LIVRE VII, N. XXXV, XXXVI. DT
étoient aussi, comme on voit, les plus méchans aussi bien que les plus hypocrites de tous les hommes!
Cromwel prostituoit plus que tous les autres sa conscience à a. xxxv.
+ . S97 : , : CRC Hypocrisie flatterie, puisque par sa qualité de vice-gérent il autorisoit en 4 co wel. Vains
public tous les articles de foi de Henri, qu'il tâchoit secrètement css de détruire. M. Burnet conjecture que si on refusa de l'entendre, " """* « c'est qu'apparemment, dans toutes les choses qu'il avoit faites » pour la réformation prétendue, « il étoit muni de bons ordres de son maitre, et n'avoit agi vraisemblablement que par le commandement du roi, dont les démarches vers une réforme sont assez connues !. » Mais à ce coup l'artifice est trop grossier; et pour y étre surpris, il faudroit vouloir s'aveugler. M. Burnet osera-t-il dire que les démarches qu'il attribue à Henri vers la Réforme ont été au préjudice de ses six articles, ou de la présence réelle, ou de la messe? Il se démentiroit lui-même, puisqu'il avoue dans tout son livre que ce prince a toujours été très-zélé ou, pour parler avec lui, très-entêté de tous ces articles. Cependant il voudroit ici nous faire accroire que Cromwel avoit des ordres secrets pour les affoiblir, pendant qu'on le fait mourir luiméme pour avoir favorisé ceux qui s'y opposoient.
Mais laissons les conjectures de M. Burnet et les tours dont il xxxvi.
. " : Prostitutâche en vain de colorer la réformation pour nous attacher aux ton & 1 conscience
faits que la bonne foi ne lui permet pas de nier. Aprés la con- & cr
mer. ll
damnation de Cromwel, il restoit encore, pour satisfaire le roi, case le
à le défaire d'une épouse odieuse, en cassant le mariage d'Anne «c Ame de Cléves. Le prétexte en étoit grossier. On alléguoit pour cause oig de nullité les fiancailles de cette princesse avec le marquis de Lor- ms raine, pendant que les deux parties étoient en minorité, et sans que sn. que jamais ils les eussent ratifiées étant majeurs ?. On voit bien o ipt qu'il n’y a rien de plus foible pour casser un mariage accompli : Howie mais au défaut des raisons, le roi avoit un Cranmer prét à tout fud faire. Parle moyen de cet archevéque ce mariage fut cassé comme Mos les deux autres: « la sentence en fut prononcée le neuvième pour se
infamies,
juillet 1540, signée de tous les ecclésiastiques des deux chambres, et scellée du sceau des deux archevéques?. » M. Burnet en a - iom. I, liv. III, p. 382. — ? P. 313, 378, 385. — ? P. 385.
Nouvelle déclaration de foi, conforme aux senlimens de l'Eglise.
honte, et il avoue que « Henri n’avoit jamais eu une marque plus éclatante de la complaisance aveugle de ses eeclésiastiques. Car ils savoient, poursuit-il, que ce contrat prétendu, dont on faisoit le fondement du divorce, n'avoit rien qui portàt atteinte au mariage !. » Ils agissoient donc ouvertement contre leur conscience; mais afin qu'on ne se laisse pas éblouir une autre fois aux spécieuses paroles dela nouvelle Réforme, il est bon de remarquer quils donnent cette sentence « en représentant le concile universel; » aprés avoir dit que le roi ne leur demandoit que ce «qui étoit véritable, ce qui étoit juste, ce qui étoit honnéte et saint? :» voilà comme parloient ces évêques corrompus. Cranmer, qui présidoit à cette assemblée et qui en porta le résultat au Parlement, fut le plus lâche de tous; et M. Burnet, après lui avoir cherché une vaine excuse, est obligé d'avouer que, « craignant que ce ne fütlà une entreprise formée pour le perdre, il fut de l'avis géuéral?. » Tel fut le courage de ce nouvel Athanase et de ce nouveau Cyrille.
Sur cette inique sentence le roi épousa Catherine Howard, assez zélée pour la Réforme aussi bien qu'Anne de Doulen : mais le sort de ces réformées est étrange. La vie seandaleuse de celle-ei lui fit bientôt perdre la tête sur un échafaud , et la maison de Henri fut toujours remplie de sang et d'infamie.
Les prélats dressèrent une Confession de foi que ce prince confirma par son autorité *. Là on déclare en termes formels l'observation des sept sacremens : celui de la pénitence dans l'absolu- . tion du prêtre ; la confession nécessaire; la transsubstantiation ; la concomitance, «ce qui levoit, dit M. Burnet, la nécessité de la communion sous les deux espèces *; » l'honneur des images, et la prière des Saints au méme sens que nous avons vu dans les premières déclarations du roi, c’est-à-dire au sens de l'Eglise; la nécessité et le mérite des bonnes œuvres pour obtenir la vie éternelle; la prière pour les morts *; et en un mot, tout le reste de la doctrine catholique, à la réserve de l’article de la primauté, dont nous parlerons à part. *
1 P. 384.— ? Jugem. de Cran. et des Evéq., Rec. de Burn., |re part., liv. HE, n. 19, p. 197, 385. — 3 P. 384, 385. — * P. 391. — * P. 391. — 6 P. 401, 402.