‹ Œuvres complètes de BordeuChapitre 83 sur 96 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

Des précautions cjii il faut prendre pour V application des réglés proposées dans cet ouvrage y des exceptions à ces réglés ; du pouls des vieillards et de celui des enfans ^ de la maniéré de tâter le pouls ^ remarques sur les causes générales des cliangemens critiques du pouls.

bien connoître son état naturel : il est d’ailleurs nécessaire de savoir à quoi s’en tenir sur l’état naturel du pouls , pour distinguer ses différentes modifications dans les maladies : c’est ainsi que les fonctions ordinaires d’une j^artie sont exactement évaluées par les dérangemens auxquels cette partie est sujette , et réciproquement , qu’on juge des maladies d’une partie, par comparaison avec ses fonctions naturelles ou ordinaires.

On a remarqué, dans le chapitre premier , que le pouls parfait des adultes est médiocrement souple , plein , facile , libre , que ses pulsations sont bien distinctes , bien égales , forâtes sans être brusques , sensibles sans trop de plénitude et sans trop de mol'lesse ; cette définition mérite quelques considérations.

L’expérience journalière fait voir que le pouls de beaucoup d’adultes qui semblent jouir d’une très-bonne santé , n’a pas toutes les qualités énoncées dans cette définition ; mais il ne faut pas s’en laisser imposer par ces exemples ^ on peut assiiror que les adultes

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qui îi’ont point le pouls dans l’e'tat marqué dans la définition cidessus , ne sont pas aussi bien constitués qu’ils le paroissent , tû aussi sains qu’ils sont vigoureux : ils ont le pouls dérangé , ce dérangement suppose nécessairement un désaccord dans les fonctions (i).

La souplesse , V égalité y la liberté et la force modérée du pouls, sont nécessairement l’elfet de l’harmonie la plus parfaite qui puisse résulter des efforts réciproques et bien proportionnés de toutes les parties ^ ces qualités sont essentielles à la perfection ou au complément de la bonté absolue du pouls.

Quels que soient ces efforts réciproques des organes, quelle que soit la manière dont ils influent sur les mouvemens du cœur et des artères , il paroît bien certain que puisque les efforts extraordinaires de chaque organe excrétoire occasionnent dans le pouls, chacun leur modification particulière (ce qui est établi par les observations contenues dans cet ouvrage) , il doit arriver que les efforts naturels et combinés de tous ces organes produiront un changement pour ainsi dire mixte ^ ce changement tiendra de toutes les modifications ou de tous les caractères particuliers aux différens efforts des organes , sans qu’il y en ait aucun qui domine sur les autres.

Privé de toute irritation ou de toute impression particulière et dominante , le pouls parfait des adultes est seulement susceptible de toutes ces impressions particulières^ cetXe susceptibilité suppose une liberté et une indétermination qui ne peuvent se trouver que dans l’état de souplesse et dé égalité parfaite, \é égalité qui se trouve quelquefois dans le pouls dé irritation , suppose un embarras fixe et constant , un état gêné fort opposé à l’état de liberté , caractère essentiel an pouls parfait.

Des observations fort aisées à faire démontrent sensiblement ce qui vient d’être dit de \ indifférence du pouls parfait , et de l’aisance avec laquelle il se plie à toutes les modifications particulières à chaque excrétion.

On sent , en suivant de près les modifications du pouls d’un adulte bien constitué , que ce pouls prend aux approches de chaque excrétion , surtout de celle du ventre , qui est la plus sensible , les jiiodifications propres à cette évacuation^ il paroît même que si ce changement n’arrive point , le j)ouls pèche en, cela ^ il est trop dur y comme nous le dirons ci-après.

Semblable, à certains égards, au pouls simplement développé y qui annonce en général des évacuations , sans en indiquer aucune en particulier , le pouls parfait des adultes est disposé à prendre toutes sortes de modifications propres aux excrétions , sans en avoir aucune.

C’est en ce sens-là seulement qu’on peut dire avec Hérophile, que les mouvemens du pouls ont quelque rapport aux lois de la musique * mais si on vouîoit appliquer au pouls les règles de la musique, comme un moderne l’a entrepris, on ne manqueroit

(i) Voyez cbap. ’X-XV! , au sujet de la santé parfaite.

4i2 recherches

pas d’entrer dans des details pénibles , qui n’en seroient pas pour cela plus utiles ni mieux fondés.

Il est très-vrai que la marche naturelle du pouls peut être comparée , en général et en passant , aux accords qui résultent du mélange bien proportionné de plusieurs instrumeiis de musique; mais ce ne peut jamais être qu’une comparaison, qui n’a d’autre usage que de faire concevoir ce qu’il faut exprimer.

On poiirroit de même comparer la marche naturelle du pouls à celle d’un vaisseau dont tous les mouvemens particuliers sont combinés de manière à donner au vaisseau un mouvement liôre , égal, sui^i ^ au lieu que, si quelqu’un de ces mouvemens vient à dominer sur les autres, ou à manquer ,* l’équilibration qui résulte de l’ensemble de tous les mouvemens est dérangée. Epicure prétendoit que si la santé du corps se fait sentir particulière^ ment en quelques membres , elle nest pas générale.

