‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 283 sur 387 · LIVRE XI, N. CVII-CIX · texte numérisé non relu

LIVRE XI, N. CVII-CIX

soient en public aucun acte de religion qui ne démentit leur doctrine.

Les protestans peuvent connoitre par cet exemple ce que c'étoit RA que ces fidèles cachés qu'ils nous vantent avant la Réforme, qui is ox n'avolent pas fléchi le genou devant Baal. On pourroit douter si quaquam les vaudois avoient retranché quelques-uns des sept sacremens. Et id déjà il est certain qu'au commencement on ne les accuse d'en nier i». aucun ; au contraire nous avons vu un auteur qui, en leur reprochant qu'ils changeoient, excepteles sacremens. On pouvoit soupçonner ceux de Renier d'avoir varié en cette matière, à cause qu'il semble dire qu'ils rejetoient non-seulement l'ordre, mais encore la confirmation et l'extréme-onction ! : mais visiblement il faut entendre celle qui se donnoit parmi nous. Car pour la confirmation, Renier qui la leur fait rejeter, ajoute « qu'ils s'étonnoient qu'on ne permit qu'aux évêques de la conférer. » C'est qu'ils vouloient que les laiques, gens de bien, eussent pouvoir de l'administrer comme les autres sacremens. C'est pourquoi ces mémes hérétiques, à qui on fait rejeter la confirmation, se vantent aprés « de donner le Saint-Esprit par l'imposition de leurs mains ?; » ce qui est en d'autres paroles le fond méme de ce sacrement.

A l'égard de l'extréme-onction, voici ce qu'en dit Renier : Vom « Ils rejettent le sacrement de l'onction parce qu'on ne la donne onction. qu'aux riches, et que plusieurs prêtres y sont nécessaires ? : » paroles qui font assez voir que la nullité qu'ils y trouvoient parmi

.nous venoit des prétendus abus, et non pas du fond. Au reste, comme saint Jacques avoit dit qu'il falloit appeler les prétres * en pluriel, ces chicaneurs vouloient croire que l'onction donnée par un seul, comme on faisoit ordinairement parmi nous dés ce tempslà, ne suffisoit pas, et ils prenoient ce mauvais prétexte de la négliger.

Quant au baptéme, encore que ces hérétiques ignorans en re- , c.

Ce que c'é-

jetassent avec mépris les plus anciennes cérémonies, on ne doute ei que

l'ublution,

pas qu'ils ne le recussent. On pourroit seulement être surpris dont parte

Renier,

des paroles de Renier, lorsqu'il fait dire aux vaudois « que ‘vs 1e

baptéme.

1 Pylied., ébid., cap. v, p. 150, 751. — ? Ibid., p. 151. — 3 P. 151. — * Jacob., v, 14.

La confession.

L'Eucharistie.

l'ablution qu'on donne aux enfans ne leur sert de rien *. » Mais comme cette ablution se trouve rangée parmi les cérémonies du baptéme que ces hérétiques improuvoient, on voit bien qu'il parle du vin qu'on donnoit aux enfans après les avoir baptisés': coutume qu'on voit encore dans plusieurs vieux Rituels voisins de ce siècle-là, et qui étoit un reste de la communion qu'on leur administroit autrefois sous la seule espéce liquide. Ce vin, qu'on mettoit dans un calice pour le donner à ces enfans, s'appeloit ablution par la ressemblance de cette action avec l'ablution que les prétres prenoient à la messe. Au surplus on ne trouve point chez Renier le mot d'ablution pour signifier le baptéme : et en tout cas si on s’opiniâtre à le vouloir prendre pour ce sacrement, tout ce qu'on pourroit conclure, ce seroit au pis que les vaudois de Renier trouvoient inutile un baptéme donné par des ministres indignes, tels qu'ils croyoient tous nos prêtres : erreur qui est si conforme aux principes de la secte, que les vaudois, que nous avons vus approuver notre baptéme , ne le pouvoient faire sans démentir eux-mêmes leur propre doctrine.

Voilà donc déjà trois sacremens dont les vaudois approuvoient le fond, le baptème, la confirmation et l'extréme-onetion. Nous avons tout le sacrement de pénitence dans leur confession secrète, dans les pénitences imposées, dans l'absolution recue pour avoir la rémission des péchés ; et s'ils disoient que la confession de bouche n'étoit pas toujours nécessaire lorsqu'on avoit la contrition dans le cœur, ils disoient vrai au fond et en certains cas, encore que trés-souvent, comme on a pu voir, ils abusassent de cette maxime en différant trop longtemps de se confesser.

Il y avoit une secte qu'on appeloit des Siscidenses, « qui ne différoit presque en rien d'avec les vaudois; si ce n'est, dit Renier, qu'ils recoivent l'Eucharistie. » Ce n'est pas qu'il veuille dire que les vaudois ou les pauvres de Lyon nele recussent pas, puisqu'au contraire il fait voir qu'ils y recevoient jusqu'à la transsubstantiation. Il veut donc dire seulement qu'ils avoient une extréme répugnance à recevoir cesacrement des mains de nos prétres, et que ces autres en faisoient moins de difficulté, ou peut-étre point du tout.

1 Ren., ?bid., v, 14.

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