CY
Suite de la méme maliére.
Que les vaudois faisoient à l'extérieur les devoirs de catholiques.
Mais ce qu'on ne peut assez remarquer, c'est qu'encore qu'ils
eussent de nous l'opinion que nous avons vue, ils assistoient à
nos assemblées. « Ils y offrent, dit Renier ', ils s'y confessent, ils y communient , mais avec feinte. » C'est qu'enfin, quoi qu'ils pussent dire, « il leur restoit quelque défiance de la communion qui se faisoit parmi eux ?. » Ainsi « ils venoient communier dans l'église aux jours qu'il y avoit le plus de presse, de peur qu'on ne les connüt. Plusieurs aussi demeuroient jusqu'à quatre et jusqu'à six ans sans communier, se cachant ou dans les villages ou dans les villes, au temps de Pâque, de peur d’être remarqués. On conseilloit aussi parmi eux de communier dans l'Eglise; mais seulement à Pâque : et ils passoient pour chrétiens sous cette apparence ?. » C'est ce qu'en disent les anciens auteurs *, et c'est aussi ce qu'on voit trés-souvent dans ces interrogatoires dont nous avons parlé. « Interrogé s'il se confessoit à son curé, et s'il lui découvroit la secte, a répondu qu'il s'y confessoit tous les ans, mais qu'il ne lui disoit pas qu'il füt vaudois; et que les barbes défendoient de le découvrir *. » Ils répondent aussi, comme on a vu, « que tous les ans ils communioient à Pàque, et recevoient le corps de Jésus-Christ, et que les barbes les avertissoient que devant que de le recevoir, il falloit être bien confessé. » Remarquez qu'il n'est parlé que du corps seul et d'une seule espèce , comme on la donnoit alors dans toute l'Eglise et après le concile de Constance, sans que les barbes s'avisassent de le trouver mauvais. Un ancien auteur a remarqué « qu'ils recevoient trés-rarement de leurs maîtres le baptême et le corps de Jésus-Christ; mais que tant les maîtres que les simples croyans les alloient demander aux prêtres *. » On ne voit pas méme que pour le baptéme ils eussent pu faire autrement sans se déclarer ; car on eüt bientót remarqué qu'ils ne portoient pas leurs enfans à l'église, et on leur en eüt demandé compte. Ainsi séparés de cœur d'avec l'Eglise catholique, ces hypocrites , autant qu'ils pouvoient, paroissoient à l'extérieur de la màme foi que les autres , et ne fai-
! Ren., lbid., cap. v, p. 152. — ? Ibid., vit, p. 165. — 3 Ind. err, ,. n. 12, 13; ibid., 832. — * Pylicd., cap. xxv, ibid., 196. — 5 Interrogatoire de Quoti et des autres. — * Pylicd., ?bid., cap. xxIV, n. 796.