‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 124 sur 149 · X: JOURNÉE · texte numérisé non relu

X: JOURNÉE

Joie pleine et parfaite d'obéir par amour, et non par crainte. Joan., xv, 11; I Joan., 1v, 18.

« Je vous ai dit toutes ces choses, afin que ma joie demeure en vous, et que votre joie soit accomplie!: » qu'elle soit pleine et parfaite. Vous verrez à quoi il vous prépare par cette abondance de joie; et il parle ici convenablement de la joie, aprés avoir parlé de l'amour. Car il n’y a que le vrai amour qui puisse donner de la joie. « La terreur a de la peine ?, » dit saint Jean : elle n'a done point la joie. D’où vient la joie, si ce n'est d'aimer ? Car qui aime veut plaire et met là sa joie. Et quand il a trouvé le secret de plaire, il jouit du fruit principal de son amour. Vous plaisez, quand vous obéissez par amour: car c'est là ce qu'aime Jésus-Christ. Lorsque son Pére s'est déclaré que son Fils lui plaisoit et qu'il mettoit en lui ses complaisances, c'est qu'il voyoit que l'aimant, il aimoit à lui obéir et que c’étoit là sa joie. Aimez donc aussi : « Délectez-vous dans le Seigneur? : » aimez, cherchez à lui plaire et mettez là votre joie comme votre gloire : alors votre joie sera accomplie, elle sera parfaite comme votre amour.

« Afin que ma joie demeure en vous. » Quelle est ma joie? D'obéir, et d'obéir par amour. Ma joie sera donc en vous, quand vous aimerez et que vous obéirez: « Et votre joie sera accomplie. » Qui n'aimeroit un Sauveur, qui ne nous promet qu'une sainte et parfaite joie par un saint et parfait amour?

! Joan., XV, 11. — ? 1 Joan., 1v, 18. — * Psal. xxxvi, 4.

SERMONS DE NOTRE-SEIGNEUR, XIe JOURNÉE. 559

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XI JOURNÉE

Mystère, précepte de la croix; amour du prochain, donner sa vie pour lui, comme Jésus-Christ. Joan., xv, 12, 13.

« Le commandement que je vous ai donné est que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. Personne ne peut avoir un plus grand amour, que de donner sa vie pour ses amis !, » Voilà la croix qui se déclare; mais pour lui ôter toute sa rudesse , elle se déclare par le précepte de l'amour. Jésus-Christ a aimé : et il a donné sa vie. Aimons de méme et Jésus-Christ et en lui nos frères, que l'amour qu'il a pour eux nous doit rendre chers.

Quelle misère étoit la nôtre, lorsqu'il a fallu pour nous en tirer la mort d'un tel ami! Quel crime étoit le nótre, lorsque pour l'expier il a fallu une telle victime, et pour le laver un sang si précieux ! De quel amour nous a aimés celui qui nous a achetés à ce prix ?

« Pour ses amis: » c’est ainsi qu'il nous appelle, pendant que nous étions ses ennemis; mais il étoit ami de son cóté, puisqu'il donnoit son sang pour nous racheter. Ecoutons saint Paul, le digne interprète de cette parole du Sauveur : « Pourquoi est-ce que dans le temps que nous étions malades » et dans le péché, « Jésus-Christ est mort pour les impies? À peine trouve-t-on quelqu'un qui veuille mourir pour les justes; peut-étre pourtant qu'il se trouveroit quelqu'un qui le feroit. » Mais lui, il est mort pour les impies, c'est-à-dire « pour nous » tous; et « c'est en cela qu'il fait éclater son amour, en ce qu'il est mort» pour des ennemis, « pour des pécheurs ?. »

Voilà donc quel ami nous avons trouvé en la personne de Jésus- Christ. C'est un ami de ses ennemis, un ami qui nous a aimés lorsque nous lui faisions de toutes les forces de notre ame et de notre corps une guerre perpétuelle. Comprenons donc l'immen-

t Joan., Xv, 12, 13, — ? Rom., v, 6-8.

sité de son amour, en ce qu'il nous a aimés étant ennemis. Mais saint Paul sur ce fondement pousse plus loin : « Si lorsque nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés par la mort de son Fils, à plus forte raison étant réconciliés, nous serons sauvés par sa vie !, » S'il a été notre ami jusqu'à donner sa vie pour nous, pendant que nous étions ses ennemis, combien plus le sera-t-il après que l'amitié étant réconciliée de part et d'autre, on est ami de deux côtés!