Enfin , il étoit nécessaire , pour avoir un point fixe auquel on puisse rapporter toutes les espèces particulières du pouls , de considérer, comme existant dans la nature, le pouls qui a été appelé pouls parfait des adultes.

C’est ainsi que tout médecin doit nécessairement se faire une image de la santé parfaite, ou de l’assemblage complet de toutes les fonctions dans leur état de perfection : cet état de perfection n’est point dans la nature; c’est pourtant à cet état qu’un médecm rapporte toutes ses idées sur la santé de différens sujets, en jugeant qu’une santé est plus ou moins parfaite , suivant qu’elle approche plus ou moins du point de perfection , qui n’existe que daTis l’imagination.

Il ne faut jamais perdre de vue , en examinant le pouls des différens sujets, les causes ordinaires qui font sur lui des impressions marquées : ces impressions doivent entrer dans le calcul qu’on fait eu portant un jugement sur cette matière.

Le travail de la digestion change sensiblement la marche du ])ouls dans la plupart des sujets; il ne faut donc pas le juger définitivement pendant cette révolution. )

Or, ces changemens , produits dans le pouls par le travail de la digestion, ont un rapport très-marqué avec ceux que produit un léger accès de fièvre , c’est-à-dire que le pouls se serre d’abord , et/qu’il devient fréquent et assez égal : il se développe ensuite peu à peu, en demeurant un peu dur , et en conservant quelque chose du pouls stomacal ^ enfin , la digestion étant finie , et le chyle étant entré dans la masse des humeurs, le pouls devient plus plein , plus fort , fréquent , ce qui est suivi de l’état à’ aisance , de liberté et de douceur. Mais la marche du pouls de la digestion , qui vient d’être décrite, n’a lieu dans toutes ces circonstances que sur des sujets les mieux constitués : il ne faut donc pas la chercher dans ceux qui ont des maladies ou des incommodités habituelles.

En effet, ces incommodités font toujours quelques impressions sur le pouls , et lui donnent un caractère marqué à' irritation y ce caractère , que le mouvement de la digestion ne peut pas dé-

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truire , occasionne des complications particulières y c^est pour-

I quoi les pouls de différons sujets paroissent différons pendant le El temps de la digestion ; il est donc important d’avoir égard à l’esiii pèce particulière d^incommodité à laquelle peut être sujette une n personne , du pouls de laquelle on •veut juger pendant la digestion.

Il J a même plus , c’est que le rhj'thine particulier que prend î le pouls pendant la digestion , surtout vers sa fin , où le pouls ^ tend naturellement à se développer ^ ce riiytlime indique sou- } vent à merveille un embarras d’une partie ou d’un côté du corps , r auquel on n’auroit pas pensé en tâtant le pouls avant la digestion.

C’est ainsi qu’il arrive quelquefois que l’action d’un bain cbaud , J qui doit naturellement Jece/opper le pouls et le rendre plus plein après un certain temps, lui donne une modification particulière , lî dépendante de l’irritation de quelque organe, qui ne se rnontroit ;c pas dans le pouls avant qu’il eût été développé ^ ou du moins élevé a par l’action du bain.

C’est ainsi quelquefois qu’en tâtant le pouls à des malades qui

0 sont dans l’assoupissement , et même dans un état de crise , on 9 sent pourtant le pouls égal et non critique 'y au lieu que , si on T éveille le malade et qu’on occasionne par là quelque agitation il dans le pouls , on y découvre alors la modification critique domi- \i nante.

Les expériences journalières fournissent des exemples encore plus

1 singuliers ^ mais nous nous attachons ici seulement à l’exposition )] des phénomènes généraux , sans entrer dans des détails qui , lorsr] qu’on sera, convenu des principes fondamentaux contenus dans î: cet ouvrage, se déduiront assez facilement de ces principes.

Il y a dés sujets sur lesquels' les impressions du pouls, qui sont r la suite ordinaire de la digestion , ne paroissent pas sensiblement : 3: ces variétés ont toujours quelque raison particulière qu’on dé- ); couvre assez aisément.

On peut dire en général que ces espèces de pouls , dont la diges*li tion ni les autres fonctions ne dérangent pas la marche , sont >1 des pouls trop durs , trop forts ^ qu’ils n’ont pas la souplesse y la i\ mobilité , la v ariabilité convenables.

Le pouls doit sans doute avoir de la consistance , de la force et >1 de la teneur dans sa marche; mais il faut aussi qu’il puisse obéir J: aux différentes impressions des organes , sans être opiniâtrément

II fixé à un rbj'thme particulier , qui ne peut procéder que de jj quelque point constant d’irritation.

C’est à une pareille cause qu’il faut attribuer \ immutabilité rl du pouls de certaines personnes , dans lesquelles la marche même )l de la fièvre et les évacuations critiques des maladies ne font tout f; au plus que changer la fréquence du pouls y cette immutahilité : suppose une incommodité ou une maladie réelle , toujours reri inarquable par ses propres symptômes.

