LIVRE VI, PIÈCES JUSTIFICATIVES, III
semble que ce prince met l'adultére au nombre des moindres péchés; et il y a beaucoup à craindre que sa foi étant à la mode de celle du Pape, des Cardinaux, des Italiens, des Espagnols et des Sarrasins, il ne traite de ridicule la proposition de Votre Altesse ou qu'il n'en prétende tirer avantage en amusant Votre Altesse par dé vaines paroles. Nous savons quil est trompeur et perfide, et qu'il ne tient rien des mœurs allemandes.
XXIV. Votre Altesse voit qu'il n'apporte aucun soulagement sincére aux maux extrémes de la chrétienté : qu'il laisse le Turc en repos, et qu'il ne travaille qu'à diviser l'Empire, afin d'agrandir sur ses ruines la maison d'Autriche. Il est donc à souhaiter qu'aueun prince chrétien ne se joigne à ses pernicieux desseins. Dieu conserve Votre Altesse. Nous sommes trés-prompts à lui rendre service. Fait à Vitenberg le mercredi aprés la fête de saint Nicolas, l'an 1539.
Les trés-humbles et trés-obéissans serviteurs de Votre Altesse,
MARTIN LUTHER, PuiLiPPE MÉLANCHTHON, MARTIN BUCER, ANTOINE COR- VIN, ADAM, JEAN LENINGUE, JUSTE WINTFERTE, DENIS MÉLANTHER.
Je George Nuspicher, notaire impérial , rends témoignage par l'acte présent, écrit et signé de ma propre main, que j'ai transcrit la présente copie sur l'original véritable et fidèlement conservé jusqu'à présent de la propre main de Philippe Mélanchthon à la requéte du Sérénissime prince de Hesse; que j'en ai examiné avec une extréme exactitude chaque ligne et chaque mot; que je les ai confrontés avec le méme original; que je les y ai trouvés conformes, non-seulement pour les choses, mais encore pour les signatures , et j'en ai délivré la présente copie en cinq feuilles de bon papier. De quoi je rends encore témoignage. GEORGE NUSPICHER, notaire.