Mais que conclut de là le méme saint Paul? Qu'ayant un tel ami, nous n'avons rien à craindre. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? s'il n'a pas épargné son Fils, que nous pourrat-il refuser? et comment nous l'ayant donné, ne nous donnera-t-il pas en lui et par lui toutes choses? Qui aecusera les élus de Dieu? C'est Dieu quiles absout et les justifie. Qui les condamnera? C'est Jésus-Christ qui est mort pour eux; qui non-seulement est mort, mais qui est ressuscité, qui est monté aux cieux et a pris sa place à la droite de son Père, et qui intercède pour eux *.» Il n'y a rien à ajouter à ce commentaire de saint Paul: nous y entendons parfaitement tout l'amour que nous devons à celui qui nous a aimés étant ses ennemis, jusqu'à donner sa vie pour être notre Rédempteur, notre Sauveur, notre intercesseur; et il ne reste qu'à conclure avec le méme apôtre, « que ni l'affliction, ni la persécution , l'épée et la violence, ni la vie, ni la mort, ni les maux présens, » ni tous ceux que nous avons à craindre, « ni le ciel» quand il seroit conjuré contre nous, « ni l'enfer » quand il lâcheroit contre nous tous les démons et enverroit contre nous toutes ses peines, « ni quelque autre chose que ce soit, ne sera capable de nous séparer de Jésus-Christ ?. »

Voilà le précepte et le mystère de la croix dans toute son étendue, en le commencant par Jésus-Christ et le finissant par nous.

C'est là aussi qu'est renfermé le précepte de la charité fraternelle, qu'on est obligé de pousser jusqu'à mourir pour ses frères, selon ce que dit saint Jean, autre interpréte admirable du précepte de la charité : « En cela nous connoissons l'amour de Dieu,

i 4 Rom., V, 10. — ? Rom., virt, 31 et suiv. — 3 Rom., vir, 35, ete., jusqu'à la fin du chapitre.

SERMONS DE NOTRE-SEIGNEUR, XIe JOURNÉE. 561

parce qu'il a donné sa vie pour nous, et nous devons aussi donner notre vie pour nos fréres!. » Autrement nous n'observons pas le commandement d'aimer comme il a aimé, c'est-à-dire jusqu'à donner sa vie.

Le précepte de la croix est done encore dans la charité fraternelle ; et quoique l'occasion de donner sa vie pour son frére soit rare, néanmoins l'amour fraternel sera dans la croix, si nous pratiquons ce que dit saint Paul, « de ne nous regarder pas nousmêmes, mais ce qui est de l'intérét des autres?. » Ainsi l'amour fraternel sera un sacrifice continuel, non-seulement de son ressentiment lorsqu'on croit étre offensé, mais méme sans avoir aucun sujet de plainte, de son humeur, de son intérêt, de son amour-propre, et c'est à quoi nous oblige l'amour fraternel. Et si nous devons sacrifier ce qui nous touche le plus au dedans de nous, combien plus les biens extérieurs, et comme les appelle saint Jean, «la substance » et les richesses « de ce monde ??» Celui qui s'épargne sur cela , quoi qu'il dise, n'est pas chrétien; et «s’il dit qu'il aime son frère, c'est un menteur. Il ferme ses entrailles sur son frère, et l'amour de Dieu n'est pas en lui“. Aimons donc, non point en parole, mais en effet et en vérité 5, » selon le précepte du méme Apótre. Et afin que notre aumóne soit un sacrifice, ne jetons pas seulement un superflu qui ne coüte rien à la nature, mais prenons quelque chose sur le vif, en sorte que nous souffrions pour notre frère : car ce n'est pas beaucoup faire de souffrir pour lui, puisque nous devons étre disposés, selon le précepte du Sauveur, à donner pour lui jusqu'à notre vie.