Ainsi les maladies lentes , anciennes , qui ont fait des progrès inîi sensiblement , ont ôté au pouls la liberté qui lui est nécessaire >i pour être susceptible des impressions faites ordinairement par les r; mouyemeus critiques. On voit , par exemple , des personnes cra-

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cher et moucher le sang , avoir le dévoiement ou des sueurs , sans que le pouls indique bien précisément ces évacuations : il y a de même des femmes qui ont leurs règles , sans que leur pouls se ressente de cette révolution : mais ces exemples sont assez rares ; tout cela dépend de l’espèce insensibilité survenue aux parties long-temps affaissées ou irritées, ou d’un état particulier et contre nature (i). Au reste , Solano , dit M. Nihell , ne prétend oit pas U que toutes les crises fussent constamment précédées par les » signes du pouls • car il en avoit observé quelques-unes qui n’ont » pas été ainsi annoncées ».

Ces remarques amènent naturellement les réflexions qu’il y a à faire au sujet des différentes espèces de pouls , dans les différons tempéramens. Il y a déjà long-temps qu’on a remarqué que les pouls sont différons dans les différons tempéramens ) ces j'hj-tlnnes particuliers du pouls sont des suites nécessaires de la disposition particulière des différons sujets , et prouvent évidemment que tous les tempéramens sont dus au plus ou moins de ressort , d’action ou de sensibilité qu’ont certains organes.

On pourroit réduire toutes les espèces de pouls des différons tempéramens en classes particulières , tirées de l’iiistoire du pouls donnée dans cet ouvrage. Les tempéramens sanguins ont évidemment le pouls tendant à la dilatation , au redoublement , à la force et à V égalité qui caractérisent le pouls supérieur : les mélancoliques ont presque toujours le pouls inférieur , plus ou moins serré , inégal, irrégulier , complicjué : les bilieux et les pituiteux ont beaucoup de rapport aux mélancoliques , par rapport au pouls. On pourroit donc diviser tous les pouls naturels et habituels en supérieurs ou inférieurs., simples , composés ou compliqués , etc.

C’est-à-dire que tous les sujets sont disposés de manière que les efforts des parties situées au-dessus du diaphragme , font plus d’effet sur leur pouls que les parties inférieures , ou réciproquement ; ou bien , que tous les sujets sont naturellement soumis à V action ou au département d’un organe particulier.

Les femmes fournissent , dans les différentes périodes de leur vie , un exemple frappant de cette influence d’un organe particulier sur le pouls 3 il est très-ordinaire d’en trouver de celles cj^uisont parvenues à peu près à l’âge de perdre leurs règles , dans lesquelles le pouls conserve habituellement , pendant plusieurs mois , et même des années entières , le caractère propre du pouls de la matrice , décrit dans le chapitre XII. Il est évident que dans ces cas , la matrice est dans une sorte d’action continuelle ; au lieu que cette action ne se montroit que par paroxysmes dans l’état de santé parfaite , et dans l’âge moyen.

Les femmes dont il est question , ont presque tous les avantcoureurs de l’évacuation critique , sans qu’elle ait pourtant lieu ; c’est ainsi qu’on trouve quelquefois , dans des incommodités purement nerveuses , les modifications critiques du pouls n’être point suivies de leur effet : on pourroit peut-être apj^eler ces sortes de

(i) Voyez le cliap. XXIII, au sujet du pouls non critique.

' SUR LE POULS. 4i5

crises, crises mancpiécs , crises nerveuses , crises sans matière ^ il. est niéîiie bon d’observer que lorsque les révolutions critiques du ! pouls se trouvent dans ces maladies nerveuses , il faut attendre un relâchement ou un changement notable de la maladie , pour le ; temps auquel on devroit naturellement attendre des évacuations.

Les filles qui n’ont pas encore eu leurs règles , et qui sont parvenues au temps de les avoir, ont encore souvent et pendant un 1 temps assez considérable , le pouls qui annonce la révolution men- * struelle; c’est-à-dire que l’action ou le travail propre à la matrice I se prépare de loin et peu à jieu.

L’usage apprendra à distinguer par le pouls le moment oii les règles doivent paroître dans les jeunes filles , et celui oh il faut s’attendre qu’elles ne reparoîtront plus dans les vieilles femmes.

C’est ici qu’il faut rappeler l’histoire de ces pouls qui sont habituellement plus ou moins dérangés , et éloignés des dispositions ordinaires : il s’en trouve qui sont presque toujours intermittens , irréguliers y inégaux ; il y a des personnes qui ont tonjours le pouls , pour ainsi parler , égaré , même dans le temps oh elles se : portent le mieux.

