LXVII: JOURNÉE
Ruine de Jérusalem et du temple. Matth., xxiv, 1-23; Marc., xut, 1-23; Luc., xxi, 5-24.
Ce que Jésus-Christ avoit prédit de la ruine de Jérusalem , est ici plus particulièrement expliqué, et Jésus-Christ y déclare ce qu'il n'avoit pas encore dit, que le temple ne seroit pas excepté d'un malheur si prochain et périroit comme le reste. Il ne vouloit pas laisser ignorer à ses disciples un événement si important; et il choisit pour s'en expliquer les jours prochains de sa mort, dont il devoit étre la punition.
« Maitre, voyez quelles pierres et quelle structure ?! » (C’est ainsi que parlent les disciples en montrant le temple au Fils de
1 Marc., xit, 43, 44; Luc:, XXI, 4. — ? Marc., xi, 4.
Dieu: ces deux paroles en font la peinture : « Quelles pierres, » de quelle beauté, de quelle énorme grandeur! « Quelle structure, » quelle solidité, quelle ordonnance, quelle correspondance de toutes ses parties! Saint Luc ajoute la richesse des dons, dont le temple étoit rempli *. I1 n'y avoit done rien de plus solide, ni de plus riche : et néanmoins il périra : tant de richesses, une si belle structure, tout sera réduit en cendres.
« Voyez-vous tous ces grands bàtimens? En vérité, je vous le dis: il n'y demeurera pas pierre sur pierre ?. » Enorgueillissezvous de vos édifices, Óó mortels: dites que vous avez fait un immortel ouvrage et que votre nom ne périra jamais. Ce grand politique Hérode croyoit s'étre immortalisé, en refaisant tout à neuf un si admirable édifice, avec une magnificence qui ne cédoit en rien pour la beauté de l'ouvrage à celle de Salomon. Si quelque chose devoit être immortelle, c'étoit un temple si auguste, si saint, si célébre: tout sembloit le préserver des injures du temps : sa structure , sa solidité. On épargne méme dans les villes prises ces beaux monumens comme des ornemens, non des villes ni des royaumes, mais du monde. Mais sa sentence est prononcée : il faut qu'il tombe. En effet Tite avoit défendu surtout qu'on ne touchât point à ce temple: mais un soldat animé par un instinct céleste, comme Josèphe historien juif, qui étoit présent à ce siége et qui a tout vu, le témoigne, y mit le feu et on ne le put éteindre ?. Les Juifs avoient voulu le rebátir sous Julien l'Apostat : le feu consuma les ouvriers qui y travailloient * : il falloit que tout füt détruit et à jamais: car Jésus-Christ l'avoit dit. Dieu vouloit punir les Juifs, et en méme temps par un excès de miséricorde leur montrer qu'ils devoient chercher dans l'Eglise un autre temple, un autre autel et un sacrifice plus digne de lui. Ainsi les justices de Dieu sont toujours accompagnées de miséricorde, et il instruit les hommes en les punissant. ll instruit les Juifs en deux manières : il leur fait sentir leur crime en frappant jusqu'à sa maison : en la détruisant, il les détache des ombres de la loi et les attache à la vérité.
1 Luc., xx1, 5. — ? Marc., xin, 2. — ? Ee lib. De bell. Jud., cap. xvi. — » Amm. Marcell., lib. xxii, init.
Le temple avoit accompli, pour ainsi parler, tout ce à quoi il étoit destiné : le Christ y avoit paru, selon les oracles d'Aggée et de Malachie ! : qu'il périsse donc, il est temps : quelque saint que soit celui-ci par tant de merveilles et par le sacrifice qu'Abraham y voulut faire d’Isaac son fils, il faut qu'il cède aux temples où l'on offrira, selon le méme Malachie, « un plus excellent sacrifice, depuis le soleil levant jusqu'au couchant *. »
VAWVVA LE VUA LVULL V VUA VA CVV VVULALVTALUULVYSULLUTt LULVE LU UUUV V VUL LULA RAV.
LXVIIE JOURNÉE.
La ruine de Jérusalem et celle du monde : pourquoi prédites ensemble? Ibid.
« Dites-nous quand arriveront ces choses, et quel est le signe de votre avénement et de la fin des siècles *. » C'est la demande que firent à Jésus ses principaux apôtres, Pierre, Jacques, Jean et André, pendant qu'il étoit assis sur la montagne des Olives ^.
Remarquez que, dans leur demande, ils confondoient tout ensemble la ruine de Jérusalem et celle de tout l'univers à la fin des siècles. C'est ce qui donne lieu à Jésus-Christ de leur parler ensemble de l'une et de l'autre.
On demandera pourquoi il n'a pas voulu distinguer des choses si éloignées. C'est, premièrement, par la liaison qu'il y avoit entre elles, l'une étant figure de l'autre : la ruine de Jérusalem, figure de celle du monde et de la derniére désolation des ennemis de Dieu. Secondement, parce qu'en effet plusieurs choses devoient étre communes à tous les deux événemens. Troisiémement, parce que, lorsque Dieu découvre les secrets de l'avenir, il le fait toujours avec quelque obscurité , parce qu'il s'en réserve le secret ; parce qu'il ne veut pas contenter la curiosité, mais édifier la foi; parce qu'il veut que les hommes soient toujours surpris par quelque endroit. C'est pourquoi en les avertissant, pour les obliger à prendre des précautions et encore pour leur faire voir que l'événement qu'il leur prédit est un ouvrage de sa main, préparé de-
1 Agg., 11, 8, 10; Malach., y, 1. — ? Malach., 1, 11. — 3 Matth., XXIV, 3; Marc., XIII, 45 Luc., XX1, 1. — * Matth. et Marc., ibid.
puis longtemps, il ne laisse pas de réserver toujours quelquecho se qui surprenne, et qui inspire une nouvelle terreur lorsque le ma arrive.
Voilà pourquoi la prédietion de la ruine de Jérusalem, est en quelque sorte confondue avec celle du monde. Apprenez, Ô hommes, par l'obscurité que Jésus-Christ méme veut laisser dans sa prophétie, apprenez à modérer votre curiosité , à ne vouloir pas plus savoir qu'on ne vous dit, à ne vous avancer pas au delà des bornes, et à entrer avec tremblement dans les secrets divins.
Quoique Jésus-Christ confonde ces deux événemens, il ne laisse pas dans la suite, comme nous verrons, de donner des caractères pour les distinguer.
Voilà de grandes choses, mais encore en confusion. Considérons-les en particulier et tàchons de tirer de chacune toute l'instruction que Jésus-Christ a voulu nous y donner.
LVL EU EU LU LU LUE TE LU UV UV EU LULU UV EU MU LLLA MULA VV VVV LU EU UV V LU LULU VV VA VUL UV