Mais avant que de passer outre sur le précepte de la charité du prochain, entendons selon l'explication de Jésus-Christ dans la parabole du Samaritain 5, que le prochain est tout homme; et que le précepte de nous aimer les uns les autres, bien qu’il regarde spécialement les fidèles participans de la même foi et cohéritiers du méme royaume, embrasse tout le genre humain, à cause qu'il est appelé à la même grace. Cela posé, continuons.

1 [ Joan., tir, 16. — ? Philipp, Yt, 4. — 3 I Joan., ti, 17. — * Ibid., 1v, 20, — $ Jbid., 111, 11, 18:— 6 Luc., x, 90,91. |

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XII JOURNÉE

Motifs de l'amour fraternel , les fidéles ; les élus sont amis de Jésus:

. Lisez attentivement les versets 14, 15, 16, 17. C’est encore une puissante insinuation du. commandement, de l'amour que nous nous devons mutuellement. Jésus-Christ nous tourne de. tous cótés pour nous obliger à aimer nos fréres par toute la tendresse qu'il a eue pour nous.

Il nous.explique premièrement, qu'en gardant ses commandemens, nous deviendrons non point seulement ses serviteurs et, ses sujets, mais encore ses amis. Nous sommes naturellement sujets de. Jésus-Christ, qui est le Roi des rois et le Seigneur des. seigneurs, par qui tout a été créé, et rien n'a recu l'étre que, par lui. Mais outre cette premiere dépendance qui n'a point de bornes, il nous a acquis par son sang ; et nous sommes ses esclayes, parce quil nous a achetés par un si grand prix. Mais quoique nous soyons tels, sujets, serviteurs, esclaves, il ne nous traite pas comme t mais comme amis : et la raison de cette différence c'est que le serviteur et le sujet n'a que la simple exécution de la volonté de son maitre, sans en savoir le secret. Mais Jésus-Christ nous révèle autant qu'il nous est convenable la raison de ses conseils, qui n'est autre que l'amour qu'il a pour nous jusqu'à donner sa. vie pour notre salut et pour nous faire ses cohéritiers : et tout lefruit de cet amour, c'est que nous nous aimions les uns les autres et. que nous. gardions ce commandement principal de la loi nouvelle, non par crainte et d'une maniere servile, mais en amis qui aiment à faire la volonté de celui qui se déclare leur ami étant leur maitre. C'est la première raison de notre Sauveur.

.La seconde n'est pas moins forte : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis !. » Il semble parler ici principalement de ses apôtres; mais en général, puisque ce n'est pas seulement les chefs du troupeau, mais le troupeau tout entier

1 Joan., xv, 16.

SERMONS DE NOTRE-SEIGNEUR , XIIe JOURNÉE. 563

quil oblige au commandement de la charité fraternelle, l'élection d’où il l'infere doit être commune. Et lorsqu'il dit dans la suite : « Je vous ai choisis du milieu du monde, » et je vous en ài séparés, il parle visiblement à tous les fidéles. En effet il a choisi non-seulement les apótres, mais tous les fidéles; et c'est là l'effet le plus sensible de son amour, qu'il nous ait choisis un à un, par pur amour, par pure bonté : non parce que nous avions porté du fruit, mais afin que nous en portassions; en sorte que le fruit que nous portons est l'effet, et non le motif de son choix. Mais la récompense qu'il nous demande d'un amour si pur et d'une bonté si gratuite, c'est que nous aimions nos fréres aussi purement qu'il nous a aimés lui-méme , sans aucun mérite de leur part et sans attendre qu'ils nous préviennent, mais en les prévenant en tout et toujours pour l'amour de Jésus-Christ , qui nous a prévenus en toutes manières par sa grace.

