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LXV* JOURNÉE
Les Væ, ou les malheurs prononcés par Notre-Seigneur contre les docteurs de la loi. En saint Luc., xr, 42-44 et suiv.
L'occasion de ce discours fut l'orgueil de ce pharisien , qui blàmoit le Sauveur en son cœur, « parce qu'il ne s'étoit pas lavé avant le repas. » Il commence à cette occasion à leur reprocher « qu'ils lavoient le dehors, et négligeoient le dedans !. »
La comparaison du sépulere est tournée ici au vers. 44 d'une manière différente de saint Matthieu. Car au lieu que dans saint Matthieu Jésus-Christ propose des « sépulcres reblanchis, » ici on parle de « sépuleres cachés, lorsque les hommes marchent dessus sans le savoir ? : » ce qui fait voir des hypocrites tout à fait cachés, avec qui on converse sans les connoitre pour ce qu'ils sont, tant leur malice est profonde. Mais tout cela se révélera au grand jour: et plus leur désordre étoit caché, plus leur honte, qui paroitra tout d'un coup, sera éclatante.
Un docteur de la loi interrompt cette pressante invective contre
! Luc., x1, 38, 39. — ? Matth., xxi, 97; Luc., XI, 44.
SERMONS DE NOTRE-SEIGNEUR, LXVIe JOURNÉE. 221
les pharisiens, et présuma assez de lui-méme pour croire que le Sauveur se tairoit, quand il lui auroit témoigné la part qu'il-prenoit àson discours : « Maitre, lui dit-il, vous nous faites injure à nous -mémes '. » Son orgueil lui attira ces justes reproches : « Malheur à vous aussi, docteurs de la loi *! » etc.
Ce qui est dit dans saint Matthieu: « Je vous envoie des prophètes ?, » est expliqué en saint Luc : « La sagesse de Dieu a dit * : » pour montrer que le Sauveur est la sagesse de Dieu.
« Vous avez pris la clef de la science. 5 » On distingue la clef de la science d'avec celle de l'autorité : les docteurs vouloient s'approprier la clef de la science : que n'ouvroient-ils donc au peuple? Mais ils se trompoient eux-mémes et trompoient les autres : et non contens de se taire, ce qui suffiroit pour leur perte, ils étoient les premiers à autoriser les fausses doctrines.
« Dés lors les pharisiens et les docteurs de la loi commencérent à le presser et à l’accabler de questions, en lui dressant des piéges, pour exciter contre lui la haine du peuple *. » Ils sont pris dans les piéges qu'ils tendoient au Sauveur, et ils croient n'en pouvoir sortir qu'en le perdant. Ainsi périt le juste pour avoir fait son devoir à reprendre les orgueilleux et les hypocrites.
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AAAAVVLTLVULVVVA UVVVVV!
LXVI JOURNÉE
Quel est le vrai prix de l'argent. Veuve donnant de son indigence. Marc., xit, 41-44; Luc., xxt, 1-4.
Il venoit de parler des pharisiens et de leur artifice à tirer l'argent des veuves : il va montrer ce qu'il faut estimer dans l'argent et quel en est le vrai prix.
« Jésus s'assit et regarde ceux qui mettoient dans le tronc » ou dans le trésor: « Une pauvre veuve donna deux petites pièces d'un liard : Elle a plus donné que tous *. » Que l'homme est riche! Son argent vaut tout ce qu'il veut; sa volonté y donne le prix.
1 Luc., XI, 45.— ? Ibid., 46. — ? Matth., xxt, 34. — * Luc., XI, 49. — 5 [bid., 52. — 6 [bid., 53, 54. — " Marc., XII, 43, 44; Luc., XXI, 1-3.
Un liard vaut mieux que les plus riches présens. Manquez-vous d'argent : un verre d'eau froide vous sera compté , et on ne veut pas méme vous donner la peine de la chauffer. N'avez-vous pas ün verre d'eau à donner : un désir, un soupir, un mot de douceur, un témoignage de compassion; si tout cela est sincere, il vaut la vie éternelle. Oh que l'homme est riche et quels trésors il a én main!
Heureux les chrétiens d'avoir un maitre qui sait si bien faire valoir les bonnes intentions de ses serviteurs! Aussitót qu'il voit cette veuve qui n'a donné que deux doubles, ravi de sa libéralité, «il convoque ses disciples, » comme à un grand et magnifique spectacle.
« Elle a donné plus que tous les autres, » quoique tous les autres eussent donné largement : « Mais les autres ont donné le superflu et le reste de leur abondance, » sans s'apercevoir d'aucune diminution ; «au lieu que celle-ci a donné tout ce qu'elle avoit et tout son vivre ! : » s'abandonnant avec foi à la divine providence.
Voilà les aumónes que Jésus-Christ loue : celles où on prend sur soi: car de telles aumónes sont les seules qui méritent le nom de sacrifice.
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