Une chose bien remarquable dans ces mauvais pouls habituels , qu’on peut appeler pouls faux on anomales , c’est que , quoiqu’ils i soient constamment tels dans l’état de santé , ils ‘ changent qiiel- I quefois et deviennent meilleurs y ou du moins plus égaux , mieux réglés dans l’état de maladie. Un pouls qui est naturellement et I depuis long-temps intermittent y ne l’est pas toujours , tandis que la fièvre subsiste y il ne le redevient que lorsque la fièvre disparoît.

(ées dérangemens nSitnYeXs du pouls, ces intermittences liabi-tuelles y sont l’effet de quelque dérangement organique^ .ils indi- I quent ou ils supposent une indisposition ou une maladie chronique , dont les effets sont suspendus , lorsqu’il s’y joint quelque maladie aiguë.

On peut avoir le pouls faux , comme on a la voix fausse: le cœur et les différentes ramifications artérielles peuvent être sujets à des tremblemens , des secousses , des spasmes habituels , tels que : ceux qui se trouvent dans les entrailles et dans les difïérens or- ! ganes musculaires. On peut avoir le pouls des deux côtés dilférens,

; comme les personnes louches ont les yeux différemment tournés.

Quoiqu’il y ait des personnes louches, l’état des yeux dans les : maladies n’en est pas moins une règle pour les médecins. Quoi- I qu’il y ait des voix fausses et dissonnantes , toutes les voix ordinaires n’en sont pas moins réduites en classes particulières. Quoi- [ qu’il y ait des gens qui tremblent naturellement, et dans la meilleure santé , les médecins ne font pas moins d’attention aux mouvemens convulsifs dans les maladies.

Quoi qu’il en soit , les pouls habituellement irréguliers ne sont jias critiques^ Solano l’a déjà remarqué ; cette remarque p’est pas plus opposée à la doctrine des pouls , que le sont au système de ceux qui font consister la fièvre dans la fréquence du pouls, les exemples tirés des personnes qui ont naturellement le pouls très-» fréquent , sans cependant avoir la fièvre.

4i6 RECHERCHES

Il faut enfin observer , eu égard à tous les diiférens tempérainens , que quoique leurs pouls paroissent peu semblables dans Fétat de santé , ils le deviennent sensiblement dans l’état de maladie , c’est-à-dire que la marche de la fièvre rend la plupart des pouls à peu près semblables , du moins par rapport aux modifications critiques ou symptomatiques dont ils sont'susceptibles.

La fièvre plie, pour ainsi dire, toutes les espèces de pouls naturelles à toutes les variations critiques ou symptomatiques y de manière que le pouls qui annonce , par exemple , les crachats critiques dans un sujet pituiteux , est semblable ou de la même espèce que celui qui les annonce dans un tempérament sanguin ^ ils ne diffèrent tout au plus que par le degré de force y ce qui n’en change point l’espèce.

Il est donc moins dilhcile de réduire les pouls des maladies en classes particulières , et de les ranger dans celles qui ont été exposées dans cet ouvrage , que de faire la même réduction par rapport au pouls , dans l’état de santé. *

On sera peut-être surpris que , dans tout le cours de cet ouvrage , nous n’ayons rien dit des palpitations de cœur : mais , premièrement-, il suit de ce qui vient d’être exposé dans le chapitre présent, que les palpitations ne sont qu’un symptôme d’une maladie chronique, qui dérange plus ou moins la marche ordinaire du pouls ; elles rentrent par conséquent dans l’histoire de ces maladies , et il faut en dire autant de certaines espèces d’asthmes convulsifs.

En second lieu , tout ce qu’on peut dire sur les palpitations se trouve exactement détaillé dans l’excellent Traité du Cœur , mis au jour par M. Senac , premier médecin du roi.

On dira encore qu’il est surjDrenant qu’il ne soit pas question dans nos Recherches des effets des passions sur le pouls, surtout après ce qu’on rapporte d’Erasistrate , qui connut au pouls la passion qu’Antiochus avoit pour Stratonice , femme de Séleucus , son père • et de Galien , qui connut de même , en tâtant le pouls , la maladie de Justa, femme de Boëce , consul, qui étoit amoureuse de Pylade.

A quoi nous répondons que les changemens particuliers produits dans le pouls par les effets des passions , regardent précisément les différentes espèces de pouls convulsifs : or , il est dit , dans le chapitre XXIII , que ce pouls convulsif xé est ni analysé , ni suivi dans cet ouvrage.

Le pouls des enfans et celui des vieillards méritent de§ considérations particulières : le premier est, comme personne ne l’ignore, extrêmement 7^ zyj et si peu développé , si peu /b/77ze, que ses changemens échappent au tact, ou n’existent peut-être point

clans les maladies , dont la marcbe n’est pas aussi bien marquée dans les enfans que dans les adultes. Les Chinois ne tâtent presque pas le pouls des enfans.

\d intermittence est , de toutes les modifications , la plus apparente ou la plus ordinaire dans les enfans : elle est fort fréquente eî de bien moindre conséquence que dans les adultes ; elle est

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SônVênt non cn/z<7i/e , à cause de l^état côni>ulsif doiîiiue” eîie êst quelquefois* critique lorsqu’il j a dans le pouls un certain degré de développement et dé inégalité : en général , le pouls des en fans échappe souvent aux règles contenues dans cet Ouvrage.