Etil est vrai qu'il à prévenu singulièrement les apôtres, afin qu'ils allassent par toute la terre y porter son Evangile; et que leur prédication ait non-seulement un grand fruit par la conversion de tous les peuples, mais encore que ce fruit demeure toujours et que l'Eglise qu'ils établiront soit immortelle. Mais ces paroles ne laissent pas aussi de regarder chaque fidèle, puisque tous doivent aussi en ällant et conversant sur la terre, porter de grands fruits qui demeurent pour la vie éternelle. Or ce n'est pas nous qui l'avons choisi : «ear qui est eelui qui lui a donné le premier 5, » et qui s'est attiré sa grace en le prévenant? C'est lui qui nous choisit et nous prévient : c'est lui qui nous à trouvés ennemis et nous a faits amis : c'est lui qui nous a aimés avant que nous l'aimassions ou que nous pussions l'aimer, puisque c'est lui qui nous a donné l'amour dont nous l'aimons: ce qu'il ne peut avoir fait que par amour. Il n'est done pas prévenu : il nous prévient, et nous prévient à chaque moment, nous continuant là grace par laquelle il nous a prévenus la première fois. Et encore qu'un effet de cette grace prévenante soit de nous attirer les graces qui suivent, s'il nous traitoit rigoureusement selon nos mérites et qu'il voulüt punir toutes nos infidélités, combien de

1 Rom., XI, 33.

fois seroit-il forcé à nous soustraire les graces auxquelles nous ne répondons pas assez ! Et bien loin d'y répondre par une humble reconnoissance, nous nous enorgueillissons de ses dons, que nous nous approprions à nous-mémes, comme s'ils nous étoient dus et en faisant (a) la pâture de notre amour-propre. Et qui seroit celui qui pourroit dire: J'ai le cœur pur; je ne suis point ingrat envers Dieu; je lui rends l’action de graces qui lui appartient, et ne sors jamais de sa dépendance? Ce n’est pas là ce que nous dit notre conscience : elle nous dit, que ni nous ne prions comme il faut, ni ne sommes assez soigneux de marcher fidélement dans ses voies. Qui donc pourroit se plaindre, quand il nous retireroit ses dons? Mais il continue à nous prévenir malgré nos ingratitudes et nos négligences : et s'il accorde la persévérance à nos prières, il nous accorde premièrement la persévérance à prier, par laquelle nous obtenons la persévérance à bien faire. Et la,récompense qu'il veut tirer d'un amour si gratuit, c'est que nous aimions nos fréres aussi purement et aussi gratuitement qu'il nous aime, sans que notre amour se ralentisse par leur froideur, par leur négligence, ni par leurs injures, puisqu'au milieu de tant d'injures qu'il recoit de nous, il nous aime.

Et la raison qui l'oblige à réduire toute la pratique de la vie chrétienne à cet amour mutuel, est premièrement que ne pouvant lui faire aucun bien qu'en la personne de nos frères qui sont ses membres, c'est là aussi qu'il veut recevoir le fruit de notre reconnoissance et celui de son amour, conformément à ce qu'il dit : « Toutes les fois que vous faites du bien aux moindres de ces petits, » à celui-ci et à celui-là, qui sont petits à vos yeux et grands aux miens, puisqu'ils sont mes membres, « c'est à moi que vous le faites '. »

Et la seconde raison c'est, comme dit l'apótre saint Paul, « que celui qui aime son frère accomplit la loi?, » qui est renfermée tout entière dans le précepte de la charité. Car tous ces préceptes : « Vous ne tuerez pas : Vous ne déroberez pas : Vous ne convoiterez pas la femme d'autrui , ni sa maison , ni son serviteur,

1 Matth., xxv, 40, 45. — ? Rom., xii, 8, 9.

(a) Pour : Et en en faisant...

