , et on doit avouer, ou que les choses se passent comme nous le disons , ou qu’il n’y a rien qui puisse comprimer le thymus ; d’où nous conclurons que , s’il est vrai que cet organe séjDare une humeur particulière , et qu’il n’est pas comprimé pour se vider , toutes les autres glandes pourront se passer de compressions comme le thymus , qui paroît en effet placé pour en être à l’abri.
Si on avoue que le thymus est comprimé par le poumon , et qu’on veuille qu’il devienne par les compressions réitérées aussi petit qu’il l’est , nous remarquerons que voilà un exemple qui devroit désabuser tous les partisans de la compression des glandes.
En effet , voici une glande qui n’est comprimée que par un corps mou, comme le poumon, et elle est affaissée^ que n’auroit-on pas à craindre de l’action d’un muscle? On le voit évidemment j la compression a rétréci les vaisseaux du thymus^ ils ù’ont pu résister aux efforts du poumon ; les compressions sur ley autres glandes produiroient le même effet à proportion.
Qu’on ne dise j)as que les parties qui agissent contre les glandes «Ordinaires ne sont pas à même de se gonfler et de grossir comme le poumon , et qu’ainsi les glandes ne doivent pas être affaissées ^ il est évident que si elles ne s’affaissoient pas , elles deviendroient calleuses et inutiles , ce qui reviendroit presqu’au même.
On prouvera que les glandes deviendroient calleuses , parce que leurs couloirs seroient rétrécis et s’en gorger oient : qu’est-ce qu’il arrive à une partie molle qu’on frotte et qu’on gêne dans certains mouvemens? Elle devient roide et plus solide, comme on le voit surtout par l’exemj)le des travailleurs qui racornissent la peau de leurs mains : cette peau ne se rétrécit ou ne s’amincit cependant pas • mais étant souvent comprimée , elle se racornit et perd sa souplesse ^ et cela arriveroit sans doute aux glandes , comme on voit que cela arrive au thymus.
§. LUI. La 'glande œsophagienne ou dorsale.
Lfs anciens ont décrit avec soin une espèce de corps glanduleux qui se trouve à la face postérieure de l’œsophage , à la hauteur de la cinquième vertèbre du dos à peu près j il en ont donné des figures où ce corps est divisé en deux ou plusieurs lobes.
Il y a des modernes qui ne font presque pas attention à cette
glande; M. Wînslow n’en parle qu’en passant, et M. Lieiitaud n’en dit pas un mot^ ne l’auroit-il pas rencontrée dans plus de douze cents cadavres y qu’il dit lui-méme avoir disséqués?
Il est pourtant certain qu’on trouve cette glande^ dans la pîujiart des sujets 5 elle est de différentes grosseurs, et quelquefois si petite qu’il n’est pas aisé de l’apercevoir 5 elle paroît quelquefois double , et sa figure est irrégulière 5 Heister et Morgagni en ont parlé, et meme assez au long^ ce qu’ils en ont dit mérite sans doute quelque attention.
Il s’agiroit de savoir si , comme quelques-uns l’ont soupçonné , cette glande sépare un suc pour l’envoyer à l’œsophage 5 on a trouvé des conduits de cette glande dans les chiens ; on a aussi observé qu’elle est , dans ces animaux , pleine de petits vers qui peuvent peut-être sortir de la glande et tomber dans l’œsophage. Verselloni auroit mieux fait de cantonner ses troupes de vers dans cette glande que dans la thyroïde j ils auroient été aux aguets au passage des alimens.
On ne peut rien avancer de positif sur cette glande 5 M. Winslow l’a mise au nombre des lymphatiques , et il faut avouer qu’elle ne paroît pas différente des autres conglobées dans la plupart des sujets.
§. LIV. Observation qui a peut-être du rapport à cette glande,
Heister a vu un sujet qui ne'pouvoit plus avaler vers la fin de ses jours , et qui sentoit un obstacle dans la poitrine ; il mourut , et on trouva sa glande dorsale de la grosseur d’un œuf de poule , et qui comprimoit l’œsophage. Cet anatomiste a aussi soupçonné ia même maladie dans un autre sujet.
