‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 206 sur 387 · LIT · texte numérisé non relu

LIT

Comparai- * son de Calvin, qui appuie la vérité du corps reçu par les indignes.

Calvin le confirme encore en un autre endroit où il écrit ces mots : « C'est en cecy que consiste l'intégrité du sacrement, que le monde entier ne peut violer; que la chair et le sang de Jésus- Christ sont donnez aussi véritablement aux indignes qu'aux fidèles etaux élüs !. » D'où il s'ensuit que ce qu'on leur donne est la chair et le sang du Fils de Dieu indépendamment de la foi, puisqu'il est certain, selon Calvin, qu'ils n'ont pas la foi, ou du moins qu'ils ne l'exercent pas en cet état.

Ainsi les catholiques ont raison de dire que ce qui fait que le don sacré que nous recevons dans l'Eucharistie est le corps et le sang de Jésus-Christ, ce n'est pas la foi que nous avons à la parole, mais la parole elle seule par son efficace toute-puissante : de sorte que la foi n'ajoute rien à la vérité du corps et du sang, mais la foi fait seulement que ce corps et ce sang nous profitent; et il n'y a rien de plus véritable que ce mot de saint Augustin, que l'Eucharistie n'est pas moins «le corps de Notre-Seigneur pour Judas que pour les autres apôtres ?. »

La comparaison dont se sert Calvin dans le méme lieu appuie encore plus la réalité : car après avoir dit du corps et du sang ce qu'on vient d'entendre, qu'ils ne sont pas moins donnez aux indignes qu'aux dignes , il ajoute qu'il en est comme « de la pluye qui tombant sur un rocher, s'écoule sans le pénétrer. Ainsi, ditil5, les impies repoussent la grace de Dieu, et l'empéchent de pénétrer au dedans d'eux-mémes. » Remarquez qu'il parle iei du corps et du sang, qui par conséquent doivent étre donnés aux indignes aussi réellement que la pluie tombe sur un rocher. Quant à la substance de la pluie, elle ne tombe pas moins sur les rochers et sur les lieux stériles que sur ceux où elle fruetifie ; et ainsi selon cette comparaison , Jésus-Christ ne doit pas étre moins substantiellement présent aux endurcis qu'aux fidéles qui recoivent son Sacrement , quoiqu'il ne fructifie que dans les derniers. Le même Calvin nous dit encore avec saint Augustin , que les indignes qui participent à son Sacrement sont ces importuns: «qui le pressent » dans l'Evangile; et que les fidéles qui le recoivent dignement

1 Instit., ibid, n. 33. — ? Aug., Serm. xt de verb. Dom. — 3 Instit., lib. IV, eap. xviI, n. 33; Il. Def., Opusc., p.181.

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