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XXXII JOURNÉE
Les pauvres et les infirmes sont les conviés au festin. Forcez-les d'entrer. Matth., xx, 8, 9; Luc., xiv, 21, 23.
« Le festin est prét: mais ceux qui y étoient invités n'en ont pas été jugés dignes : » où trouvera-t-on des convives? « Allez dans les coins des rues et amenez-moi tous ceux que vous trouverez *, les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux * : Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs*,» Les pha-
1 Luc., xiv, 24. — ? Matth., xxii, 6, 1, — 8 re he ud » 6; 1; Matth, xxu, 8, 9. — ^ Luc.,
SERMONS DE NOTRE-SEIGNEUR, XXXIIe JOURNÉE. 147
risiens et les docteurs de la loi, qui présumoient de leur justice, ont été exclus : « car ils se sont heurtés contre la pierre, et ils ont trébuché *, » en venant à moi « non point par la foi, mais comme par leurs œuvres ? » et par leurs propres mérites : en recherchant non point un médecin qui les guérit et un Sauveur qui les délivrât, mais un flatteur qui applaudit à leur fausse vertu. Je n’en veux point : ils s'en iront vides ceux qui viennent à moi comme pleins et comme riches par eux-mêmes : divites dimisit inanes , comme chante la sainte Vierge. Amenez-moi les premiers venus : s'ils sont vides, je les remplirai ; s'ils sont pauvres, je leur ferai part de mes richesses; je les redresserai, s'ils sont boiteux ; je les éclairerai, s'ils sont aveugles; je leur ouvrirai l'oreille, s'ils sont sourds. C'est pour cela que je suis venu. Lisez-le dans saint Matthieu : « Je suis venu, afin que ceux qui ne voient pas soient éclairés, et que ces » superbes « clairvoyans » qui s'imaginent tout voir par eux-mêmes et sans ma lumière, « soient aveuglés *. » Venez, foibles; venez pécheurs : ne rougissez pas d'apporter ici vos pieds engourdis et vos membres tors : la grace de Jésus-Christ vous redressera.
Les pharisiens ne se laissoient approcher que de ceux qu'ils croyoient justes : ils disoient : Ne me touchez pas, ne m'approchez pas: « Si celui-ci étoit un prophète, il sauroit que cette femme qui l'approche et qui lui baise les pieds, est pécheresse *. » Mais il n'en étoit pas ainsi de Jésus-Christ et des apótres : ils amenoient au festin tous ceux qu'ils trouvoient , bons et mauvais; les bons pour les confirmer, les mauvais pour les convertir : et c'est ainsi qu'ils remplirent la maison de Dieu.
« Forcez-les d'entrer?. » S'il n'y avoit pas dans la grace une espece de violence, Jésus-Christ ne diroit pas : « Personne ne vient à moi que mon Père ne le tire”; » et encore : « Quand j'aurai été enlevé de terre, je tirerai tout à moi *. » <
Les prédicateurs de l'Evangile doivent user au dehors d'une espèce de force : « Pressez : priez : reprenez : corrigez, non-seulement avec toute patience et toute doctrine, mais encore avec
1 Matth. XX1, 24.— ? Rom., 1x, 32, 33. — ? Luc., 1, 53.— # Matth., x1, 5, 15; xv, 30, 31; Luc., 1v, 18; Joan., IX, 39. — 5 Luc., VII, 39. — 6 Luc., X1v, 23, — 7 Joan., V1, #4. — 8 Joan., xi, 32.
tout empire : parlez à propos et hors de propos : ne souffrez pas qu'on vous méprise !. » Cette force est salutaire et la foiblesse humaine en a besoin.
Les fidèles, grands et petits, se doivent servir du pouvoir qu'ils ont, avec prudence toutefois et modération , pour réprimer les scandales et abattre le régne de l'iniquité. Les hommes veulent quelquefois étre forcés, et une douce violence prépare les esprits à écouter.
Enfin forcez-vous vous-méme : n'agissez point mollement : employez tout pour dompter votre corps rebelle, et vous engager dans la voie étroite ; en sorte , s’il se peut, que vous ne puissiez reculer.
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