Nous avons vu une^ dame très-bien constituée , et qui ne se plaignoit que d’une incommodité bien singulière^ elle faisoit bien ses fonctions pendant la journée , elle dormoit comme il faut pendant la nuit, et en se réveillant chaque matin elle sentoit vis-àvis la portion moyenne du sternum, et dans le dos, disoit-elle, une douleur comme un obstacle ou un bouchon qui la gênoit , pour employer son expression.
Elle a trouvé le remède à son incommodité j elle prend chaque matin , en s’éveillant , une croûte de pain et un coup à boire*^ elle fait, dit-elle, ainsi descendre son bouchon , et elle me sent plus de gêne ni de douleur lorsqu’elle l’a avalé , ce qu’elle fait avec quelque effort, mais sans douleur 5 si elle ne fait pas son remède , sa douleur ne manque pas de se faire sentir avec des tiraillemens et un malaise qui la mettent dans un état cruel.
N’y a-t-il pas apparence que cette gêne, qui semble être dans l’œsophage, vient de la glande dorsale? Peut-être qu’elle s’engorge tellement pendant la nuit, et qu’elle est si pleine de sucs gluans et épais le matin , qu’il faut qu’un morceau d’aliment aille glisser dans l’œsophage pour emporter les sucs accumulés.
Les parois de l’œsophage se colleroient-ils l’un à l’autre dans quelques points , à peu près comme les deux paupières j et faudroit-il les séparer chaque matin 3 ou , enfin , seroit-ce ici quel-
io8 RECHERCHES
qu’une de ces convulsions , de celles qu’on nomme vaporeuses ? Quoi qu’il en soit , le retottr périodique de cet embarras n’est pas aisé à expliquer.
§. LV. Les glandes bronchiques,
La trachée-artère est entourée , dans l’endroit de sa bifurcation , d’une grande quantité de glandes qui paroissent plus vers la partie postérieure que vers l’antérieure* elles sont plus ou moins nom^ breuses , et de différentes grosseurs ; elles sont noirâtres et quelquefois rouges , dans les enfans comme dans les adultes. Nous avons observ é que cette noirceur , dont nous parlons , commence ait centre de la glande , d’où elle se communique à la circonférence.
Elles sont plus ou moins sèches , et comme friables ; elles s’étendent jusqu’au péricarde et l’œsophage , et elles suivent les divisions des bronches , devenant plus petites à proportion que les bronches le deviennent. Nous ne pensons pas qu’il faille distinguer les inferieures des supérieures.
Ces glandes sont connues de tous les modernes , depuis Malpighi. M. Winslow les met , avec quelques autres auteurs , au nombre des lymphatiques 3 il les appelle en général thorachiques.
On n’est pas d’accord sur leur usage j on a d’abord cru qu’elles separoient une liqueur propre à humecter la trachée. Leur situation favorise cette opinion , car comme la trachée a besoin d’être humectéTe vers sa bifurcation , il y a lieu de penser qu’elle l’est air moyen de ces glandes , qui sont pour les parties inférieures de la. trachée ce que les thyroïdes sont à la partie supérieure.
Les crachats noirâtres qu’on observœ souvent , et les liqueurs noires dont on a trouvé des trachées remplies , surtout dans les enfans nouveau -nés, ont semblé confirmer l’opinion dont il est question. N’est-il pas naturel de penser que* des glandes noires doivent séparer des liqueurs noirâtres : d’où viendroient-elles , si ces glandes ne les fournissoient pas? .
Il semble que cette preuve ait paru convaincante à M. Senac , dans ses Commentaires sur Heisfer. Nous n’avons que deux remarques à faire sur ce sentiment : 1®. Nous avons souvent trouvé la plupart des glandes qu’on nomme lymphatiques , aussi noires que celles qui sont dans la bifurcation de la trachée : falloit-il dire alors que toutes les lymphatiques séparoient une humeur noire ?
