LIVRE VI, N. XXV, XXVI
ruiner la messe et tout le culte du papisme ‘. Luther eût entré lui-même dans ce sentiment s’il eût pu , et nous avons vu ce qu'il
a dit sur l'inclination qu'il avoit de s'éloigner du papisme par cet endroit-là comme par les autres ?. Cependant en retenant, comme
il s'y voyoit forcé, le sens littéral et la présence réelle, il étoit clair que la messe subsistoit en son entier: car dés là qu'on retenoit ce sens littéral, les catholiques concluoient que non-seulement l'Eucharistie étoit le vrai corps, puisque Jésus- Christ : avoit dit : « Ceci est mon corps, » mais encore que c'étoitle corps dés que Jésus-Christ l'avoit dit; par conséquent avant la manducation et dés la consécration, puisqu'enfin on n'y disoit pas : Ceci sera, mais : Ceci est : doctrine où nous allons voir toute la messe renfermée.
Cette conséquence que tiroient les catholiques de la présence xxv.
n x A , " . . : L: réréelle à la présence permanente et hors de l'usage étoit si claire, ane
, . °7 . y ., réelle perque Luther l'avoit reconnue : c’étoit sur ce fondement qu'il avoit manente et
. > 11 . . : - á hors de toujours retenu l'élévation de lhostie jusqu'en 1543; et aprés rus, ^ » » É h ^ . c retenue
même qu'il l'eut abolie, il écrit encore dans sa Petite Confession, var rater en 1544, « qu'on la pouvoit conserver avec piété comme un té- sme qui
. A h . . eut supmoignage de la présence réelle et corporelle dans le pain, puisque prime r-
par cette action le prêtre disoit : Voyez, chrétiens, ceci est le "' corps de Jésus-Christ qui a été livré pour vous ?. » D'oü il paroit que, pour avoir changé la cérémonie de l'élévation, il n’en changea pas pour cela le fond de son sentiment sur la présence réelle, et qu'il continuoit à la reconnoitre incontinent après la consécration. Avec cette foi il est impossible de nier le sacrifice de l'autel: xxvi car que veut-on que fasse Jésus-Christ avant que l'on mange son tonne corps et son sang, si ce n'est de se rendre présent pour nous de- cene
ire moyen
vant son Père? C'étoit done pour empêcher une conséquence si pour à-