‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 264 sur 387 · XL · texte numérisé non relu

XL

Sentiment des manichéens sur la Trinité, par S. Augustin.

Manichéens à Soissons.

Témoignage de Guibert de Nogent.

XLIT, Témoignage de Ra-

dulphus Ardens sur les héréliques d'A-

énois.

pas la confesser que de l'expliquer de cette sorte; mais, comme dit saint Augustin, «c'étoit coudre la foi de la Trinité à ses inventions. » Un auteur du douzième siècle, contemporain de saint Bernard, nous apprend que ces hérétiques ne disoient point : Gloria Patri'; et Renier dit expressément que les cathares ou albigeois ne croyoient pas « que la Trinité füt un seul Dieu, mais qu'ils croyoient que le Pére étoit plus grand que le Fils et le Saint-Esprit *. » IL ne faut done pas s'étonner que les catholiques aient rangé quelquefois les manichéens avec ceux qui nioient la Trinité sainte, et que par cette considération ils aient pu leur donner le nom d'Ariens.

Pour revenir au manichéisme de ces hérétiques, Guibert de Nogent, célèbre auteur du douzième siècle et plus ancien que saint Bernard , nous fait voir autour de Soissons des hérétiques , « qui faisoient un fantôme de l'incarnation; qui rejetoient le baptéme des petits enfans; qui avolent en horreur le mystère qu'on fait à l'autel ; qui prenoient pourtant les sacremens avec nous; qui rejetoient toutes les viandes et tout ce qui sort de l'union des deux sexes?. » Ils faisoient, à l'exemple de ces hérétiques que nous avons vus à Orléans , une eucharistie et un sacrifice qu'on n'ose décrire; et pour se montrer tout à fait semblables aux autres manichéens, « ils se cachoient comme eux et se couloient en secret parmi nous, » avouant et jurant tout ce qu'on vouloit, pour se sauver du supplice.

Ajoutons à ces témoins Radulphus Ardens, auteur célébre du onzième siècle, dans la peinture qu'il nous fait des hérétiques d'Agénois, qui «se vantent de mener la vie des apôtres ; qui disent qu'ils ne mentent point; qu'ils ne jurent point; qui condamnent l'usage des viandes et du mariage; qui rejettent l'Ancien Testament et ne recoivent qu'une partie du Nouveau; et ce qui est de plus terrible, admettent deux Créateurs; qui disent que le sacrement de l'autel n'est que du pain tout pur; qui méprisent le baptéme et la résurrection des corps". » Sont-ce là des manichéens

1 Herib. mon., ep. Anal. 10.— ? Rin., cont. Vald., cap. vt, tom. IV, Bibl. PP., p. 759. — ? De vitá sud, lib. IT, cap. xvi.— *Radulp. Ard., serm. in Dom. VIII, post Trin., tom. M.

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