2". Il nous est arrivé , en soufflant dans l’azygos de quelques jeunes sujets , de faire sortir une liqueur noirâtre de leur trachée. Ne semble-t-il pas que cette humeur ait eu quelque rapport avec le sang qui étoit dans l’azygos ? Auroit-il été versé par cette veine dans la trachée , ou cette veine ne communiqueroit-elle avec la trachée d’un enfant que pour repomper l’humeur noirâtre qu’elle contient? On sait que Lancisi a parlé le premier de la communication de l’azygos avec la trachée. Ce sentiment se confirmera-t-il dans la suite.
Quoi qu’il en soit , nous avons vu un homme extrêmement enroué , qui ne crachoit presque point, et qui respiroit diificiîement , etc. Il mourut ^ hi cadavre fut ouvert 3 on trouva les glandes
ANATOMIQUES. 3ô()
bronchiques squirrheuses. Cette observation fait-elle quelque chose pour le sentiment dont il est question?
’iy a deux opinions oppose'es à celle dont on vient de parler : la première est celle des auteurs qiii pensent que les glandes bronchiques envoient leur suc ailleurs que dans la trachée ; la seconde , celle des auteurs qui croienÆpju’elles sont lymphatiques ou conglobées.
Verselloni a cru qu’elles séparoient une liqueur pour la verser dans l’oesophage par de très-petits tuyaux j Beister a trouv é des fibres assez apparentes , qui alloient de cette glande à l’œsophage * mais ces fibres étoient sans cavité , et n’admettoient point une soie de cochon^ d’où il conclut que la chose a encore besoin d’étre exarminée.
Lancisi a dit avoir démontré qu’elles séparent l’humeur péricardine ^ il a fait dessiner les conduits excréteurs, qu’il dit avoir trouves. Il n’y a eu personne encore qui ait soutenu son opinion depuis lui. On comâmence à être convaincu que l’humeur péricardine , comme celle des ventricules du cerveau , celle qu’on trouve quelquefois dans les cavités de la poitrine , du bas-ventre , dans celle de la tunique vaginale des testicules , dans les articulations et les interstices des muscles , n’est qu’un amas de cette vapeur qui baigne continuellement le corps ^ les viscères et les autres parties dont elle conserve la liberté , en les séparant et en les humectant.
Après cela , l’examen des glandes bronchiques n’est pas aussi aisé à faire qu’on le croiroit bien , en voyant la figure imaginaire de Lancisi. Avmuons cependant que , sans être prévenus pour cette opinion , nous avons cru entrevoir dans le bœuf les petits conduits de ces glandes , qui alloient du côté du péricarde. Étoit-ce des vaisseaux lymphatiques , qui se perdoieut des glandes au péricarde ? Ce qu’il y a d’assuré , c’est que ces vaisseaux n’étoient point noueux. Ceux qui sont exercés à examiner les parties par euxmêmes , éprouvent combien il est difficile de savoir à quoi s’en tenir sur des parties si délicates.
Enfin , les commentateurs de Boerhaave , M. Winslow et bien d’autres , assurent que ces glandes sont lymphatiques , et certainement si on fait attention à leur nombre , à leur distribution et à leur structure , qui est assez conforme à celle des autres lymphatiques , qui changent de couleur comme celle-ci.^ si surtout on remarque que les lymphatiques , qui sont très-abondantes partout ailleurs, mauqueroient dans la poitrine^ si celles-ci sont conglomérées , il faudra se rendre à l’opinion de ceux qui croient que les glandes bronchiques sont lymphatiques , à i^iôins qu’on ne sache bien pourquoi la poitrine en auroit moins que les autres parties.
Quelle que soit la nature de ces glandes , et quel que soit leur i usage , elles sont placées de manière qu’elles sont à l’abri de la compression. L’inspection exacte des parties convaincra de la vérité .dQ cette remarque.
î ÏO
§. LVI. Les glandes propres du cœur dans V éléphant , selon
** Dwernoj .
M. Duvernoj a dit avoir trouve dans le cœur d’un éléphant des glandes rougeâtres , qu’il a cru être destinées à séjDarer une humeur rouge , qui est du sang véritable , cruor.
