‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 243 sur 387 · LY · texte numérisé non relu

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avoit mise sus et à l'amiral et à Bèze, persista jusqu'à la mort à décharger Bèze : mais pour l’amiral, il le chargea de nouveau par trois déclarations consécutives, et jusqu’au milieu de son supplice, de l'avoir induit à ce meurtre pour le service de Dieu *. A l'égard de Bèze , il ne paroit pas qu'il ait eu part à cette action autrement que par ses préches séditieux , et par l'approbation qu'il avoit donnée à l'entreprise d'Amboise, beaucoup plus criminelle : mais, ce qui est bien certain, c'est que devant l’action il ne fit rien pour l'empécher, encore qu'il ne pût pas ne la pas savoir, et qu'aprés qu'elle eut été faite, il n'oublia rien pour lui donner toute la couleur d'une action inspirée. Le lecteur jugera du reste, et il n'y en a que trop pour faire connoitre de quel esprit étoient animés ceux dont on nous vante la douceur.

LVI. Je n'ai pas besoin ici de m'expliquer sur la question, savoir si "qs et les princes chrétiens sont en droit de se servir de la puissance du pé glaive contre leurs sujets ennemis de l'Eglise et de la saine doci qesim trine, puisqu'en ce point les protestans sont d'aecord avec nous. sio» Luther et Calvin ont fait des livres exprés pour établir sur ce hérétiques ^ 5 . . . .

point le droit et le devoir du magistrat ?. Calvin en vint à la pratique contre Servet et contre Valentin Gentil *. Mélanchthon en approuva la conduite par une lettre qu'il lui écrivit sur ce sujet *. La discipline de nos réformés permet aussi le recours au bras séculier en certains cas; et on trouve parmi les articles de la discipline de l'église de Genève, que les ministres doivent déférer au magistrat les incorrigibles qui méprisent les peines spirituelles, et en particulier ceux qui enseignent de nouveaux dogmes, sans distinction. Et encore aujourd'hui celui de tous les auteurs calvinistes qui reproche sur ce sujet le plus aigrement à l'Eglise romaine la cruauté de sa doctrine , en demeure d'accord dans le fond , puisqu'il permet l'exercice de la puissance du glaive dans les matières de la religion et de la conscience 5 : chose aussi qui ne peut étre révoquée en doute sans énerver et comme estropier la puissance publique; de sorte qu'il n'y a point d'illusion plus

1 P. 312, 319, 327. — ? Luth., de Magist., tom. III; Calv., Opusc., p. 592, — 3 Ibid., p. 600, 659. — + Melanch., Calvino, inter Calv., Ep., p. 169. — 5 Jur., Syst., IT, chap. xxir, xxir15 Lett. Past. de la Ar* année I, II, III ; Hist. du Papism., Ile récrim., chap. 11 et suiv.

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