Le pouls des femmes , que les anciens ont remarqué être plus fréquent que celui des hommes, tient en Cela du pouls des enfans } il est pour la même raison tres^susceptible de différens change-^ mens, et plus variable que celui des hommes.

Le pouls des vieillards est quelquefois non critique , quoiqu’il paroisse critique : la vieillesse a ralenti et durci le pouls ^ elle lui a enlevé la souplesse nécessaire à ses révolutions critiques ^ ainsi , il faut beaucoup de circonspection dans l’application des règles proposées au pouls des Vieillards. /

Ces règles ne trouvënt jamais si peu d’exceptions que dans lé pouls des adultes naturellement bièn constitués ^ mais il ne faut pas désespérer d’assujettir un jour à des règles connues le pouls des enfans et celui des vieillards. On peut se flatter qu’on viendra à découvrir les raisons de leur singularité , au moyen des principes établis tant dans le chapitre présent ^ que dans tout le cours de ces ïlecherches^ ces principes acquerront par là des forces houvelles.

Il y a donc des précautions générales à prendre pour bien juger de l’état du pouls -, et pour saisir exactement tout ce qui regardé ses modifications ctitiqUes ét non critiques exposées jusqu’ici.

L’âge du sujet. Les modifications critiques du pouls paroissent en général moins dans les enfâns et dans les vieillards que dans I les adnltes : le pouls des filles qui sont dans l’âge de puberté , et ; celui des femmes qui sOnt à la veille de perdre leurs règles, tient ; toujours quelque chose du caractère propire au pouls de la matHce i i il faut faire les mêmes réflexions sur celui des personnes sujettes 1 aux héinOrrhoïdes ) je crois avoir observé que lorsque les enfans :i ont le pouls bien bien décidé , et semblable à celui des

J: adultes , ce n’est pas un bon signe pour leur constitution.

Les tempéramëns. Les tempéramens sanguins ont en général lé {■ pouls plus fort , plus disposé à devenir supérieur qoé les autres ): tempéramens. Cette disposition du pouls à devenir supérieur est K encore remarquable dans la Jeunesse ; au lieu que le pouls des vieillards , on celui des adultes , est plus disposé à être inférieur.

La digestion des alimens. Elle change la marche naturelle dii i pouls ; il ne faut pas le juger définitivement pendant la digestion.

Les temps des maladies. Le pouls est plus ou moins convulsif et non critique dans les commencemens des maladies , et surtout à 3| l’entrée des accès ou des redoublemens ; ce n’est point là le motr. ment de juger le pouls ; il faut attendre le fort et l’intervalle dés é redoublemens.

Les passions vives. Elles rendent en général lé petit , cou'^ a vulsif, non critique, quelquefois Xxesffbrt , irés^pressé ^ il inégal.

Les différens mouvemCns , la tOux , le bâillement j l’exérciee à i cheval ou en voiture , tout cela occasionne dans le pouls une sorte de constriction qui l’empêche de se montrer dans son étal

4i8 RECHERCHES

naturel, et avec la liberté dont il a besoin pour pouvoir être bien jugé : ces causes produisent sur le pouls des effets différens qui regardent les pouls convulsifs.

L’action des remèdes. Elle susj)end et elle masque pour quelques heures , et même pour des jours entiers , la marche du pouls ) les saignées , les purgatifs réitérés , et les lavemens dérobent quelquefois à la nature la matière des évacuations annoncées par le pouls : ( on ne dit j^as que ces évacuations artificielles suppléent aux naturelles).

Les maladies chroniques et compliquées. Elles croisent les efforts critiques du pouls, et le rendent tYes-complicjué , et difficile à caractériser.

Les maladies nerveuses , les maladies convulsives des femmes. Elles rendent le pouls variable, incertain , égaré , faux ^ c’està-dire que quoiqu’il semble d’abord critique ou excréteur, il ne l’est pourtant pas toujours.

Les pouls habituellement dérangés. Ils ne sont pas bien critiques : j’ai vu des bossus qui avoient le pouls habituellement pectoral.

La disposition organique du bras. Elle est telle quelquefois , qu’elle rend l’artère très-profonde , presque insensible ; il y a des personnes qui ont le calibre des vaisseaux très-petits • on en trouve dont l’artère du poignet paroît bifurquée , d’autres dont l’artère paroît former une sorte de bourrelet comme un petit anévrisme.

Les convalescences. Elles rendent quelquefois le pouls peu régur lier , peu constant, sujet à des variations qui semblent annoncer des évacuations critiques qui n’arrivent pas toujours , parce qu’il ii’y a point de matière , et que la maladie a épuisé les forces.

Toutes ces choses bien calculées et bien évaluées , mettent à portée de juger le pouls ^ or l’habitude donne à cet égard le moyen de vaincre des obstacles qui paroissent d’abord insurmontables ; ciinsi les signes tirés des differens mouvemens du pouls ne sont trompeurs et infidèles, comme bien des auteurs l’ont avancé, que pour ceux qui ne prennent pas les précautions nécessaires pour bien saisir ces signes.