Les partisans de la fermentation , Descartes , Sylvius et Vieussens , auroient été charmés de trouver dans ces glandes un réduit pour leur ferment.
L’observation de Duvernoy n’a pas été confirmée ^ on ne trouve des glandes ni dans le cœur de riiomme , ni dans celui des animaux que nous disséquons ordinairement.
On aperçoit quelquefois , dans la base du cœur du bœuf, de petits pelotons graisseux • il y en a de pareils le long des gros intestins qui ont été enflammés. Le sang accumulé dans un endroit battu et échauffé , peut-il transuder et communiquer sa couleur aux parties du voisinage , comme la bile ? Le péricarde et l’huinenr qu’il contient sont beaucoup plus rouges dans les sujets qui meurent de maladie inflammatoire que dans d’autres, etc.
îSoiis avons trouvé que les glandes bronchiques s’étendoient quelquefois vers la base du cœur dans l’homme ) savoir si Duvernoy n’aura pas trouvé quelques-unes de ces glandes bronchiques , ou bien de petits pelotons de substance cellulaire , ou de petits nœuds , ou des glandes , comme on en trouve quelquefois , non-seulement dans le tissu du cœur , mais- encore dans les muscles des cochons qui ont certaines maladies. Peut-être l’éléphant que Duvernoy a disséqué avoit-il quelque maladie. Du reste , il ne faut pas s’en rapporter à l’observation de cet anatomiste , jusqu’à ce qu’on l’ait examinée de plus prés.
Mais 011 ne doit pas conclure que ces glandes du cœur se trouvent dans l’homme , ou dans quelque autre animal que l’éléphant.
Quanta l’opinion de Duvernoy, sur la sécrétion d’ime humeur rouge et vraiment sanguine , qu’il croit se faire dans les glandes du cœur , on ne s’arrêteroit pas même à en parler , si on n’avoit vu des gens qui soutenoient cette opinion , et qui prétendoient trouver dans le suc , séparé dans ces glandes , un corps propre à donner au sang sa teinture rouge.
C’est ainsi que les hypothèses prennent naissance sur une simple présomption I On dira que tout ce qu’on a écrit jusqu’à présent sur la sanguification ne suffit pas ^ il faut trouver une teinture pour le sang j elle se forme dans les glandes de Duvernoy ^ elle se trouve à portée , et fort à propos.
Mais pourquoi des glandes pareilles à celles dont il est question ne se trouvent-elles pas dans l’homme , dans le bœuf et les autres animaux? Comment se fabrique leur sang ? Supposé qu’elles dussent être beaucoup plus petites , on les découvriroit toujours ^ on aperçoit des objets bien moindres que ne devroient être ces glandes , eu égard à la grosseur du bœuf et à celle de l’éléphant.
Dire qu’on doit attendre que cette découverte se fera , c’est s’en- ' gager dans des di5Cu.ssion5 au moins prématurées. C’est à la re-
ANATOMIQUES. iii
^îierche (ïe ces glandes que vous devez vous occuper , et non point à en déterminer les usages.
D’ailleurs d’où viendroit cette teinture particulière dans ces glandes? S’y forme-t-elle ? Pourquoi n’a-t-elle pas besoin d’étre teinte comme le sang ? pourquoi ne se forme-t-elle pas ailleurs ? Se sépare-t-elle dans ces glandes ? Où étoit-elle auparavant ? Faut-ii qu’elle souffre des élaborations , comme la l>ilc ? la semence , et quelque autre humeur ? On peut l’avancer , mais lorsqu’il s’agira de le prouver , on se trouvera arrêté si on est de bonne foi , à moins qu’on ne veuille que soutenir une opinion , comme dans les écoles.
Rappellera-t-oii à l’occasion de cette prétendue humeur rouge , le pigmentinn nigrum de l’œil dont on ne connoît pas l’origine , non plus que celle de quelques humeurs particulières qui se séparent dans certains poissons? Ce seroit là expliquer obscurinn per obscurius , et tout ce qu’on diroit ne serviroit tout au plus qu’à chagriner les physiologistes ordinaires , qui sont fort à leur aise avec leurs systèmes qu’ils ne veulent pas qu’on ébranle.
