IV LES MÉDITATIONS
En envoyant les Méditations aux religieuses de la Visitation de Meaux, Bossuet leur fit tenir la lettre suivante :
« Je vous adresse, mes Filles, ces Réflexions sur l'Evangile, comme à celles en qui j'espére qu'elles porteront les fruits les plus abondans. C'est pour quelques-unes de vous qu'elles ont été commencées; et vous les avez recues avec tant de joie, que ce m'a été une marque qu'elles étoient pour vous toutes. Recevez-les done comme un témoignage de la sainte affection qui m'unit à vous, comme étant d'humbles et véritables filles de saint Francois de Sales, qui est l'honneur de l'épiscopat et la lumière de notre siècle. — Je suis dans le saint amour de Notre-Seigneur, mes Filles, votre très-affectionné serviteur. t J. Bénigne, évéque de Meaux. — A Meaux, ce 6 juillet 1695. »
Les Méditations étoient donc terminées dans le milieu de l'année 1695, et les Elévations le furent bientót aprés. ^
Dans la maladie qui le ravit aux lettres, à la science, à l'Eglise, pendant quinze mois de souffrances, il lit sans cesse, non-seulement les Livres divins !, mais aussi les E/évations et les Méditations: il corrigeoit avec soin ces deux ouvrages, vérifiant les interprétations des Ecritures et la concordance des faits évangéliques, mélant aux considérations de la science les plus ardentes effusions de la prière et de la piété, ajoutant quelquefois et le plus souvent effacant ?. «Ce fut là, dit un témoin de sa ferveur; ce fut là sa consolation et sa joie dans les souffrances; il y trouva un avant-goüt du bonheur éternel. »