LIVRE XI, N. CI, CV
Il seroit superflu de raconter les autres interrogatoires , puisqu'on y entend partout le méme langage, tant sur la présence réelle que sur le reste; et surtout on y répète sans cesse « que les barbes alloient dans jo monde comme imitateurs de Jésus-Christ et des apostres, et qu'ils avoient plus de puissance que les prestres de l'Eglise romaine, qui menoient une vie trop large. »
Rien n’y est tant répété que ces dogmes, « qu'il falloit confesser ses péchez ; qu'ils les confessoient aux barbes qui avoient pouvoir de les absoudre; qu'ils se confessoient à genoux ; qu'à chaque confession ils donnoient un quart ( c'étoit une pièce de monnoie ; que les barbes leur imposoient des pénitences qui n'étoient ordinairement qu'un Pater et un Credo, et jamais l' Ave, Maria; qu'ils leur défendoient tout serment, et leur enseignoient qu'il ne falloit ni implorer-le secours des Saints, ni prier pour les morts. » C'en est assez pour reconnoitre les principaux dogmes et le génie de la secte ; car au reste de s'imaginer dans des opinions si bizarres , de la règle et une forme constante dans tous les temps et dans tous les lieux, c'est une erreur.
Je ne vois pas qu'on les interroge sur les sacremens administrés par le commun des laiques, soit que les inquisiteurs ne fussent pas informés de cette coutume, ou que les vaudois à la fin l'eussent changée. Aussi avons-nous vu que cene fut Dos sans peine et sans contradiction qu'elle s'introduisit parmi eux à l'égard de l'Eucharistie ‘. Mais pour la confession, il n'y a rien de plus établi dans cette secte que le droit des laïques gens de bien : « Un bon laique, disoient-ils, avoit pouvoir d'absoudre : » ils se glorifioient tous de remettre les péchés par l'imposition des mains; ils entendoient les confessions ; ils enjoignoient des pénitences ; de peur qu'on ne découvrit une pratique si extraordinaire, ils écoutoient trés-secrétement les confessions, et recevoient méme celles des femmes dans des caves, dans des cavernes et dans d'autres lieux retirés : ils préchoient en secret dans les coins des maisons , et souvent pendant la nuit ?. »
! Pylied., cap. 1, tom. IV, Bibl. PP., VI part., p. 180.— ? Ind. err., ibid., p. 832, 241525 Ren., ibid. 150 ; Pylicd., ibid., cap, I, p. 780; ibid., cap. VIII, p. 182,
Cur.
Suite,
Nécessité de la con-
fession.