LIVRE VII, N. XXV, XXVI
lui-même, avec la confession de ses péchés à un prêtre, nécessaire quand on la pouvoit faire !. » On établit sur ce fondement les trois actes de la pénitence divinement instituée, « la contrition et la confession » en termes formels, et « la satisfaction, » sous le nom de « dignes fruits de la repentance » qu'on est óbligé « de porter, encore qu'il soit véritable que Dieu pardonne les péchés dans la seule vue de la satisfaction de Jésus-Christ, et non à cause de nos mérites. » Voilà toute la substance de la doctrine catholique. Et il ne faut pas que les protestans s'imaginent que ce qui est dit de la satisfaction leur soit particulier, puisque nous avons vu mille fois quele concile de Trente a toujours cru la rémission des péchés une pure grace accordée par les seuls mérites de Jésus-Christ.
Dans le sacrement de l'autel on reconnoit « le méme corps du Sauveur conçu de la Vierge, comme donné en sa propre substance sous les enveloppes, » ou comme parle l'original anglois, « sous la forme et figure du pain : » ce qui marque trés-précisément la présence réelle du corps; et donne à entendre, selon le langage usité, qu'il ne reste du pain que les espèces,
Les images étoient retenues avec la liberté toute entière « de leur faire fumer de l'encens, de ployer le genou (a) devant elles, de leur faire des offrandes et de leur rendre du respect, en considérant ces hommages comme un honneur relatif qui alloit à Dieu, et non à l'image". » Ce n'étoit pas seulement approuver en général l'honneur des images, mais encore approuver en particulier ce que ce culte avoit de plus fort.
On ordonnoit d'annoncer au peuple qu'il « étoit bon de prier les Saints de prier pour les fidéles, » sans néanmoins espérer d'en obtenir les choses que Dieu seul pouvoit donner.
Quand M. Burnet regarde ici comme une espéce de réformalion, « qu'on ait aboli le service immédiat des images, et changé l'invoecation directe des Saints en une simple prière de prier pour les fidéles?, » il ne fait qu'amuserle monde, puisqu'il n'y a point de catholique qui ne lui avoue qu'il n’espère rien des Saints
1 Tom. I, liv. 11], p. 292. — ? P. 296. — 3 P. 298. (a) Genouil.
TOM. XiV. ; 18
Sur l'Eucharistie.
Sur les images el sur les Saints.
Sur les cérémonies :
sur la croix
Sur le purgatoire, et les messes pour les morts.
que par leurs prières, et qu'il ne rend aucun honneur aux images que celui qui est ici exprimé par rapport à Dieu.
On approuve expressément les cérémonies de l'eau bénite, du pain bénit, de la bénédiction des fonts baptismaux, et des exorcismes dans le baptéme; celle de donner des cendres au commencement du caréme, celle de porter des rameaux le jour de Pâque fleurie; celle « de se prosterner devant la croix, et de la baiser, pour célébrer la mémoire de la passion de Jésus-Christ! : » toutes ces cérémonies étoient regardées comme une espèce de langage mystérieux, qui rappeloient en notre mémoire les bienfaits de Dieu et excitoient l'ame à s'élever au ciel ; qui est aussi la méme idée qu'en ont tous les catholiques.
La coutume de prier pour les morts est autorisée comme ayant un fondement certain dans le livre des Machabées, et comme ayant été recue dés le commencement de l'Eglise : tout est. approuvé, jusqu'à l'usage « de faire dire des messes pour la déli-
. vrance des ames des trépassés *: » par où on reconnoissoit dans
Le roi décide sur la foi de son autorité.
Cranmer et les auires souscrivent contre leur conscience aux articles de Henri.
Vaine dé-
la messe ce qui faisoit l'aversion de la nouvelle Réforme, c'est-àdire. cette vertu par laquelle, indépendamment de la communion, elle profitoit à ceux pour qui on la disoit, puisque sans doute ces ames ne communioient pas.
Le roi disoit à chacun de ces articles qu'il ordonnoit aux évéques de les annoncer au peuple « dont il leur avoit commis conduite; » langage jusqu'alors fort inconnu dans l'Eglise. A la vérité, quand il décida ces points de foi, il avoit auparavant oui les évéques, comme les juges entendent des experts : mais c'étoit lui qui ordonnoit et qui décidoit. Tous les évêques souscrivirent aprés Cromwel vicaire général, et Cranmer archevéque de Cantorbéry.
M. Durnet a de la honte de voir ses réformateurs approuver Ies principaux articles de la doctrine catholique, et jusqu'à la messe, qui seule les contenoit tous. Il les excuse, en disant que « divers évéques et divers théologiens n'avoient pas eu au commencement une connoissance distincte de toutes les matières; et que s'ils s'étoient relâchés à certains égards, c'avoit été par igno-
1 Tom. I, lib. LI, p. 298. — ? Rec. des piéc., Ire part., add., n. 4.