SERMONS DE NOTRE-SEIGNEUR, XIIIe JOURNÉE. 565

ni sa servante , ni son bien, en quelque manière que ce soit ! : » vous ne corromprez point dans les autres la chair que Jésus-Christ y a sanctifiée, ou qu'il a destinée à la sainteté ; et vous ne la sacrifierez point à votre plaisir : tous ces préceptes « sont renfermés » dans celui de l'amour fraternel?, qui ne pouvant étre accompli comme il faut, s’il ne vient de la source de l'amour de Dieu , il s'ensuit que tout est compris dans l'amour fraternel , dans lequel par conséquent est tout l'objet des désirs de Jésus-Christ , puisque c'est là aussi qu'est tout l'abrégé de la justice chrétienne.

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XIII JOURNÉE

Ils servent Jésus-Christ comme ses amis, à qui il découvre tous ses secrets. Joan., xv, 15.

« Le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. » On lui dit ce qu'il a à faire sans s'expliquer davantage ; mais ce bon Maitre, qui est Jésus-Christ, non content d'exiger de nous une simple exécution, nous découvre tout ce qu'il fait, d’où il vient et où il retourne : pourquoi il est venu au monde : quels biens il y est venu apporter aux hommes : l'étroite union qu'il est venu contracter avec eux, la grace qu'il leur a voulu faire de se les unir comme les membres le sont à la téte et les branches à la racine, le divin secret de tout impétrer par l’interposition de son nom, les secrets motifs de ses préceptes, et les autres choses qui lui font dire : «Je vous ai appris ce que j'ai appris de mon Pére?. » Car je vous ai découvert, dit-il, les merveilles de sa bonté prévenante et la grace qu'il vous a faite en vous donnant son Fils unique, dele donner pour vous àla mort. Et afin que vous fussiez capables d'entendre les secrets du royaume des cieux, je vous les ai exposés dans des paraboles et similitudes tirées des choses humaines, par condescendance pour vous les rendre sensibles. Et de peur que ces paraboles ne fussent pour vous des énigmes plus capables de vous étourdir que de vous instruire, ainsi qu'il est

1 Exod., xx, A1. — ? Rom., XIII, 9, 10. — ? Joan., xv, 15.

arrivé aux Juifs en punition de leur orgueil, je vous les ai expliquées en ami, avec une familiarité et une bonté qui ne vous a rien laissé à désirer. Voilà ce que Jésus-Christ a fait pour nous : il a voulu que nous gardassions ses commandemens., non en vils esclaves, à qui on dit seulement ce qu'ils ont à faire sans leur donner la consolation de savoir pourquoi, mais avec connoissance, afin de les accomplir d'une manière plus parfaite , plus agréable, plus proportionnée à la condition de la créature raisonnable. C'est pourquoi il nous a appris des eonseils de Dieu et des siens tout ce que nous en pouvions porter. Entrons donc volontairement et librement dans les desseins de Jésus-Christ et obéissons, non par force, mais avec plaisir, comme des personnes instruites et qui savent les raisons de ce qu'on leur demande : entendons bien que tout ce qu'on nous demande, c'est la raison méme, parce que c'est une sagesse aussi bien qu'une bonté infinie qui a digéré tous les préceptes et tous les conseils dont on nous propose l'observance. O le plus aimable de tous les maîtres! O la plus sainte, la plus sage et la meilleure de toutes les lois! Mon Dieu, j'aime votre vérité, votre équité, votre droiture; et en tout cela j'aime Jésus-Christ qui est tout cela, sagesse , justice , droiture, équité, parce qu'il est la vérité et la bonté, méme : Fils très-bon d'un Père trés-bon, et avec lui principe du très-bon Esprit qui nous guide à tout bien.

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