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LXV* JOURNÉE
Les élus aimés de Dieu en Jésus-Christ , comme ses membres et ses images. Joan., xvi, 25, 26.
« Ceux-ci (les apôtres qui étoient présens et en leur personne toute la société des enfans de Dieu qu'ils représentoient), ont connu que vous m'avez envoyé, et je leur ai fait connoitre votre nom (comme il a été déjà expliqué, vos grandeurs, vos conseils, ce nom de Père); et je le leur ferai encore connoitre davantage, afin que l'amour que vous avez pour moi soit en eux et moi aussi en eux ?. »
1 Rom., 1, 20, — ? Ibid., 22. — 3 Rom., x, 2, 3.— * Rom., x1, 32-36. — 5 Joan, XVIL, 25, 26.
Voilà, dans la conclusion de la prière de Notre-Seigneur, le dessein de tout le reste, et en particulier le dénouement de ce que nous avons vu au verset 24. C'est ce qu'il nous faut considérer avec attention et avec respect, comme la chose du monde qui nous doit le plus donner de consolation. Car c'est ici la dernière marque de la tendresse de Jésus-Christ.
« Je suis en eux !:» ils sont mes membres vivans: ce sont d'autres Jésus-Christ, d'autres moi-même : ils ont en eux son esprit, qui fait que la doctrine de Jésus-Christ reluit dans leur vie, qui les rend semblables à lui; qui les rend doux, humbles, patiens, tranquilles dans le bien et dans le mal, soit que le monde les estime ou les méprise, soit qu'il leur fasse part de ses honneurs ou de ses rebuts; soit qu'il les invite pour ainsi dire à ses festins, comme il y a invité Jésus-Christ, ou qu'illes attache à la croix comme à la fin il y a mis le méme Jésus. En tout cela, l'esprit de Jésus qui est en eux, comme dans ses membres vivans, les rend semblables à lui et leur fait suivre ses exemples : en sorte qu'on voit en eux la vie et la mort de Jésus-Christ : la vie, parce qu'ils marchent sur ses pas; la mort, parce qu'ils portent l'empreinte de sa croix, et comme parle saint Paul, « la mortification de Jésus ?. » Ainsi le Père éternel ne voit en eux que Jésus-Christ : c'est pourquoi il les aime par l'effusion et l'extension du méme amour qu'il a pour Jésus-Christ méme; et cet amour, en les embrassant comme les images, comme les membres de son Fils, répand sür eux la méme gloire que Jésus-Christ a recue en conséquence de ce qui étoit dü à sa grandeur naturelle en tant que Dieu, et à ses souffrances en tant qu'homme : qu'y a-t-il à désirer davantage? Jésus-Christ méme n'a rien de plus à nous donner. C'est pourquoi aprés avoir prononcé avec une tendresse infinie ce grand et bienheureux mot, il met fin à sa prière: et il ne lui reste plus qu'à partir pour la consommer par son sacrifice.
On peut donc voir maintenant tout le dessem et toute la suite de cette prière : il commence par demander que son Père le glorifie, et cette glorification se termine à nous en faire part; en sorte que la perfection de la glorification de Jésus-Christ soit dans
! Joan., xvii, 26. — 2 IL Cor., 1v, 10.
SERMONS DE NOTRE-SEIGNEUR, LXVIe JOURNÉE. 651
la nótre: ce qui nous unit tellement à lui, que le Pére méme ne nous en sépare point dans son amour. Aprés quoi il faut se taire avec le Sauveur, et demeurant dans l'étonnement de tant de grandeurs où nous sommes appelés en Jésus-Christ, n'avoir plus d'autre désir que de nous en rendre dignes avec sa grace.