LIVRE IX, N. XLIX-LI
Aussi voyons-nous en sixième lieu qu'il met dans l'Eucharistie une participation qui ne se trouve ni au baptéme, ni daus la prédieation, puisqu'il dit dans le Catéchisme « qu'encore que Jésus- Christ nous y soit vrayment communiqué, toutefois ce n'est qu'en partie et non pleinement; » ce qui montre qu'il nous est donné dans la Cène autrement que par la foi, puisque la foi se trouvant aussi vive et aussi parfaite dans la prédication et dans le baptême , il nous y seroit donné aussi pleinement que dans l'Eucharistie.
' Ce qu'il ajonte pour expliquer cette plénitude est encore plus fort; car c'est là qu'il dit ce qui a déjà été rapporté, que «Jésus- Christ nous donne son corps et son sang pour nous certifier que nous en recevons le fruit. » Voilà donc cette plénitude que nous recevons dans l'Eucharistie , et non au baptéme ou dans la prédicalion : d'oü il s'ensuit que la seule foi ne nous donne pas le corps et le sang de Notre-Seigneur ; mais que ce corps et ce sang nous étant donnés d'une maniére spéciale dans l'Eucharistie , nous certifient, c'est-à-dire nous donnent une foi certaine que nous avons part au sacrifice où ils ont été immolés.
Enfin ce qui échappe à Calvin en parlant méme des indignes, fait voir combien il faut eroire dans ce sacrement une présence miraculeuse indépendante de la foi: car encore que ce qu'il inculque le plus soit que les indignes n'ayant pas la foi, Jésus-Christ est prét de venir à eux, mais n'y vient pas en effet : néanmoins la force de la vérité lui fait dire « qu'il est véritablement offert et donné à tous ceux qui sont assis à la sainte Table, encore qu'il ne soit receù avec fruit que des seuls fidéles?, » qui est la méme facon de parler dont nous nous servons.
Ainsi pour entendre la vérité du mystère que Jésus-Christ opère dans l'Eucharistie, il faut croire que son propre corps y est véritablement «offert et donné, » méme aux indignes, et qu'il en est méme « receü, » quoiqu'il n'en soit pas recu « avec fruit; » ce qui ne peut être vrai, s'il n'est vrai aussi que ce qu'on nous donne dans ce sacrement est le propre corps du Fils de Dieu indépendamment de la foi.
3 Dim., LI.— ? Inst., lib. 1V, cap. xvi, n. 10; Opusc., de Cená Domini, 1540,
Calvin admet une présence
qui est propre et.
particulié-
re à la
Cène.
Suile des expressions de Calvin.
La com-
munion des indignes, combien réelle selon Calvin.
LII, Suite des expressions de
Calvin sur la communion des ndignes.