Le traducteur de Boerhaave et de Haller demande , au sujet de l’opinion de Duvernoy, comment dans l’espace d’une 7200® partie d’heure , il pourroit se séparer du sang même une liqueur d’une nature si différente de la sienne?
Ne pourroit-on pas répondre que , quoique le cœur soit perpétuellement en mouvenient , les humeurs ne vont pas extrêmement vite dans les petits vaisseaux de la glande ? Mais remarquons seulement qu’il semble que le traducteur de Boerhaave ait été embarrassé des mouvemens violens du cœur qui lui paroissent devoir détruire les fonctions d’une glande.
Avoueroit-on que ces compressions et ces secousses , ailleurs si nécessaires et si utiles, seroient nuisibles dans les glandes du cœur? C’est ainsi que la vérité échappe et se fait jour !
§. LVIL Le pancréas , ou la glande salivaire abdominale.
Le pancréas répond à peu près à la dernière vertèbre du dos, et à un pouce ou un pouce et demi au-dessus du nombril , ou eiir viron ^ il est beaucoup plus près de l’épine que des parois antérieures du bas-ventre ^ il est logé entre les lames qui forment le mésocolon , entouré d’une substance cellulaire , qui est souvent très-graisseuse dans la concavité de la courbure du duodénum , auquel il est adossé ) il est derrière la portion moyenne du ven-^ tricule qu’il ne touche pas ordinairement , derrière la veine-porte , comme suspendu ou couché sur la branche splénique de la céliaque qu’il suit jusqu’à la rate ^ du reste , il est assez près du foie du côté droit.
Il est glanduleux , grenu , d’un rouge fort pale , irrégulièrement triangulaire , plus ou moins gros et étendu dans les différenS'sujets. On l’a trouvé de trois, de quatre et de cinq onces, et quelquefois extrêmement gros.
Son conduit, découvert par Hoffmann dans le coq-d’inde , et par Virsungius dans l’homme, et qu’on a trouvé double, suit à peu près l’axe de la glande j il est mince , transparent , formé par
îiiille petits conduits qui viennent de tous les côtés , et qui rendent )e principal beaucoup plus gros du côté droit que du gauche. Ce conduit avance toujours dans le pancréas en serpentant , et les petits , qui sont comme des rameaux , vont en serpentant euxinemes ; de manière qu’un conduit pancréatique injecté, forme tine espèce de tige tortueuse , dont les rameaux qui partent à des distances 2>i’Osque égales , sont eux-mémes jjIus ou moins tortueux.
Le conduit principal entre ordinairement dans le duodénum avec le conduit cholédoque , c’est-à-dire vers le côté gauche de sa première courbure ^ il rampe ensuite dans les membranes de l’intestin , et va aboutir à l’intérieur , où il finit en manière de bourrelet plus ou moins arrondi.
Il arrive quelquefois que le conduit pancréatique fait sa route dans l’intestin sans s’unir au cholédoque ; on a trouvé de petits excrétoires qui s’échapjjoient de la grosse portion du pancréas , dont M. Winslow a voulu faire un pancréas particulier , et qui ailoient aboutir à l’intestin , sans se réunir au conduit principal.
L’artère splénique fournit principalement au pancréas, et ses veines vont aboutir à la grosse ramification de la veine-porte,’ qu’on nomme aussi splénique; les autres ramifications de la cœ-^ Laque et la mésentérique sujsérieure , donnent aussi au pancréas quelques petites ramifications , et il a des veines qui corresjjondent à ces artérioles. Cette glande a beaucou|3 de vaisseaux sanguins, comme toutes les autres ; les nerfs l’entourent de toutes parts; elle en reçoit des sjdéniques , des mésentériques, des hépatiques, et de toutes les expansions nerveuses qui ramj)ent le long de la cœliaque et des autres artères de ces parties.