‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 196 sur 387 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

En l'an 1561. Doctrine et caractére de Calvin,

SOMMAIRE

Les prétendus réformés de France commencent à paroitre. Calvin en est le chef. Ses sentimens. sur la justification , où il raisonne plus conséquemment que les luthériens; mais comme il raisonne sur de faux principes, il tombe aussi dans des inconvéniens plus manifestes. Trois absurdités qu'il ajoute à la doctrine luthérienne : La certitude du salut, l'inamissibilité de la justice et la justification des petits enfans indépendamment du baptéme. Contradictions sur ce troisième point. Sur le sujet de l'Eucharistie, il condamne également Luther et Zuingle, et tâche de prendre un sentiment mitoyen. Il prouve la réalité plus nécessaire qu'il ne l'admet en effet. Fortes expressions pour l'établir. Autres expressions qui l'anéantissent. Avantage de la doctrine catholique. On croit nécessaire de parler comme elle, et de prendre ses prineipes méme en la combattant. Trois confessions différentes des calvinistes , pour contenter trois différentes sortes de personnes, les luthériens, les zuingliens, et euxmêmes. Orgueil et emportemens de Calvin. Comparaison de son génie avec celui de Luther. Pourquoi il ne parut pas au colloque de Poissy. Béze y présente la confession de foi des prétendus réformés : ils y ajoutent une nouvelle et longue explication de leur doctrine sur l'Eucharistie. Les catholiques s'énoncent simplement et en peu de mots. Ce qui se passa au sujet de la Confession d' Augsbourg. Sentiment de Calvin.

Je ne sais si le génie de Calvin se seroit trouvé aussi propre à échauffer les esprits et à émouvoir les peuples, que le fut celui de Luther : mais après les mouvemens excités , il s'éleva en beaucoup de pays, principalement en France, au-dessus de Luther même , et se fit le chef d’un parti qui ne cède guère à celui des luthériens.

Par son esprit pénétrant et par ses décisions hardies , il raffina sur tous ceux qui avoient voulu en ce siècle-là faire une église nouvelle, et donna un nouveau tour à la Réforme prétendue.

Elle rouloit principalement sur deux points, sur celui de la justification et sur celui de l’Eucharistie, à

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