1°. Il faut, en général , pour bien juger de l’état du pouls , le tâter à plusieurs reprises; il est rare que la présence du médecin n’occasionne d’abord quelque changement dans le pouls, qu’elle ne le rende plus élevé ou plus serré : les praticiens ne perdent jamais de vue le poijls qu’ils appellent le pouls du médecin.

2°. Il convient de tâter toujours le pouls du bras droit et celui du bras gauche, parce que les différences qui peuvent s’y trouver ne servent pas peu à en bien déterminer le caractère ; il y a des occasions où le tact du pouls des carotides, ainsi que celui des battemens des artères du bas-ventre, ou de l’artère du pli du bras , est nécessaire et fort utile.

3". Le bras de la personne à laquelle on tâte le j^oiils doit être , ainsi que les doigts , plutôt étendu que plié : c’est le moyen de donner à l’artère toute sa liberté. Le bras doit encore être appuyé sur toute fa longueur j et sur le bord qui répond au petit doigt.

On peut remarquer ici qu’il y a des gens qui , en tâtant leur propre pouls, le rendent intermittent y et le changent de differentes manières, en suspendant leur respiration par l’elfort de l’attention.

4*^. Le médecin qui tâte le pouls en sentira beaucoup mieux toutes les modifications en le tâtant avec deux ou trois doigts , l’indicateur et les suivans adossés l’un à l’autre , et disposés de manière qu’ils soient parallèles par leurs extrémités : ceux qui tâtent le pouls avec un seul doigt ne peuvent pas aussi bien juger des mouvemens de l’artère , surtout des vibrations de ses parois.

5®. Il est nécessaire de commencer par plonger un peu les doigts et de presser l’artère pour la bien sentir : il est Vrai qu’il faut livrer ensuite l’artère à elle-même , et la suivre ainsi dans toutes les positions dans lesquelles on peut la saisir , en comprimant l’artère, et en relâchant ou lui laissant sa liberté^ il est surtout bien important de ne pas la comprimer plus avec un doigt qu’avec l’autre ) il est même utile quelquefois de la suivre dans sa longueur , en montant du poignet vers le haut de I avant-bras , et en revenant ensuite vers le poignet (i).

6°. On se presse souvent trop en tâtant le pouls ^ il faut au moins sentir cinquante pulsations ou environ : les Chinois sont beaucoup trop lents dans cette opération • mais il y a des médecins en Europe qui vont un peu trop vite. Les commençans , et ceux qui veulent former leur tact et vérifier les observations contenues dans cet ouvrage , ne sauroient aller trop lentement. On a parlé avec admiration de l’adresse de Chariclès , médecin de Tibère , qui jugea de l’état du pouls de l’empereur en lui prenant la main comme pour la baiser, en se levant de table ^ il est certain qu’il y a des cas oii un connoisseur se décide sans se tromper, après trois ou quatre pulsations.

7°. La position du malade et celle du médecin ne sont point indifférentes , par rapport au tact du pouls ; s’ils sont l’un et l’autre dans une position gênée, certainement le pouls ou le jugement qu’on en porte peuvent s’en ressentir : la meilleure position j^our un malade auquel on tâte le pouls est d’être assis ou couché sur le dos , la tête un peu élevée , et non sur le côté , surtout sur celui dont on tâte le pouls.

On sait que Sanctôrius s’est vanté d’avoir fait un pulsiloge qui exprimoit les différens mouvemens du pouls ) mais on n’a d’ailleurs aucune connoissance de ce pulsiloge prétendu.

Il seroit vraisemblablement possible de faire un instrument qui' imitât les différentes modifications et les différens battemens du pouls : le bouton ou la sourdine placée dans les montres à répétition , pour battre sur le doigt , imite parfaitement certains redou-^ hlemens de l’artère , dans les battemens qui indiquent les demi^ heures et les quarts.

Le pulsiloge dont il est question dans le Chapitre II , et qui

(i) C’est sur eeqe manière de suivre l’artère de haut en bas , qu’est principalenient fondée la méthode des Chinois , qui ont partagé le hras en. plusieurs touches J ce qui mérite raUention des observateurs.

n’est qu’une sorte de pendule , a été imaginé à Montpellier , et n’est pas aussi commode qu’une montre.

Or, ce pulsiloge peut être propre à mesurer la fréquence du pouls, ou la quantité des pulsations; et il est à présumer, quoi qu’en puissent dire quelques médecins , qu’il y auroit bien des remarques à faire en examinant le pouls par cette méthode. Éloyer avoit fait un ouvrage fort embrouillé , qui avoit quelque rapport à ce qui regarde la fréquence du pouls dans les différens tempéramens.

