LIVRE VIII, N. LXII, LXIII
une certitude absolue, mais une certitude conditionnelle , et supposé que le fidèle ne s'éloigne pas de Dieu par une malice volontaire. C'est ainsi que l'explique le docteur Jean-André Gérard !, qui a donné depuis peu un corps entier de controverses ; c'està-dire que dans la doctrine des luthériens le fidéle se doit tenir pour trés-assuré que Dieu de son cóté ne lui manquera jamais , si lui-méme ne manque pas le premier à Dieu : ce qui est indubitable. Mettre dans le juste plus de certitude, c'est contredire trop évidemment la doctrine qui nous Dd que, quelque juste qu'on soit, on peut déchoir de la justice et perdre l'esprit d'adoption : chose dont les luthériens ne doutent non plus que nous.
Depuis la compilation du livre de la Concorde, je ne crois pas xxu. que les luthériens aient fait en corps aucune nouvelle décision de abrégée du foi. Les pièces dont ce livre est composé sont de différens auteurs concorde. et de différentes dates, et les luthériens nous y ont voulu donner un recueil de ce qu'il y a parmi eux de plus authentique. Le livre fut mis au jour en 1579, aprés les célèbres assemblées tenues à Torg et à Berg en 1576 et 1577. Ce dernier lieu étoit, si je ne me trompe, un monastère auprès de Magdebourg. Je ne raconterai pas comment ce livre fut souscrit en Allemagne, ni les surprises et les violences dont on prétend qu'on usa avec ceux qui le reçurent, ni les oppositions de quelques princes et de quelques villes qui refusèrent d'y souscrire. Hospinien a écrit une longue histoire qui paroit assez bien fondée en la plupart de ses faits ?. C'est aux luthériens qui s’y intéressent à la contredire. Les décisions particulières qui regardent la Cène et l’ubiquité ont été faites dans les temps voisins de la mort de Mélanchthon, c’est-à-dire environ les années 1558, 59, 60 et 61.
Ces années sont célèbres parmi nous par les commencemens |. xxu. des troubles de France. En 1539 nos prétendus réformés dres- Wa sèrent la confession de foi qu'ils présentèrent à Charles IX en 4561, commenau colloque de Poissy 3. C'est l'ouvrage de Calvin, dont nous avons «on à:
; foidressée
déjà souvent parlé. Mais l'importance de cette action, et les ré- par canin.
1 Confess. Cath., 1619, lib. II, part. III, art. 22, cap. 11, thesi 3, n. 2-4, et art. 23, cap. v, thes. unic., n. 6, p. 1426 et 1499. — ? Hospin., Concord. discors, imp., 1607. — 5 Bez., Hist. Ecc., liv. IV, p. 520,
Le génie de Calvin.
Il raffine au delà de Luther.
Deux points
flexions qu'il nous faudra faire sur cette confession de foi, nous obligent à expliquer plus profondément la conduite et la doctrine de son auteur.