. M. Senac , premier médecin du roi , a fait un grand nombre d’expériencespour déterminer , entre autres choses , la plus grande et la moindre fréquence que le pouls peut avoir, soit dans l’état de santé , soit dans celui de maladie. On conçoit qu’il seroit possible d’arranger en classes particulières toutes les fréquences qui existent éntre ces deux points fixes : il faut espérer que M. le premier médecin donnera un jour ses découvertes sur cette importante matière.

« Je sais , dit M. Nihell , combien on va faire de raisonnemens » dès qu’on aura vu ce traité , pour donner une infinité d’expli-

» cations différentes des causes des différentes espèces de pouls

» On ne peut attribuer ces phénomènes qu’aux nerfs; ils sont les » premières puissances mouvantes du corps , et les différens jdouIs )) proviennent d’une influence immédiate des nerfs sur le système » vasculaire ».

Chaque partie organique du corps vivant a des nerfs qui ont une sensibililé ^ une espèce ou un degré particulier de sentie ment : cette sensibilité fait la vie des nerfs ; elle est la suite nécessaire de leur constitution , de leur position et de leur modification dans le corps ou dans ses parties , lorsqu’elles ne sont pas entièrement jirivées des conditions sans lesquelles la vie ne peut ni se montrer ni exister ; la sensibilité est de différentes espèces, et en général plus ou moins apparente dans les différentes fonctions; elle se confond plus ou moins avec la mobilité ou la contractilité : les fonctions dans lesquelles le mouvement ou la niobilité se montre évidemment, ont moins de sensibilité ou ée sentiment ; au contraire, il n’y a que peu de mouvement ou de mobilité dans les fonctions qui ne s’exercent que par le sentiment ou la sensibilité.

Hippocrate disoit que toutes les parties d’un animal étoient inanimées : on dit qu’Épicure prétendoit que la mort étoit la cessation de la sensibilité ; la vie étoit donc, selon lui, la présence de cette même sensibilité. Tous les anciens philosophes et médecins ont pensé à peu près de même ; ils donnoient à chaque organe des facultés actives , des goûts particuliers : le stricturn des méthodiques , le mouvement tonique , le mouvement fibrillaire , le stimulus , l’irritation , l’agacement des nerfs , le spasme , la contractilité des modernes , tout cela explique à peu près la même idée; c’est-à-dire , ru;cfzV//é des nerfs, l’étendue de cette activité y une Vertu, une propriété, une disposition particulière que Glisson appeloit irritabilité , et qui revient à chaque iiistaui

SUR LE POULS. 42î

dans tous les ouvrages des praticiens , surtout des Solidistes , Wepfer , Baglivi , Hecquet ^ etc.

Les mouvemens du pouls dépendent sans doute de la sensibilité des nerfs du cœur et des artères : le pouls doit être mis dans la classe des fonctions dans lesquelles le mouvement est évident , et le sentiment moins évident. Chaque organe étant sensible à sa manière , et ne pouvant exercer ses fonctions , surtout d’une manière un peu forcée , sans faire quelque impression sur le genre artériel et veineux, ainsi que sur tout le genre nerveux, il est évident que chaque organe doit faire sur le pouls une impression particulière : cette impression sera presque insensible , comme dans l’état naturel , lorsque l’organe ne sera pas plus agité qu’à l’ordinaire ^ elle sera au contraire très-évidente , comme dans l’état d’un effort critique , lorsque l’organe sera gêné dans ses fonctions , et qu’il fera un effort extraordinaire.

C’est tout ce que nous dirons ici sur cette matière , sans entrer dans beaucoup de questions plus curieuses qu’utiles , qu’on peut proposer au sujet des causes , des différentes modifications critiques et non critiques du pouls : toutes ces questions sont du ressort de la théorie , et cet ouvrage est , comme nous l’avons dit au commencement , uniquement fondé sur la pratique : c’est une histoire ou un enchaînement de faits observés , dont les causes ne doivent être cherchées que lorsque ces faits seront généralement connus ; il sera surtout nécessaire de renoncer à des théories qui rendroient ces faits douteux, et qui s’opposeroient par là aux progrès de l’observation.

Ij’Ac ADÉMiE a sans doute jugé, en proposant un proLlème sur les écrouelles, que tout ce qui se trouve dans les auteurs, au sujet de cette maladie , ne sauroit suffire lorsqu’on veut procéder avec connoissance de cause , et d’une manière avantageuse pour les malades.

Il paroît qu’il n’y a rien de plus jtiste qu’un pareil jugement; peut-on voir en effet sans étonnement combien les auteurs s’accordent peu sur cette matière?

Il y en a qui se fixent sur le cours de la lune pour traiter les écrouelles; d’autres veulent les guérir en faisant boire le malade dans un crâne enterré trois fois, ou bien en lui faisant porter un lézard , un peu de racine d’aigremoine ou de celle de vervène pendue au cou ; d’autres enfin , en lui faisant toucher les parties malades par le septième mâle d’une famille , comme on le trouve dans bien des auteurs, qui ne sont pas même des plus anciens,' tels qu’un Gruelingius , un Mizault et Allen lui-même.

Ces prétentions étonnantes ne sont que le résultat da peu de connoissance que l’on a de la maladie ; elles sont une suite de l’ignorance que la superstition accompagne toujours de près : personne n’ignore combien celle-ci s’est glissée dans le traitement des écrouelles.

Il est vrai qu’il y a des médecins qui se sont formé un plan raisonné sur cette maladie. Galien et son école , Rondelet , Bâillon , Hecquet et bien d’autres ont proposé des traitemens méthodiques, qui indiquent au moins que ces grands hommes se mettoient au-dessus des erreurs poj)ulaires , sans se livrer au pur empirisme.

Il est vrai encore qu’il s’est trouvé de ces génies singuliers qui n’ont |)as fait façon de s’opposer aux idées ordinaires. Potier a avance en propres termes , qu il ne sauroit approuver ce que les médecins disent de la cause et de la génération des écrouelles .* on attribue , dit-il, leur origine à un certain mélange de pituite; mais ce nest rien dire ^ ajoute-t-il : Bâillon rioit de ceux qui promettent merveilles au sujet des écrouelles , et il dit que ce mal se moque d’eux ; Lommius prétend qu’il est tres-dijficile de guérir toutes sortes d’écrouelles ; et Rhazès n’avoit pu s’empêcher de s’écrier avant eux , que ceux cpd ont des écrouelles ne vivent pas en assurance. Qui ne sait que les tumeurs écrouelleuses passent communément pour l’opprobre de la chirurgie ?

Mais quels que soient les embarras que les différentes opinions, et les bévues même des auteurs font naître , il ne faut pas se re^ buter pour cela ; le pyrrhonisme seroit encore plus à craindre que rattachement servile à une méthode particulière.

Pourquoi douterions-nous de la sincérité de bien des boinnies respectables qui ont travaillé sur cette matière? Pourquoi ne pas s’en rapporter , par exemple , à Riiland , qui assure avoir guéri des écrouelles avec son baume et son huile de soufre; aiiïsi qu’à Lotichius qui en a guéri par le seôours des ventouses , des pilules céphaliques et des emplâtres ; de même qu’à Tragus , qui en a guéri par la ligature?

Pourquoi ne pas compter sur ce que Chauliac , Fuschius, Fumanellus , Bâillon , Etmuller , et plusieurs autres assurent sur Futilité des purgatifs réitérés dans cette maladie? U y a des assertions de certains auteurs qui font , pour ainsi dire , une sorte de loi.

On est même obligé de s’en rapporter jusqu’à un certain point à quelques observations particulières et détachées ; ainsi on peut assurer que Pline ou ceux qu’il copioit , avoient quelque raison pour avancer que l’os de la queue de la raie est bon pour les écrouelles ; de meme qu’Oribaze , qui recommande la chaux vive avec le miel, et que Panaroîe, qui fait grand cas des feuilles d’aloës pilées et appliquées sur la partie ; ainsi que Gumanus, qui vante les feuilles de pêcher; enfin comme Fuller, qui met la décoction des fleurs de tussilage au rang des spécifiques pour les écrouelles.

Ces observations ne doivent certainement pas servir de règle générale ; mais elles peuvent trouver leur aipplication dans un système complet , tel que celui qu’on veut tâcher de trouver.

Cette découverte seroit toute faite , si on pouvoit s’en rapporter à des gens que rien n’arrête , et qui avancent simplement et avec beaucoup de confiance , comme Dionis , quon guérit les écrouelles par un bon régime de vie , et par les remedes tant généraux que particuliers , comme la panacée ^ une opiate fondante j et l’application de V emplâtre de Vigo.

S’il ne falloit que suivre cette méthode , le traitement seroit aisé ; mais il y a peu de fond à faire sur de pareilles promesses et sur ces sortes de règles générales : on l’éptoiive lorsqu’on en vient à leur application. L’Académie l’a très-bien senti , et ses doutes marquent assez sur quel pied il faut prendre certaines propositions hasardées, qui n’en imposent qu’à ceux qui n’ont aucune sorte d’expérience.

Il s’agit de profiter des lumières de ceux qui nous ont précédés , et même de leurs fautes, s’il se peut; il est important de joindre nos propres observations aux leurs; c’est le moyen de remplir les vues de l’Académie.

Ainsi mettant à part toutes les ridicules histoires que l’ignorance a répandues sur le traitement des écrouelles , et qui sont marquées au coin de la superstition ; profitant des opinions des médecins systématiques autant que des reproches que les plus sévères praticiens leur ont fait ; et enfin rappelant les remarques précieuses des sages observateurs, sans montrer trop de confiance pour ceux qui passent trop légèrement sur des matières fort épineuses, nous tâcherons d’éclaircir une question aussi embrouillée par elle-même que par tout ce qu’on en a dit.

INotre plan est simple , il est pris dans la nature^ il se réduit k un enchaînement de faits et d’observations que l’on éclaircira les uns par les autres , en les liant autant qu’il se pourra , de façon que les discussions purement théoriques soient la moindre partie de l’ouvrage,

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